04/05/2020 09:07
Avec de nouveaux assouplissements prévus en début de semaine dans une quinzaine de pays, l'Europe enclenche le déconfinement de ses populations, à l'image de l'Italie, cloîtrée depuis deux mois par la pandémie et qui attend avec fébrilité la levée partielle des restrictions lundi 4 mai.
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Une femme à sa fenêtre avec un drapeau italien, à Rome, le 3 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

Encouragées par l'annonce dimanche 3 mai de 174 décès en Italie en 24 heures, le nombre le plus faible depuis le début du confinement, les autorités vont entamer un allègement attendu par tous, pour faire repartir une économie mise à genoux par la maladie.

"Je veux amener ma vieille maman à la mer, je peux ?", s'interrogeait Pietro Garlanti, 53 ans, masque sur le visage et gants de plastique, en achetant son journal dans un kiosque du centre de Rome : "J'espère que les journaux vont nous dire ce que l'on peut faire ou non".

Dimanche 3 mai les grandes avenues historiques du Centre de Rome étaient quasi-désertes, avec quelques rares coureurs faisant le tour des pâtés de maisons, ou des amateurs de gymnastique s'agitant sur les terrasses.

"Liberté relative" 

Soumis depuis le 9 mars à un strict confinement, les Italiens ont subi de plein fouet l'épidémie de COVID-19, qui a coûté la vie à près de 29.000 personnes dans la péninsule.

"La phase II commence. Nous devons être conscients que ce sera le début d'un défi encore plus grand", a prévenu le responsable de la cellule chargée de répondre à la pandémie, Domenico Arcuri.

Réouverture des parcs, visite à la famille, déplacements limités et encadrés, vente à emporter pour les bars et restaurants... les nouvelles règles sont attendues avec impatience par les Italiens.

Elles diffèrent néanmoins dans les vingt régions du pays, contribuant à une certaine confusion. La Calabre et la Vénétie ont ainsi déjà allégé les restrictions, autorisant notamment la réouverture des bars et restaurants.

Des personnes marchent ou font du sport, le 2 mai à Séville, en Espagne.
Photo : AFP/VNA/CVN


La France, elle aussi très touchée (24.895 morts), prévoit de débuter son déconfinement le 11 mai, mais prudemment et à un rythme différent selon les régions. De nombreuses interrogations demeurent sur la réouverture des écoles.

La présidence française a clarifié dimanche 3 mai la situation des voyageurs arrivant sur son sol, assurant qu'aucune quarantaine ne serait imposée à ceux provenant de l'UE, de l'espace Schengen ou du Royaume-Uni.

L'Espagne, où le COVID-19 a fait plus de 25.000 morts et dont les 47 millions d'habitants étaient enfermés depuis mi-mars, a redécouvert samedi les joies du sport et de la promenade. Le déconfinement du pays doit se poursuivre par phases d'ici la fin juin. Le pays a recensé dimanche 3 mai 164 décès du coronavirus, chiffre quotidien le plus bas depuis presque sept semaines.

La levée des restrictions est déjà bien enclenchée en Allemagne, où les écoles rouvrent progressivement dans certains Länder lundi 4 mai; en Autriche, où les artères commerçantes de Vienne ont retrouvé samedi leur animation avec la réouverture des magasins, ainsi que dans les pays scandinaves.

Autre signe de normalisation, le ministre allemand de l'Intérieur et des Sports s'est dit favorable dimanche 3 mai à une reprise du championnat de football. Ce qui ferait de l'Allemagne le premier grand championnat européen à franchir ce pas.

En Europe de l'Est, les terrasses des cafés et des restaurants rouvriront à partir de lundi 4 mai en Slovénie et en Hongrie, excepté dans la capitale Budapest. En Pologne, des hôtels, des centres commerciaux, des bibliothèques et certains musées ouvriront également.

En Grande-Bretagne, le Premier ministre Boris Johnson a promis un plan de déconfinement la semaine prochaine. Là aussi, le chiffre des décès est en baisse (315 en 24h00) mais les chiffres officiels marquent souvent une baisse le week-end, due aux retards dans les enregistrements, suivie d'une recrudescence.

Évoquant le plan de déconfinement à venir, le ministre d'Etat Michael Gove a déclaré : "Je pense que nous allons devoir vivre avec une certain degré de contraintes" jusqu'à ce qu'un vaccin soit trouvé.

Réouverture des salons de coiffure, le 3 mai à Bangkok, en Thaïlande.
Photo : AFP/VNA/CVN

La pandémie a fait au moins 245.576 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, dont plus de 85% en Europe et aux États-Unis, selon un dernier bilan établi par l’AFP sur la base de chiffres officiels admis comme largement sous-évalués.

4,6 milliards d’êtres humains sont toujours appelés à rester chez eux ou soumis à des restrictions de déplacement.

Aux États-Unis (plus de 67.000 décès), malgré des bilans quotidiens toujours lourds, plus de 35 des 50 États ont commencé à lever ou sont sur le point de lever leurs mesures de confinement, afin de relancer l'économie.

En Israël, une partie des classes de primaire a rouvert, sauf dans les secteurs dits "à risque". "Quel plaisir de vous voir les enfants !", s'est exclamée Sigal Bar, directrice d'une école de Mevasseret Tsion, près de Jérusalem.

En Algérie en revanche, de nombreux commerces, rouverts la semaine, dernière, ont dû fermer à nouveau ce week-end dans plusieurs régions, dont Alger, en raison du non respect des règles d’hygiène et de la distanciation sociale.

Au Brésil, qui a franchi dimanche 3 mai le cap symbolique des 100.000 cas confirmés de COVID-19 pour 7.025 morts, le célèbre photographe Sebastiao Salgado a lancé dimanche 3 mai une pétition en ligne signée par des stars comme Brad Pitt, Madonna ou Paul McCartney, réclamant des "mesures urgentes" des pouvoirs publics pour protéger les indigènes du coronavirus, auquel ils sont particulièrement vulnérables.
 
AFP/VNA/CVN
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