Le CPTPP recèle encore un potentiel inexploité pour les entreprises vietnamiennes

Il y a encore beaucoup de potentiel inexploité pour les entreprises vietnamiennes dans le CPTPP trois ans après son entrée en vigueur, ont déclaré des décideurs politiques et des experts de l’industrie lors d’une conférence en ligne tenue récemment à Hanoï.

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Réunissant 11 pays dont le Vietnam, le CPTPP est l’un des plus grands traités de libre-échange du monde. 
Photo : Internet

Ngô Chung Khanh, directeur adjoint du Département de la politique commerciale multilatérale du ministère de l’Industrie et du Commerce (MoIT), a déclaré que les entreprises vietnamiennes étaient de plus en plus intéressées à tirer parti du pacte, le plus important du genre signé par le pays d’Asie du Sud-Est en ces dernières années.

Selon une enquête menée par la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam (VCCI), 9% des entreprises sondées déclarent désormais posséder une "compréhension approfondie" du CPTPP, une amélioration significative par rapport à un peu plus de 2% il y a deux ans.

Au cours de la même période, le chiffre d’affaires à l’exportation du pays vers les marchés du CPTPP s’est nettement amélioré, notamment vers le Canada et le Mexique. L’an dernier, le Vietnam a enregistré un excédent commercial de plus de 8 milliards d'USD avec ces deux pays. Cela a reflété un intérêt croissant des exportateurs vietnamiens pour les marchés du CPTPP.

Cependant, le Canada et le Mexique pourraient être considérés comme des marchés de taille petite à moyenne. Bien que leur croissance ait été impressionnante, ils ne représentaient qu’un peu moins de 3% du commerce total du Vietnam avec le bloc.

Un autre problème, selon Ngô Chung Khanh, réside dans ce que même les produits d’exportation vietnamiens traditionnellement forts avaient encore du mal à pénétrer les marchés du CPTPP.

Nguyên Xuân Duong, président de Hung Yen Garment Corporation (HUGACO), a déclaré que les principaux obstacles pour les fabricants de textiles vietnamiens comprenaient des difficultés à respecter les protocoles d’origine des produits du CPTPP, des investissements insuffisants dans l’expansion de la production et de la technologie.

Selon une enquête menée par la VCCI, 9% des entreprises sondées déclarent désormais posséder une "compréhension approfondie" du CPTPP. 
Photo : VNA/CVN

Le responsable a déclaré que le pays dépendait toujours fortement de l’importation de matières premières en provenance de Chine (43-45%) et n’a pas été en mesure de satisfaire aux exigences du CPTPP sur l’origine des produits, une condition préalable à la réduction tarifaire.

Il a ajouté que le problème sous-jacent était le manque d’investissements en capital et d’infrastructures industrielles, ce qui pourrait être attribué au manque de grands marchés de consommation.

Même ceux qui ont réussi à obtenir les investissements nécessaires pour étendre leurs opérations n’ont pas pu faire tourner la production à plein régime. Beaucoup ont déclaré qu’ils ne pouvaient produire qu’à 30 à 40% de leur capacité prévue.

Un autre problème clé était les normes environnementales élevées du CPTPP, qui se sont avérées difficiles et coûteuses à surmonter pour les entreprises vietnamiennes.

Nguyên Thi, du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement, a déclaré que de nombreux accords de libre-échange de nouvelle génération accordaient une grande importance à la préservation de l’habitat naturel, de la biodiversité et du bien-être des travailleurs.

La production n’est qu’une partie de l’équation. À quoi sert le profit si nos ressources naturelles et notre habitat continuent à se dégrader, a-t-il indiqué, ajoutant qu’à long terme terme, ce n’est pas durable. Les coûts des intrants finiront par augmenter à mesure que les ressources diminuent tandis que la demande diminue à mesure que le bien-être humain en souffre.

Il a exhorté les entreprises à rechercher activement des technologies durables, affirmant que ce n’était plus une option car les consommateurs des marchés développés sont devenus très conscients des problèmes environnementaux, ce qui se traduit par une pression politique pour réorganiser le modèle de production.

Dô Thi Thu Huong, directrice adjointe de l’Agence du commerce extérieur du MoIT, a déclaré que les entreprises vietnamiennes ont pu tirer parti des avantages tarifaires disponibles de l’accord commercial, en particulier le Canada, le Mexique et le Pérou, qui n’avaient pas signé d’accords de libre-échange avec le Vietnam avant le CPTPP.

Dans le seul commerce Vietnam - Canada, depuis la mise en œuvre du CPTPP, les entreprises vietnamiennes ont déclaré pouvoir bénéficier de 24% des avantages tarifaires disponibles. 

VNA/CVN

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