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| Ryad Marhez, Ibrahim Mbaye et Ayyoub Bouaddi sont tous nés en France. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Un sur douze. C'est un record. La nationalité française est la plus représentée à la Coupe du Monde 2026 avec 99 joueurs contre 67 pour la nationalité néerlandaise. Cette dernière est très présente dans l'équipe de Curaçao (25 sur 26), île des Caraïbes, État autonome mais sous souveraineté des Pays-Bas. Parmi les autres équipes nationales qui comptent le plus de joueurs nés en France, l'Algérie figure en tête avec 13 natifs France dans son effectif, on retrouve ensuite Haïti (12), la République démocratique du Congo (11) et le Sénégal (10).
Cette présence de joueurs nés en France illustre la force des diasporas dans le football mondial selon l'historien Stanislas Frenkiel, auteur de "France-Algérie : le football des immigrés". Mais cela n'a pas toujours été le cas. "L'équipe nationale d'Algérie en 1982, vainqueure de l'équipe d'Allemagne de l'Ouest, était composée de joueurs nés en Algérie et qui avaient été formés dans le championnat algérien", expliquait alors l'historien. Les deux joueurs emblématique des Fennecs, Mustapha Dahleb, né à Bejaia, et Rabah Madjer, né à Alger ont été formé en Algérie et ils ont connu une carrière européenne au PSG pour l'un et à Porto pour l'autre. En revanche, "l'équipe de 2019, qui remporte la CAN, est composée de 17 joueurs bi-nationaux", décrit le chercheur.
"Ce sont les enfants de la première génération, nés en France et formés en France", indique l'historien. La star emblématique des Fennecs, Riyad Mahrez est né à Clichy et a été formé dans le club de Sarcelles en région parisienne. Des années 1990 aux années 2010, le championnat professionnel algérien décline. Les sélectionneurs de l'équipe nationale algérienne font appel aux talents de la diasporas.
Ce mécanisme n'est pas propre à l'Algérie, estime Ablam Gnamesso, journaliste béninois et bon connaisseur du football africain. "Le football de clubs connaît une grave crise en Afrique centrale", décrit le journaliste. Ces dernières années, les championnats professionnels de la République du Congo où de la RD Congo ont été régulièrement annulés par manque de moyens. "On se tourne alors vers des joueurs qui ont été formés en Europe, là où les infrastructures sont les plus propices pour sortir de bons joueurs", décrit le spécialiste du football africain. C'est ainsi que 11 joueurs des Léopards de la RD Congo sont nés en France.
Haïti possédait un championnat professionnel de 18 équipes. Sur les 7 dernières éditions, six ont été annulées à cause de la grave crise sécuritaire que traverse le pays depuis 2017 et l'assassinat du président Jovenel Moïse. Le sélectionneur français Sébastien Migné s'est donc tourné vers la diaspora haïtienne pour construire son équipe. "Là où les championnats sont relativement structurés, on constate que beaucoup de joueurs ont été formés dans les clubs locaux. C'est le cas de l'équipe nationale égyptienne", constate le journaliste.
La faiblesse de certains championnats n'explique pas tout. La France est devenu un formidable vivier de talents et notamment la région parisienne. Le Conseil départemental de Seine-Saint-Denis s'est amusé à publier son onze type pour cette Coupe du monde 2026. On y retrouve Kilian Mbappé pour la France, né à Bondy mais aussi le Sénégalais Pape Gueye ou l'Algérien Rayan Aït-Nouri tous deux nés à Montreuil.
AFP/VNA/CVN



