Pour que les travailleurs voient la vie en rose

La Une du numéro 50 nous plonge au cœur du monde du travail et nous fait toucher du doigt la réalité du labeur quotidien de milliers d’ouvrières dans les zones industrielles du Vietnam.

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Sa remarquable photo ressemble désormais à une image d’archives en Europe. En effet, la plupart de ses entreprises sont maintenant tournées vers l’Asie et plus particulièrement vers le Vietnam pour la production de masse.

Né dans les années 60 du XXe siècle, j’essaie de garder en mémoire ce qu’était une usine en France où les centaines d’ouvriers partaient au travail au petit matin. Je me souviens des larmes de mon père qui, rentrant un soir de l’usine, nous annonçait que l’on n’avait plus besoin de lui et que la sidérurgie était un mot du passé. Aujourd’hui, c’est donc au Vietnam que cela se passe parmi d’autres activités comme "l’habillement, les chaussures en cuir, l’ameublement, l’électronique, l’emballage, ou encore la transformation et la conservation de fruits et légumes".

La couverture du numéro 50 nous donne rendez-vous dans le monde fascinant des montages électroniques où manifestement la main-d’œuvre féminine fait la loi. Dans cette usine-là, les codes couleurs y sont omniprésents. Il y a les travailleuses en vert qui réalisent un travail minutieux et celles en rose qui les expertisent sans doute. Elles ont les mains gantées, certaines ayant un chignon rose qui accompagne leur uniforme. Mais pour toutes, ce n’est pas forcément la vie en rose, même si les conditions de travail semblent meilleures qu’ailleurs.

Elles sont ici dans une zone industrielle à Long An, Binh Duong ou Hô Chi Minh-Ville ? Peu importe. On leur souhaite surtout que leur patron ait un carnet de commandes bien rempli car, selon le dossier intérieur du numéro 50, ce n’est pas le cas partout : "À Long An, au 9 novembre 2022, ce sont 41 entreprises qui ont dû réduire l’envergure de leur production à cause de la baisse de leurs carnets de commandes". Cette réduction "a directement impacté 15.174 ouvriers, dont 10.290 qui ont vu leurs heures de travail réduites et 1.250 autres qui ont été licenciés".

À l’approche du Nouvel An lunaire 2023, des efforts venant des entreprises sont donc déployés pour permettre à toutes et tous de passer la plus importante fête de l’année de manière décente et en famille. Primes du Têt, visites et remises de cadeaux sont toutes attendues.

Avec la reprise économique en 2023, tout sera mis en œuvre pour aider, enfin, les ouvriers licenciés à retrouver un nouvel emploi.

Hervé Fayet/CVN

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