Les entreprises vietnamiennes à la conquête du marché sud-américain

Selon Nguyên Thi Thu Thuy, directrice adjointe du Centre d’appui à la promotion du commerce et de l’investissement relevant de l’Agence de promotion du commerce du ministère vietnamien de l’Industrie et du Commerce, les échanges commerciaux entre le Vietnam et les pays d’Amérique du Sud enregistrent depuis plusieurs années une croissance relativement stable, atteignant plusieurs dizaines de milliards de dollars par an.

>> Opportunités pour les entreprises vietnamiennes sur le marché sud-américain

Les chaussures sont des principales exportations vietnamiennes vers l’Amérique du Sud.
Photo : VNA/CVN

Les principales exportations vietnamiennes vers l’Amérique du Sud comprennent les téléphones et composants électroniques, les produits électroniques, le textile-habillement, les chaussures, les produits aquatiques, le riz, le café, les biens de consommation et les matériaux de construction. En sens inverse, le Vietnam importe principalement des matières premières destinées à la production, notamment le maïs, le soja, le coton, les aliments pour animaux et les minerais.

Au-delà du commerce de marchandises, les experts estiment que le Vietnam et l’Amérique du Sud disposent d’importantes opportunités de coopération dans les domaines de la logistique, de l’énergie, de l’industrie de transformation et de l’investissement bilatéral.

Malgré son fort potentiel, l’Amérique du Sud demeure un marché difficile d’accès pour les entreprises vietnamiennes. Selon Ngô Manh Khôi, chef du Bureau commercial du Vietnam en Argentine, la distance géographique constitue le principal facteur de hausse des coûts logistiques pour les exportateurs.

Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui perturbent plusieurs routes maritimes internationales, les délais d’acheminement vers l’Amérique du Sud peuvent être prolongés jusqu’à 18 jours supplémentaires, entraînant une augmentation significative des coûts et une réduction des marges bénéficiaires.

À titre d’exemple, le transport maritime entre le Vietnam et le Chili nécessite actuellement entre 45 et 55 jours. Les entreprises doivent ainsi investir davantage dans les technologies de conservation, l’emballage et la gestion des stocks afin de préserver la qualité des produits.

Outre les défis logistiques, les risques liés aux taux de change et aux paiements internationaux méritent une attention particulière. Selon Ngô Manh Khôi, plusieurs pays sud-américains font face à une inflation élevée et à une dépréciation de leur monnaie nationale, ce qui renchérit le coût des produits importés pour les consommateurs locaux. Par exemple, an Argentine, le contrôle des changes et les restrictions d’accès au dollar américain allongent les délais de paiement internationaux et augmentent les risques pour les exportateurs.

Les différences linguistiques et culturelles constituent également un obstacle non négligeable. La majorité des pays sud-américains utilisent l’espagnol ou le portugais, alors que de nombreuses entreprises vietnamiennes disposent encore d’une connaissance limitée de ces langues et des pratiques commerciales locales.

Les spécialistes estiment que les opportunités offertes par l’Amérique du Sud sont considérables, mais qu’elles ne peuvent être exploitées avec une vision à court terme ni sur la seule base d’une concurrence par les prix.

Yung Han Shen, représentante d’Asia Consulting au Chili, recommande aux entreprises vietnamiennes d’adopter une stratégie de développement du marché sur le long terme, sur une période d’au moins trois à cinq ans, plutôt que de rechercher des résultats commerciaux immédiats.

Compte tenu de l’éloignement géographique et des coûts logistiques élevés, les produits les plus adaptés au marché sud-américain sont ceux à forte valeur ajoutée, capables de supporter un transport de longue durée et répondant aux exigences croissantes en matière de développement durable.

Outre les grands marchés que sont le Brésil, l’Argentine et le Chili, des pays de taille plus modeste mais disposant d’un pouvoir d’achat stable, comme l’Uruguay et le Paraguay, représentent également des marchés de niche prometteurs pour les produits vietnamiens.

Selon Ngô Manh Khôi, les entreprises doivent participer activement aux foires commerciales internationales, intensifier leurs études de marché et tirer parti du réseau des bureaux commerciaux du Vietnam dans la région afin d’identifier des partenaires adaptés.

VNA/CVN

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