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| Développement forestier dans la commune de Phan Son, province de Lâm Dông. |
| Photo : ND/CVN |
Outre son soutien à l'objectif vietnamien de neutralité carbone d'ici 2050, cette bourse offre aux entreprises un mécanisme de gestion proactive des émissions grâce à l'échange de quotas d'émission et de crédits carbone.
Nguyên Tuân Quang, directeur adjoint du Département du changement climatique relevant du ministère de l'Agriculture et de l'Environnement, a indiqué que l'infrastructure technique du marché repose sur trois composantes essentielles : système national d'enregistrement des quotas d'émission de gaz à effet de serre et des crédits carbone, système d'échange de carbone et système de conservation (registre) et de règlement des transactions sur le carbone.
Parallèlement au perfectionnement institutionnel, le gouvernement a approuvé un plafond pilote pour les quotas d'émission de gaz à effet de serre pour la période 2025-2026. Le ministère de l'Agriculture et de l'Environnement a également publié une décision relative à l'attribution, à titre expérimental, de quotas d'émission de gaz à effet de serre à 110 établissements.
Dans le cadre du mécanisme d'échange de quotas, les entreprises qui dépassent leurs quotas d'émission doivent acheter des quotas supplémentaires et les entreprises ayant réduit leurs émissions au-delà de leurs objectifs peuvent vendre leurs quotas excédentaires.
Ce mécanisme fait des émissions un coût économique tangible, incitant ainsi les entreprises à investir dans des technologies propres, à utiliser l'énergie de manière plus efficiente et à transformer leur modèle de production.
Les crédits carbone, quant à eux, sont créés selon un mécanisme différent. Ainsi, une entreprise dont les émissions dépassent le quota qui lui a été attribué devra acquérir des quotas supplémentaires ou utiliser des crédits carbone pour compenser son excédent d'émissions, conformément à la réglementation.
La transparence, clé de la confiance du marché
Dans un premier temps, le marché se concentrera sur les secteurs fortement émetteurs, tels que les centrales thermiques, la cimenterie et la sidérurgie.
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| Cérémonie de lancement officiel de la bourse nationale du carbone du Vietnam. |
| Photo : MAE/CVN |
À plus long terme, de nombreux experts proposent d'introduire progressivement des enchères de quotas d'émission afin de mieux refléter le coût réel du carbone, tout en générant des ressources pour soutenir la transition écologique.
D'après Trân Duc Phu, de l'Université du commerce extérieur (FTU) , le Vietnam compte actuellement environ 116 projets carbone à différents stades de développement, dont 40 sont déjà certifiés, avec une émission annuelle de crédits carbone estimée à environ 10,7 millions de crédits.
Les projets forestiers représentent la part la plus importante, aux côtés de projets d'énergie éolienne, de biogaz, de traitement des déchets et d'électrification des transports. La majorité des crédits carbone sont actuellement vendus à des acheteurs internationaux dans le cadre d'accords bilatéraux.
Le système de mesure, de notification et de vérification (MRV) reste largement tributaire des données et des orientations fournies par les autorités centrales. Les capacités techniques au niveau local doivent encore être renforcées par des formations et des moyens supplémentaires.
Le mécanisme de partage des bénéfices entre l'État, les propriétaires forestiers, les communautés et les autres parties prenantes doit encore être affiné. Ces limites sont susceptibles d'affecter directement la confiance des investisseurs.
Selon Phan Duy Hoa, de l'Université du Commerce extérieur, les crédits carbone ne sont pas encore reconnus au Vietnam comme une autorisation administrative ni comme un droit de propriété. Cette situation complique, pour les entreprises, la reconnaissance de leur droit de propriété sur ces crédits, leur transfert, leur inscription à l'actif de leur bilan ou encore leur utilisation comme garantie pour accéder à des financements verts.
Il est donc nécessaire de reconnaître les crédits carbone comme des actifs incorporels, afin d'établir une base juridique permettant aux entreprises de les utiliser dans leurs opérations financières.
Le développement du marché du carbone ne vise pas seulement à honorer les engagements climatiques, mais constitue également un impératif pour renforcer la compétitivité. Un marché transparent, doté d'un système d'enregistrement fiable et de données d'émissions vérifiées, permettra aux entreprises de réduire les risques liés à leur participation aux chaînes d'approvisionnement vertes.
VNA/CVN




