L'inflation des produits alimentaires atteint des niveaux sans précédent depuis 40 ans en France

Depuis janvier 2021, les tensions inflationnistes, en particulier sur les produits alimentaires, ont atteint des niveaux sans précédent depuis 40 ans, avertit un récent rapport de l'Inspection générale des finances (IGF) du ministère français de l'Economie et des Finances.

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L'inflation en France devrait se situer à 6,4% en glissement annuel en fin d'année.
Photo : AFP/VNA/CVN

Augmentation des prix des huiles de 60%, 22% pour la farine, 20% pour les pâtes et 16% pour la volaille (...) Depuis janvier 2021, les tensions inflationnistes, en particulier sur les produits alimentaires, ont atteint des niveaux sans précédent depuis 40 ans, avertit un récent rapport de l'Inspection générale des finances (IGF) du ministère français de l'Economie et des Finances.

S'élevant à 6,1% en juillet 2022, l'inflation en France devrait se situer, selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), à 6,4% en glissement annuel en fin d'année. Ces niveaux d'inflation n'ont pas été atteints depuis le pic d'avril 1980 qui se situait à 13,9%. Les produits alimentaires représentent, avec l'énergie, la composante la plus dynamique de l'inflation. Pour les prix des produits alimentaires, ils ont enregistré en septembre dernier une hausse de 10%, avec 12% prévus en décembre par l'Insee.

La forte inflation observée sur les produits de grande consommation, notamment alimentaires, s'explique par plusieurs facteurs, essentiellement par la combinaison de la reprise économique mondiale soudaine en 2021 et d'aléas climatiques extrêmes. Ces facteurs ont entraîné une envolée spectaculaire du prix des matières premières agricoles et industrielles en 2021, entretenue notamment par les craintes des États et des entreprises de manquer d'approvisionnement. Le conflit russo-ukrainien et la crise énergétique cette année ont renforcé et accéléré cette tendance inflationniste, selon un rapport de la Commission des affaires économiques du Sénat.

Les rapporteurs constatent que l'essentiel des augmentations demandées est en lien avec la hausse des coûts de production. Pour la moitié des produits, la grande distribution diminue sa marge brute. Pour plus des deux tiers des produits, les analyses menées montrent que l'augmentation des coûts de production de l'industrie agroalimentaire est significativement supérieure à l'évolution de sa marge brute. Ils ont aussi constaté des "pratiques contestables" de la part de certains distributeurs et industriels, comme le chantage à la rupture de stock ou l'augmentation des prix dans les rayons sans même que le tarif d'achat ait augmenté.

L'inflation en France est inférieure à celle constatée dans les pays voisins, ont noté plusieurs responsables du gouvernement. Elle devrait néanmoins se poursuivre et atteindrait 7 à 10% en septembre 2022 pour les produits de grande consommation, soit une hausse de 45 euros environ du panier moyen mensuel, analyse le rapport du Sénat.

Après une inflation de 6,4% pour 2022, les prévisions macroéconomiques suggèrent une persistance de l'inflation à un niveau significativement supérieur à 4% en 2023 avant un reflux progressif en 2024 vers un niveau proche de 2%.

Xinhua/VNA/CVN

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