02/07/2020 10:50
L'Allemagne a entamé mercredi 1er juillet sa présidence très attendue de l'Union européenne par une mise en garde d'Angela Merkel sur le Brexit et le risque réel d'un "no deal" qui fragiliserait un peu plus une économie européenne déjà plombée par le coronavirus.
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La chancelière allemande Angela Merkel s'adresse au Bundestag, le 1er juillet.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Je continuerai à préconiser une bonne solution, mais nous, dans l'UE, devons nous préparer pour le cas où un accord ne serait pas conclu", a déclaré la chancelière devant la chambre des députés allemands, au premier jour de cette présidence semestrielle tournante.

Le gouvernement britannique a dans la foulée assuré vouloir "continuer à travailler de manière constructive avec l'Union européenne".

Mais il s'est dit prêt, par la voix d'un porte-parole de Boris Johnson, "à faire face à l'une ou l'autre éventualité à la fin de l'année, un accord de libre-échange ou une relation commerciale basée sur les mêmes conditions que celles" en cours actuellement avec l'Australie.

Le Royaume-Uni et l'Union européenne se sont lancés lundi dans cinq semaines d'intenses tractations sur leur relation post-Brexit, avec la volonté commune d'avancer enfin pour éviter un "no deal" potentiellement désastreux en fin d'année.

Le Royaume-Uni, qui a quitté l'UE le 31 janvier, continue d'appliquer les règles européennes jusqu'au 31 décembre.

"Situation extraordinaire

Si aucun accord n'était négocié d'ici là, les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), avec leurs droits de douane élevés et leurs contrôles poussés, s'appliqueraient aux relations commerciales entre ces partenaires.

Le Brexit va constituer un des deux gros dossiers de cette présidence, avec la négociation difficile d'un plan de relance de l'économie européenne suite à la crise sans précédent du coronavirus.

"Dans une situation extraordinaire, nous avons besoin de solutions spéciales pour que l'Europe puisse sortir renforcée de cette crise extraordinaire", a souligné Mme Merkel mercredi 1er juillet.

Au pouvoir sans interruption depuis 15 ans, un record de longévité pour un dirigeant en Europe, la chancelière dispose d'une chance unique d'entrer définitivement dans l'histoire européenne et d'effacer la mauvaise image laissée par son orthodoxie budgétaire lors de la crise grecque de 2011.

Le coup d'envoi de cette présidence a été symboliquement donné mardi soir  30 juin avec la projection sur la mythique Porte de Brandebourg à Berlin du slogan, décliné en plusieurs langues, "Tous ensemble pour relancer l'Europe".

Elle va débuter tambour battant avec un sommet des dirigeants européens organisé les 17 et 18 juillet à Bruxelles, décisif pour l'avenir de l'Europe.

Les 27 vont tenter d'y trouver un accord sur le projet de plan de relance de 750 milliards d'euros face au coronavirus, avec pour la première fois des fonds empruntés en commun par l'UE : Angela Merkel a accepté de briser un tabou politique en Allemagne pour cela.

Angela Merkel et Emmanuel Macron ont mis lundi 29 juin la pression sur leurs partenaires pour aboutir à un accord dès juillet, avant la pause estivale.

"Je dois dire que les positions des États membres sont encore très éloignées les unes des autres", a toutefois tempéré mercredi 1er juillet la dirigeante allemande.

Pour arriver à un compromis, il faudra vaincre les réticences de plusieurs pays du Nord de l'Europe, partisans de l'orthodoxie budgétaire.

L'Allemagne doit en outre composer avec les partisans d'une relance verte en Europe, forts notamment de la poussée écologiste enregistrée en France aux dernières élections locales.

Des manifestants écologistes se sont ainsi rassemblés mercredi 1er juillet à Berlin devant la chancellerie avec des sacs de faux billets pour exiger que les aides financières soient consacrées à "un avenir vert et juste".
 
AFP/VNA/CVN
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