22/12/2021 09:22
Le gouverneur de la Banque centrale du Liban, Riad Salamé, a estimé mardi 21 décembre dans une interview à l'AFP que le Liban avait besoin de 12 à 15 milliards d'USD pour relancer son économie, qui s'effondre depuis plus de deux ans.
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Le gouverneur de la Banque centrale du Liban, Riad Salamé, lors d'un entretien avec l'AFP, le 20 décembre à Beyrouth.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le Liban traverse depuis 2019 une crise économique sans précédent, qualifiée par la Banque mondiale d'une des pires dans l'histoire du monde depuis 1850. Conséquence de cette dépression : le salaire minimum ne dépasse pas les 25 USD sur le marché noir, et quatre Libanais sur cinq sont considérés comme pauvres, selon l’ONU.

Selon M. Salamé, "la quote-part du Liban au Fonds Monétaire International (FMI) est de 4 milliards d'USD", mais d'autres pays ou des institutions financières pourraient contribuer à aider le Liban à atteindre la somme de "12 à 15 milliards d'USD" nécessaire pour "relancer son économie".

Le gouvernement libanais a repris en novembre les discussions avec le FMI, mais n'a pas encore entamé les réformes demandées par la communauté internationale pour venir en aide au Liban.

Lourdement endetté, le Liban a annoncé en mars 2020 le premier défaut de paiement de son histoire. Depuis, les réserves obligatoires en devises étrangères du Liban ont chuté à 12,5 milliards d'USD, une baisse de plus de 50% depuis le début de la crise économique en 2019.

"Les réserves obligatoires atteignent aujourd'hui environ 12,5 milliards d'USD" (environ 11,06 milliards d'euros), a déclaré mardi 21 décembre Riad Salamé, qui a précisé que cette institution était capable de maintenir le système de subventions pour "six à neuf mois" supplémentaires.

Après avoir entièrement levé les subventions sur les carburants, les autorités réduisent progressivement les subventions sur les médicaments et la farine, alors que la livre libanaise a perdu 90% de sa valeur sur le marché noir.

Fixée officiellement depuis 1997 au taux de 1.507 livres pour un dollar, la monnaie nationale a atteint un taux de change record d'environ 30.000 livres pour un dollar en décembre sur le marché noir.

Bien qu'il ait aidé le pays à maintenir une "bonne situation socio-économique pendant 27 ans, ce taux n'est plus réaliste", a jugé Riad Salamé.

Le Liban avait entamé en mai 2020 les premières négociations avec le FMI qui ont fini par dérailler deux mois plus tard. Ces discussions sont toujours au stade du diagnostic de la situation financière, a indiqué Salamé : "Le Liban n'a pas encore présenté de plan au FMI".
 
AFP/VNA/CVN
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