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>>Donald Trump recevra le secrétaire général de l'OTAN
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Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une conférence de presse à Londres, le 3 décembre. |
Photo : AFP/VNA/CVN |
Les commémorations s'annonçaient peu festives vu les différends sur la Syrie ou le financement de l'organisation et Emmanuel Macron a jeté de l'huile sur le feu en jugeant l'Alliance née en 1949 "en mort cérébrale".
Avant même les rencontres officielles au complet, mardi soir 3 décembre à Buckingham Palace et mercredi 4 décembre dans un golf de luxe en périphérie de Londres, le président américain s'en est pris à ce jugement, le qualifiant de "très insultant".
C'est un jugement "très, très méchant a l'adresse de 28 pays", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse avec le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg. Donald Trump s'est dit "très surpris" par la déclaration d'Emmanuel Macron, qu'il doit rencontrer mardi 3 décembre dans la journée, et l'a jugée "très dangereuse" pour la France.
"Personne n'a besoin de l'OTAN plus que la France", a-t-il affirmé, critiquant par ailleurs durement la volonté de Paris de taxer les géants technologiques américains.
L'administration Trump a déjà menacé d'imposer des droits de douane pouvant atteindre 100% sur l'équivalent de 2,4 milliards d'USD de produits français dont le roquefort, les yaourts, le vin pétillant.
"Mauvais payeurs"
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Le président américain Donald Trump (droite) et le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, le 3 décembre à Londres. |
"Je suis en désaccord" avec Emmanuel Macron a pour sa part déclaré Jens Stoltenberg. "Il ne faut pas mettre en doute l'unité et la volonté des alliés de se défendre les uns les autres", a-t-il ajouté précisant que c'est la base de la dissuasion.
Le secrétaire général espère se voir confier à Londres la mission d'améliorer la réflexion stratégique au sein de l'OTAN.
Hôte de la rencontre, le Premier ministre britannique Boris Johnson veut appeler les 29 pays membres à l'unité mais les noms d'oiseaux avaient commencé à pleuvoir dès la semaine dernière.
Répliquant aux déclarations d'Emmanuel Macron sur l'OTAN, le président turc Recep Tayyip Erdogan lui avait lancé : "Fais d'abord examiner ta propre mort cérébrale !"
Leur contentieux porte sur l'intervention lancée par Ankara en octobre dans le Nord-Est de la Syrie sans en informer les autres membres de l'Alliance. Les deux chefs d'État doivent se retrouver mardi après-midi 3 décembre avec Boris Johnson et Angela Merkel pour discuter du conflit syrien.
Outre les attaques contre la France, Donald Trump, qui depuis son élection pousse ses alliés à augmenter leurs budgets militaires pour partager davantage le fardeau, a lancé une nouvelle charge contre les "mauvais payeurs" de l'OTAN, notamment l'Allemagne.
Le milliardaire veut maintenir la pression sur les alliés pour leur faire respecter leur engagement de consacrer 2% de leur PIB pour leur budgets militaires en 2024. La France dépensera l'équivalent de 2% en 2025, mais l'Allemagne, à 1,42% en 2020, ne respectera pas son engagement avant le début de la décennie 2030.
S'il s'est félicité d'avoir "obtenu 130 milliards d'USD", en référence à la somme que le Canada et les membres européens auront ajoutée aux budgets de la défense en quatre ans, il s'est dit insatisfait.
La visite du président américain à Londres est scrutée de près au Royaume-Uni, dans un contexte politique explosif à neuf jours des législatives. Boris Johnson espère gagner une majorité suffisante pour mettre en œuvre le Brexit, pour lequel ont voté 52% des Britanniques en 2016.
Le milliardaire républicain a assuré ne pas vouloir se "mêler de ces élections". Il a toutefois redit être favorable au Brexit dont le Premier ministre britannique s'est fait le champion et a fait l'éloge de ce dernier, jugé "très compétent".
AFP/VNA/CVN