18/03/2021 09:30
L'OMS a recommandé mercredi 17 mars de continuer à utiliser le vaccin anti-COVID d'AstraZeneca, suspendu par plusieurs pays en raison de possibles effets secondaires, à la veille de l'avis très attendu de l'Agence européenne des médicaments sur le sujet.
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Le président français Emmanuel Macron (centre), le ministre de la Santé Olivier Veran (à droite) et Jan Hayon (gauche), le médecin chef des soins intensifs de l'hôpital de Poissy (France), discutent avec le personnel soignant, le 17 mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Pour le moment, l'OMS estime que la balance risques/bénéfices penche en faveur du vaccin AstraZeneca et recommande que les vaccinations se poursuivent", indique un communiqué de l'Organisation mondiale de la santé, qui poursuit ses évaluations sur les problèmes rencontrés par quelques personnes vaccinées avec ce produit.

Après l'avoir homologué vendredi, l'OMS a aussi préconisé l'administration d'un autre vaccin à vecteur viral, celui du laboratoire américain Johnson & Johnson, même dans les pays où circulent les variants du coronavirus plus contagieux. Face aux incertitudes et aux craintes sur la sécurité du vaccin du suédo-britannique AstraZenaca, le ministre britannique de la Santé Matt Hancock a appelé mercredi à continuer son déploiement. "Il n'y a pas de preuves que ces vaccins ont causé des caillots", a-t-il écrit dans le tabloïd The Sun.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a lui affirmé qu'il se ferait bientôt vacciner contre le COVID-19, "certainement avec le vaccin AstraZeneca". Critiqué pour sa gestion de la pandémie qui a fait plus de 125.000 morts au Royaume-Uni, le dirigeant conservateur s'est dit "désolé", affirmant assumer "l'entière responsabilité" des actions du gouvernement.

Ramener la confiance

Les autorités sanitaires espagnoles ont de leur côté annoncé enquêter sur trois cas de formation de caillots sanguins après l'administration du vaccin AstraZeneca, dont l'un est décédé. Pour tenter de ramener la confiance dans ce produit qui, selon un sondage Elabe, n'est jugé fiable que par 22% des Français, le Premier ministre français Jean Castex s'est dit mardi prêt à se le faire injecter "très rapidement", dès qu'il sera à nouveau autorisé.

Bilan mondial de la pandémie de nouveau coronavirus, au 17 mars à 11h00 GMT. Photo : AFP/VNA/CVN

M. Castex a clairement laissé entendre qu'un reconfinement, le week-end ou sur toute la semaine, pourrait être décidé pour les 12 millions d'habitants de Paris et de sa région, la plus peuplée de France, confrontée à une accélération de la pandémie. Le président Emmanuel Macron doit trancher sur cette mesure, déjà appliquée le week-end dans plusieurs autres régions. Une annonce est attendue jeudi 18 mars.

Alors qu'elle subit une pénurie de vaccins, l'Europe a menacé mercredi 17 mars, via la Commission européenne, de durcir les conditions d'exportation hors UE des vaccins anti-COVID afin de garantir la "réciprocité" des échanges avec des pays qui en produisent eux-mêmes, appelant notamment le Royaume-Uni à acheminer des doses vers le continent.

Sept États européens, dont l'Allemagne et la France, ont allongé en début de semaine la liste d'une quinzaine des pays ayant suspendu l'administration du vaccin d'AstraZeneca suite à des problèmes, tels que des difficultés à coaguler ou la formation de caillots.

Covax en Palestine

Mais l'Australie a demandé mercredi à AstraZeneca et à l'UE d'avoir accès en urgence à un million de doses du vaccin qu'elle a achetées afin de les fournir à la Papouasie-Nouvelle-Guinée, confrontée à une poussée du COVID-19. L'Italie avait bloqué début mars une livraison à l'Australie de vaccins AstraZeneca produits en Europe, Rome justifiant cette mesure par "la pénurie persistante de vaccins et les retards d'approvisionnement de la part d'AstraZeneca" dans l'UE et en Italie.

Les Palestiniens ont reçu mercredi 17 mars  leur première livraison de vaccins anticoronavirus du dispositif Covax destiné aux régions défavorisées. Quelque 60.000 doses de vaccins Pfizer/BioNTech et AstraZeneca attribuées aux Palestiniens sont arrivées à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, selon une source sécuritaire israélienne.

Un camion frigorifique transporte des doses de vaccins Pfizer/BioNTech et AstraZeneca attribués dans le cadre du programme Covax, le 17 mars à Ramallah, en Cisjordanie. Photo : AFP/VNA/CVN

Le laboratoire américain Moderna a quant à lui indiqué avoir commencé des essais de son vaccin sur des milliers d'enfants âgés de 6 mois à 11 ans, un essai clinique qui concerne un total prévu de 6.750 enfants aux États-Unis et au Canada.

Pas de Saint-Patrick

Un an après le premier confinement, l'Irlande a annulé pour la deuxième année consécutive les célébrations de la Saint-Patrick, d'ordinaire endiablées. "Cela fait un an maintenant et on a l'impression d'être revenus au point de départ", se désole Tom Cleary, tenancier d'un pub de Dublin désespérément vide, où seuls quelques tonneaux vides gisent sur le sol glacé. "C'est triste qu'il n'y ait pas de fin en vue (...) Aura-t-on les mêmes problèmes à la prochaine Saint-Patrick ?"

Confrontées à une dégradation de la situation sanitaire, les Philippines vont fermer temporairement leurs frontières aux étrangers et réduire le nombre de leurs ressortissants autorisés à entrer dans le pays, en raison d'une recrudescence des contaminations dans l'archipel. La Pologne a décrété, pour la même raison, un confinement partiel de sa population.

En Allemagne, touchée par une troisième vague, le gouvernement a appelé la population à être "responsable" et à ne pas se rendre dans la très prisée île espagnole de Majorque, malgré l’affrètement de centaines de vols touristiques.

Au Brésil, deuxième pays le plus endeuillé au monde par le COVID-19 (au moins 282.127 morts) qui bat actuellement des records de décès quotidiens, le nouveau ministre de la Santé Marcelo Queiroga a admis que la "distanciation sociale" était nécessaire pour limiter la circulation du coronavirus, à rebours du discours anticonfinement tenu depuis le début par le président d'extrême droite Jair Bolsonaro.

L'Irak a pour sa part enregistré mercredi 5.663 nouveaux cas, un record inédit dans le pays qui accueillait récemment le pape François au milieu de foules réduites mais compactes, où le port du masque était rare. La pandémie a fait au moins 2.671.720 morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan établi mercredi 17 mars par l'AFP.

AFP/VNA/CVN


 
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