20/10/2019 16:37
Le mouvement social à la SNCF perturbait à nouveau la circulation des trains dimanche 20 octobre pour son troisième jour avec un risque d'enlisement, les syndicats continuant de défendre le "droit de retrait" à la suite d'un accident, face à la direction et au gouvernement qui dénoncent une "grève sauvage".

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La gare du Nord pendant une grève à la SNCF, le 24 avril à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN


La SNCF annonçait en début de matinée un service "très perturbé" sur les TER, avec un train sur deux en moyenne mais des disparités très importantes selon les régions, notamment un trafic "normal ou quasi-normal" en région Sud, Normandie et Hauts-de-France. Trafic "très perturbé" également sur les Intercités, avec notamment deux circulations seulement sur Paris-Clermont-Ferrand.

Sur le réseau Transilien en revanche, le service est "peu perturbé" avec une circulation normale sauf sur la ligne B du RER en raison de la rupture d'interconnexion et sur la ligne C.

Les TGV restent affectés sur les axes Atlantique et Sud-Est avec 9 trains sur 10. Un train Ouigo sur trois circule.

"On est dans une situation de blocage", résume Didier Mathis, de l'Unsa ferroviaire, pour qui "s'il n'y a pas d'avancée de la part de la direction, on peut supposer que le mouvement va se poursuivre, car le problème de danger n'est pas réglé".

Quant à son collègue de SUD-Rail Julien Troccaz, il juge "difficile de faire des prévisions" pour la suite du mouvement car "le droit de retrait est individuel". Mais il estime que le patron de la SNCF et l'exécutif "jouent le pourrissement total" du conflit.

À l'origine du mouvement, un accident survenu mercredi soir 16 octobre, lorsqu'un TER reliant Charleville-Mézières à Reims a percuté un convoi routier exceptionnel coincé sur un passage à niveau à Saint-Pierre-sur-Vence (Ardennes), faisant 11 blessés dont plusieurs hospitalisés, selon la préfecture. Le conducteur, qui a porté secours aux passagers alors qu'il était lui-même blessé, était le seul agent SNCF à bord du train.

Dès jeudi 17 octobre puis jusqu'à dimanche 20 octobre à la prise de service, des agents de conduite et contrôleurs ont fait valoir leur droit de retrait.

"Colère des agents"

Les syndicats SUD-Rail, CGT-Cheminots, FO-Cheminots et la Fgaac-CFDT, contestent ce mode de fonctionnement, qui permet de faire circuler des trains sans contrôleur, évoquant des risques de sécurité pour les voyageurs. La direction fait valoir qu'il "existe depuis des dizaines d'années".

Le ton est peu à peu monté entre l'exécutif et la direction, d'une part, et les syndicats de l'autre.

Le Premier ministre Edouard Philippe a dénoncé un "détournement du droit de retrait qui s'est transformé en grève sauvage" et a "demandé à la SNCF d'examiner toutes les suites qui pouvaient être données et notamment judiciaires".

Le patron de la SNCF Guillaume Pepy a jugé "pas admissible" ce mouvement qu'il a qualifié de "grève surprise".

Quant au secrétaire d'État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, il a estimé samedi 19 octobre dans une interview au Parisien que la SNCF pourrait prononcer des sanctions individuelles envers les cheminots qui ont pris part à ce mouvement social qui "semble organisé de façon collective par des syndicats, et notamment la CGT".

"Le niveau de violence des déclarations donne le ton de la suite, car c'est difficile de dire +on se met autour de la table+ quand on parle de judiciaire et qu'on nous prend presque pour des criminels", s'insurge Julien Troccaz, de SUD-Rail.

La direction et le gouvernement "n'ont pas compris qu'il y a une colère des agents à propos de la sécurité. Ca n'a rien à voir avec le 5 décembre et les retraites", insiste-t-il en référence à la prochaine journée d'action contre la réforme des retraites.

Même son de cloche à l'Unsa ferroviaire. Ce n'est pas un mouvement pour faire pression sur le dossier des retraites ou de la réforme de la SNCF, "on n'est pas dans la convergence des luttes. On ne mélange pas tout", insiste Didier Mathis.

"Le droit de retrait aurait dû être réglé en quelques heures si le gouvernement ne s'en était pas mêlé mais Edouard Philippe veut le pourrissement et use de provocations pour cela", a réagi la CGT cheminots qui elle, n'entend pas séparer les revendications. Elle appelle à participer "massivement" à la journée d'action du 5 décembre et en y joignant "les sujets d'entreprise, notamment la sécurité". "Vous évacuez la sécurité, vous aurez un conflit généralisé", avertit le syndicat.

AFP/VNA/CVN

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