18/04/2021 14:15
Le Professeur associé-Docteur Nguyên Van Uyên est tellement connu et impliqué dans le domaine de la multiplication in vitro des pommes de terre que de nombreux scientifiques internationaux l’ont affectueusement surnommé "Monsieur Pomme de terre".
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Le Professeur associé-Docteur Nguyên Van Uyên dans son jardin de pommes de terre à Lâm Dông (hauts plateaux du Centre).
Photo : NVCC/CVN

Dà Lat est une célèbre station climatique située au cœur du plateau de Lâm Viên dans la province de Lâm Dông (hauts plateaux du Centre). Dotée d’un climat tempéré toute l’année, cette ville agricole fertile produit en abondance fleurs, fruits et légumes. Un endroit idéal pour le développement de certaines cultures, en particulier des pommes de terre qui approvisionnent tout le Sud du pays.

Durant les premiers jours après la libération du Sud en 1975, Dà Lat fit face à de nombreuses difficultés. La croissance économique était faible, les voies de communication vers les autres provinces, vétustes et délabrées. La production, le développement et la commercialisation des produits agricoles locaux étaient alors fortement importés.

Le changement commença avec la présence au Vietnam de René Nozeran, Professeur de l’Université Paris-Sud (France), dans le cadre de sa visite en 1975 au sein d’une délégation du Parti communiste français. Ce botaniste et morphogénéticien français fut l’un des scientifiques pionniers dans les techniques de culture de tissus végétaux appliquées à la multiplication des plantes à grande échelle. Au Vietnam, il souhaitait aider à déployer un programme de formation de spécialistes en la matière.

Parlant couramment le français et ayant de nombreuses expériences dans ce domaine, le Professeur associé-Docteur Nguyên Van Uyên fut choisi en 1976, par l’Institut national des sciences (aujourd’hui Académie nationale des sciences et technologies du Vietnam - VAST), pour suivre en France une formation en culture des tissus végétaux appliquée à la multiplication des plantes cultivées à grande échelle.

Multiplication in vitro des pommes de terre

Dès son retour au pays, le Professeur associé-Docteur, né en 1937, a rapidement planifié la mise en œuvre de ses connaissances acquises dans l’Hexagone.

Le Professeur associé-Docteur Nguyên Van Uyên dans la salle d’expérimentation à l’Université Yersin de Dà Lat, province de Lâm Dông.
Photo : NVCC/CVN

C’est lui qui proposa aux responsables du VAST de construire un laboratoire de culture de tissus de pommes de terre à Dà Lat, une ville dotée d’un climat idéal pour les études in vitro. Et la Station de recherche sur la culture de tissus végétaux fut inaugurée le 17 juillet 1977, avec comme responsable le Professeur associé-Docteur Nguyên Van Uyên.

Sa première étude porta tout naturellement sur la multiplication in vitro des pommes de terre. Il s’agissait d’une technologie avancée qui présentait plusieurs avantages par rapport à la méthode traditionnelle de conservation des tubercules pour l’ensemencement. En effet, pendant ce processus, le tubercule est très sensible aux infections et à la propagation d’agents pathogènes tels que virus, bactéries et champignons, conduisant à la dégradation irrémédiable du plant.

Doubler le rendement

Les pommes de terre produites in vitro furent ensuite distribuées gratuitement à des agriculteurs pour un test grandeur nature avec l’assistance technique sur place de scientifiques. Les résultats furent remarquables et les paysans adoptèrent unanimement cette nouvelle variété en remplacement du tubercule traditionnellement cultivé.

Après un an de recherches et de tests, le modèle de multiplication in vitro de pommes de terre attira l’attention particulière et bénéficie la confiance d’agronomes comme le Professeur-Docteur Vo Tòng Xuân ou le maître de conférences Dào Thê Tuân, directeur de l’Institut des techniques agricoles du Sud. Cela permit d’ouvrir un nouveau chemin dans le domaine de la culture au Vietnam.

Depuis, la demande en variété de pommes de terre in vitro a connu une nette augmentation, dépassant l’offre de la Station de recherche de Nguyên Van Uyên (environ 500 millions de plantes par récolte). Face à cette situation, M. Uyên et ses collaborateurs étudièrent et mirent en application une méthode de multiplication associée à la culture tissulaire, permettant de doubler le rendement à Dà Lat par rapport à 1970.

Le Professeur associé-Docteur Nguyên Van Uyên (gauche) présente au général Vo Nguyên Giáp le processus de multiplication des pommes de terre, en décembre 1977.
Photo : Trân Lê/CVN

D’après des scientifiques du Centre international de la pomme de terre (CIP), cette technique, appelée méthode FOS (Flash Out System), fut mise en application à titre expérimental de 1985 à 1993 dans plusieurs pays et territoires, sous la surveillance du CIP.

En outre, Nguyên Van Uyên et ses collègues étudièrent avec succès la création par culture in vitro de tubercules de petites pommes de terre (mini tubercules) pesant de 5 à 15 g et de micro tubercules de moins de 5 g. Cette technologie a pour avantages de réduire les coûts de transport, de faciliter le stockage, d’avoir une grande pureté des graines (en raison de la reproduction asexuée) et une grande résistance aux maladies.

Grâce à ses succès remarquables, le nom de Nguyên Van Uyên a tellement été rattaché à la production de pommes de terre in vitro que des scientifiques du monde entier lui ont donné le surnom affectueux de "Monsieur Pomme de terre". Dès lors, Dà Lat est devenue "la capitale" de la technologie de culture tissulaire, non seulement des pommes de terre mais aussi de nombreux arbres fruitiers et fleurs de grande valeur économique.

La fille du "Monsieur Pomme de terre", Nguyên My Uyên, directrice de la Sarl de fabrication de produits de biotechnologie Bao Nông à Dà Lat, est toujours autant enthousiaste des réalisations de son père, qui lui a transmis sa passion pour la science. "Ma passion a été allumée à mes 12 ans lors d’un exposé de mon père dans un colloque scientifique international où tous les participants, scientifiques vietnamiens et étrangers, l’écoutaient attentivement", partage-t-elle. Avant de souligner : "J’ai beaucoup de chance d’avoir choisi un métier qui me passionne".  
            
Thanh Tuê/CVN

 

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