01/12/2019 07:16
Le Vietnam est plus que jamais mobilisé dans la lutte contre le sida pour mettre fin à l’épidémie d’ici à 2030. Malgré l’arrêt des aides internationales, le pays ne baisse pas les bras. Mais ses efforts sont encore loin d’être suffisants.
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Consultations médicales données à une porteuse du VIH/sida à Hanoï.
Photo : Duong Ngoc/VNA/CVN

Au cours des neuf premiers mois de l’année, 7.700 nouvelles infections par le VIH/sida ont été signalées au Vietnam portant à 211.000 le nombre de personnes séropositives, dont 1.428 sont décédées, informe Nguyên Hoàng Long, chef du Département de prévention et de lutte contre le VIH/sida (ministère de la Santé).

Efforts pour atteindre l’objectif

Selon lui, le nombre de porteurs du virus traités augmente d’année en année. Jusqu’à maintenant, 142.000 personnes ont bénéficié des médicaments antirétroviraux dans 436 établissements médicaux, soit 70% des cas recensés.
Un des succès les plus importants du pays en 2019 dans les activités de prévention et de lutte contre cette maladie du siècle est de rendre la charge virale à un niveau indétectable, ce qui empêche la transmission (réduction de la quantité de VIH à moins de 200 copies/ml).

Le pays met en œuvre énergiquement la campagne de sensibilisation à grande échelle, dénommée  "I = I" (Indétectable = Intransmissible). Cela signifie que les personnes séropositives qui prennent un traitement antirétroviral tous les jours  et qui atteignent et maintiennent une charge virale indétectable n’ont aucun risque de transmettre le virus à un partenaire séronégatif.

Cette campagne encourage les personnes vivant avec le VIH à accéder rapidement aux services de traitement, à suivre scrupuleusement les régimes de traitement et à se soumettre régulièrement à des tests de charge virale, tout en atténuant la discrimination à l’égard des personnes infectées.

"Aucun pays dans le monde n’obtient le taux  I=I comme le Vietnam, qui doit en être fier", se félicite Paula Morgan, directrice adjointe des Centres de contrôle et de prévention des maladies des États-Unis (CDC).

En outre, le taux de couverture d’assurances-santé dans les traitements du VIH/sida a atteint 91% même 100% dans neuf  provinces et villes que sont Tuyên Quang, Hung Yên, Hà Giang  (Nord), Dà Nang, Quang Ngai, Quang Tri, Binh Dinh (Centre), Kon Tum (hauts plateaux du Centre) et Soc Trang (Sud). Jusqu’à maintenant, 96% des établissements de traitement du sida fournissent des services aux titulaires d’une carte d’assurance santé.

Encore de nombreux défis à relever

Initier aux mesures de prévention et de lutte contre le VIH/sida dans la province de Son La (Nord).  Photo : Diêp Anh/ VNA/CVN

Selon les réglementations interna-tionales, si un pays a moins de 1.000 personnes nouvellement infectées en un an, il entre dans la liste des "pays sans épidémie".

Le Vietnam  compte encore 10.000 nouveaux cas chaque année. "Pour atteindre l’objectif de mettre fin à cette maladie d’ici à 2030, nous devons être prudents", souligne M. Long. En effet, le pays doit faire face encore à de nombreux défis. Ainsi, beaucoup de séropositifs ne connaissent pas encore leur état de santé. "Il s’agit d’une des principales causes de contamination, car ils vivent +normalement+  sans prendre de précaution particulière. De plus, ils n’ont pas accès non plus aux traitements antirétroviraux", fait savoir M. Long.

De plus, les relations sexuelles au sein de la communauté homosexuelle masculine ont tendance à augmenter. C’est le groupe ou le risque d’être contaminé est le plus élevé. Le taux de contamination y est de 10% à 15% contre de 3% à 5% auparavant. Depuis 2016, le projet de la prophylaxie pré-exposition anti-VIH, ou PrEP (Pre-exposure Prophylaxis) par les antirétroviraux a été mis en œuvre à titre expérimental à Hanoï et Hô Chi Minh-Ville. Il sera déployé dans 26 provinces et villes en 2020.

Actuellement, on compte dans l’ensemble du pays 436 établissements dispensant des traitements antirétroviraux. "Cependant, seuls 131.600 séropositifs y sont traités, soit 70% du total", déplore M. Long.

La stigmatisation et la discri-mination envers les personnes contaminées constituent toujours des problèmes cruciaux qui refusent des traitements dans les établissements médicaux.

En outre, le retrait progressif des bailleurs de fonds internationaux dans la lutte contre le VIH/sida, qui risque d’anéantir des années d’avancées dans ce domaine, est aussi un grand défi, et ce surtout dans le contexte où le budget local réservé aux activités de prévention et de lutte reste limité.

Le Mois d’action national 2019 de prévention et de lutte contre le VIH/sida (10 novembre-10 décembre) porte le thème "Agir ensemble pour mettre fin à l’épidémie".

L’objectif est de réduire la stigmatisation et la discrimination à l’égard des personnes infectées, à renforcer les assistances en leur faveur. En outre, l’accent est mis sur l’élargissement des services de prévention et de dépistage, la découverte et les traitements précoces pour les personnes les plus vulnérables, celles vivant dans les régions reculées…

Huong Linh/CVN


 
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