07/02/2021 14:36
Les États-Unis vont retirer les Houthis du Yémen de leur liste de groupes terroristes, une désignation que les organisations humanitaires jugeaient néfaste aux efforts d'aide sur le terrain.
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Des partisans des Houthis manifestent devant l'ambassade américaine fermée, le 18 janvier à Sanaa, au Yémen.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'ONU a salué cette décision, tandis que les belligérants des deux camps ont loué les efforts de paix de Washington dans le pays en guerre.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a "formellement" informé vendredi 5 février le Congrès de son intention de retirer les Houthis de cette liste noire, a annoncé le département d'État. La mesure prendra effet rapidement.

"Annuler cette désignation est une avancée vers la paix", a réagi samedi 6 février auprès de l'AFP Abdulelah Hajar, un responsable houthi.

"La révocation de cette désignation apportera un profond soulagement à des millions de Yéménites qui dépendent de l'assistance humanitaire et des importations commerciales pour répondre à leur besoins vitaux de base", s'est aussi réjoui le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans un communiqué.

Les Houthis avaient été classés parmi les groupes terroristes à la fin du mandat de Donald Trump, mais des organisations d'aide humanitaire estimaient que cela entravait leur action sur le terrain.

Conséquences humanitaires 

"Cette décision n'a rien à voir avec ce que nous pensons des Houthis et de leur conduite répréhensible, dont des attaques contre des civils et l'enlèvement de citoyens américains", a déclaré le porte-parole du département d'État.

"Nous nous sommes engagés à aider l'Arabie saoudite à défendre son territoire contre de nouvelles attaques. Notre action est due uniquement aux conséquences humanitaires de cette désignation de dernière minute de l'administration précédente, dont les Nations unies et des organisations humanitaires ont depuis dit clairement qu'elle allait accélérer la plus grave crise humanitaire au monde", a-t-il expliqué.

Des organisations humanitaires ont déclaré qu'elles n'avaient pas d'autre choix que de traiter avec les Houthis, qui gouvernent de facto une grande partie du Yémen dont la capitale Sanaa. Or, leur désignation comme terroristes exposait toute entité traitant avec ces rebelles au risque d'être poursuivie en justice par les États-Unis.

Une banderole proclamant que "l'Amérique est la mère du terrorisme" pendant une manifestation devant l'ambassade américaine fermée à Sanaa, le 18 janvier au Yémen.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le revirement intervient juste après l'annonce par le nouveau président Joe Biden de la fin du soutien américain à la coalition militaire menée par l'Arabie saoudite qui combat les Houthis.

Cette décision peut "réparer les erreurs passées", a affirmé samedi 6 février Téhéran. Mais elle ne va pas "résoudre à elle seule le problème du Yémen", a ajouté le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les belligérants ont réaffirmé leur volonté de mettre fin au conflit après l'engagement de M. Biden à soutenir les "efforts diplomatiques", mais une solution apparaît toujours hors de portée, estiment des experts.

Le conflit oppose depuis plus de six ans les Houthis aux forces gouvernementales, soutenues depuis 2015 par la coalition saoudienne. Il a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, selon des organisations internationales, et provoqué la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU.

"Cette guerre doit cesser" 

"Cette guerre doit cesser", a martelé jeudi 4 février Joe Biden, annonçant l'annulation de ventes d'armes à Ryad et la nomination d'un diplomate chevronné, Timothy Lenderking, comme émissaire pour le Yémen.

Le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale a salué ces annonces, soulignant "l'importance de soutenir les efforts diplomatiques" et accueillant la nomination de M. Lenderking comme une "étape importante" pour "mettre fin à la guerre" au Yémen.

L'Iran nie fournir des armes aux Houthis mais ne cache pas son soutien politique aux rebelles. Ceux-ci ont apporté leur soutien au nouveau gouvernement américain, qui avait indiqué dès janvier qu'elle reconsidérerait l'inscription sur la liste noire.

"Nous sommes prudemment optimistes", a indiqué Hamid Assem, un responsable Houthi.

Un homme regarde par la fenêtre d'une école pour les déplacés yéménites, à Al-Turba dans le gouvernorat de Taez, le 4 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Nos missiles ne s'arrêteront pas tant qu'il n'y aura pas de cessez-le-feu (...) Ce sont eux qui ont commencé la guerre, ce sont eux qui doivent y mettre fin", avait-il toutefois prévenu, se référant au gouvernement et à ses alliés.

Sans mentionner la fin du soutien américain à la coalition, Ryad a salué "l'engagement" de M. Biden "à coopérer avec le royaume pour défendre sa souveraineté et contrer les menaces contre elle". L'Arabie saoudite est depuis des mois la cible d'attaques répétées des Houthis.

Adel al-Jubeir, ministre d'État saoudien aux Affaires étrangères, a exprimé sur Twitter sa "hâte" de travailler avec les "amis américains pour mettre fin aux conflits".

AFP/VNA/CVN
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