Le marché de restauration et de boissons amorce sa reprise

Le secteur vietnamien de la restauration et des boissons (F&B) a enregistré une croissance de son chiffre d’affaires de 6,6% au premier semestre 2026 ; toutefois, la forte augmentation du nombre d’établissements a entraîné une stagnation, voire un léger recul, du chiffre d’affaires moyen par point de vente, témoignant d’une concurrence accrue malgré les signes de reprise du marché.

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Le chiffre d’affaires du secteur a atteint environ 432.700 milliards de dôngs (16,7 milliards de dollars) au cours des six premiers mois de 2026, contre 406 100 milliards de dôngs un an plus tôt, selon un rapport publié le 9 septembre par iPOS.vn et Nestlé Professional.

Le nombre d'établissements de restauration a atteint près de 330.000 à la fin du deuxième trimestre.
Photo : MIC/CVN

Toutefois, le nombre d’établissements de restauration a atteint environ 329.200 à la fin du deuxième trimestre, contre quelque 299.900 un an plus tôt, soit une augmentation de près de 30.000 points de vente sur le marché.

Cela signifie qu’une part plus importante du chiffre d’affaires global du secteur se répartit entre un nombre d’entreprises nettement plus élevé ; par conséquent, de nombreux exploitants individuels ne constatent qu’une faible progression de leurs ventes, malgré la croissance affichée par le marché dans son ensemble.

Ce décalage met en évidence la pression qui pèse sur le secteur vietnamien de la restauration et des boissons après une année de consolidation intense, alors que de nouveaux établissements se disputent une même clientèle.

Nguyên Dô Anh Quân, directeur de marque chez iPOS.vn, a indiqué que le premier semestre de l’année constitue généralement une période de consolidation importante du marché.

"Après les fêtes du Nouvel An lunaire, les établissements disposant d’une trésorerie fragile ou d’une base opérationnelle instable sont souvent contraints de quitter le marché", a-t-il expliqué.

Le nombre total d’établissements n’a reculé que de 0,1% par rapport à la fin de l’année 2025, ce qui suggère un ralentissement des fermetures, tandis que les nouvelles ouvertures ont suffi à compenser la majeure partie des départs du marché, a-t-il précisé.

"On peut également y voir le signe d’une stabilisation progressive du marché, alors que les entreprises du secteur de la restauration et des boissons commencent à opérer de manière plus structurée, professionnelle et planifiée", a-t-il ajouté.

La croissance du chiffre d'affaires doit également être examinée au regard des facteurs saisonniers et des prix. Le Nouvel An lunaire 2025 a eu lieu le 29 janvier, répartissant ainsi la période de forte activité commerciale entre décembre 2024 et janvier 2025. En 2026, le Nouvel An lunaire est tombé le 17 février, soit près de trois semaines plus tard ; par conséquent, la majeure partie de la période de consommation de pointe s’est située au cours du premier semestre de l’année.

Les prix à la consommation ont augmenté de 4,4% en glissement annuel, en moyenne, au premier semestre 2026. Cela suggère qu’une partie de la hausse de 6,6% du chiffre d’affaires dans le secteur de l’alimentation et des boissons reflétait la hausse des prix et des facteurs macroéconomiques plus larges, plutôt qu’une augmentation correspondante de la demande réelle des consommateurs.

Les difficultés rencontrées par les entreprises du secteur sont mises en évidence par une enquête menée auprès de 481 professionnels (alimentation et boissons) répartis dans 15 provinces et villes.

Plus de quatre entreprises sur dix (environ 43%) ont vu leur chiffre d'affaires se contracter sur un un an. Si 27,5% des sondés accusent une baisse modérée (entre 5% et 20%) tout en restant à flot, 15,2% sont aujourd'hui en situation d'urgence après un effondrement de leur activité de plus de 20%. À l'inverse, un bon cinquième des entreprises (20,2%) affiche une croissance supérieure à 5%, tandis que plus d'un tiers (37,1%) fait état de revenus stables.

Les chiffres indiquent que les dépenses de consommation n’ont pas disparu du marché, mais qu’elles sont désormais réparties de manière plus sélective. Même des entreprises opérant dans le même secteur, confrontées à des structures de coûts et à des profils de clientèle similaires, peuvent afficher des résultats très contrastés.

Vu Thanh Hung, Pdg d’iPOS.vn, a déclaré au journal Dâu tu (Investissement) que les consommateurs continuaient de manger et de boire à l’extérieur - dépensant même davantage - mais qu’ils devenaient plus sélectifs et exigeaient des expériences justifiant le prix payé.

"Le volume global des dépenses n’a pas quitté le marché ; il a simplement changé de destination", a-t-il affirmé, estimant que cette réallocation des dépenses explique pourquoi des entreprises opérant dans des conditions similaires ont obtenu des résultats sensiblement différents au cours des six derniers mois.

Ce décalage est particulièrement marqué au sein du secteur. Si la proportion d’établissements signalant une baisse de chiffre d’affaires est comparable dans les deux segments, les entreprises de restauration ont enregistré une croissance plus soutenue. Environ 25,6% des établissements de restauration ont fait état d’une croissance supérieure à 5%, contre 15,8% pour les débits de boissons.

Les établissements de restauration peuvent s’appuyer sur la demande de repas, de dîners de groupe et d’offres combinées pour augmenter le montant moyen de l’addition. À l’inverse, les débits de boissons font face à une concurrence intense dès qu’il s’agit d’inciter le client à choisir un format plus grand, un supplément ou une boisson plus onéreuse.

La pression s’accentue également avec la multiplication des modèles grand public et low-cost. Quelque 88,5% des propriétaires interrogés ont signalé l’émergence de tels modèles à proximité de leur établissement, tandis que 58,2% ont déclaré en ressentir concrètement la pression.

Environ 35,4% des établissements ont maintenu leur stratégie commerciale actuelle, quitte à perdre une partie de leur clientèle, alors que 22,8% ont pris des mesures proactives telles que la baisse des prix, le lancement de promotions ou l’introduction de produits moins chers.

Cette tendance suggère que les modèles low-cost n’ont pas encore contraint l’ensemble du marché à une baisse généralisée des tarifs, mais qu’ils captent progressivement la clientèle des établissements qui tardent à s’adapter.

VNA/CVN

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