Photo prise lors de la soirée de célébration du 30e anniversaire de l’ASV, en décembre 2012 à Zurich. |
Photo : ASV/CVN |
À travers les années, des contacts précieux avec des partenaires vietnamiens se sont établis à différents niveaux. L’Association Suisse - Vietnam (ASV) est ainsi en mesure de fournir des informations non seulement à ses membres mais aussi aux étudiants et à d’autres personnes intéressées. Par ailleurs, l’ASV, dont le site web est à l’adresse www.vsv-asv.ch, organise régulièrement des voyages d’études au Vietnam.
L’ASV compte environ 150 membres, des Suisses et des Viêt kiêu (Vietnamiens d’outre-mer). Ils travaillent et se coordonnent dans les activités. Par exemple, notre amie vietnamienne Ngoc Dung Moser Nguyên, secrétaire générale de l’ASV, connaît la communauté vietnamienne, parle aux Vietnamiens dans leur langue. Les membres suisses peuvent s’adresser plus facilement au public, aux institutions, aux médias suisses pour demander des aides, a précisé Anjuska Weil, présidente de l’ASV.
Des activités concretes
L’association a pour mission d’intensifier les relations d’amitié entre Vietnamiens et Suisses à tous les niveaux de la société ; de promouvoir une image correcte de l’histoire, du développement de la société et des réalisations culturelles du Vietnam ; d’encourager l’aide matérielle en vue de surmonter les séquelles de la guerre et pour la reconstruction du Vietnam.
L’ASV a adopté un programme de microcrédits en faveur de personnes âgées de Huê (au Centre du Vietnam), commencé en 2005 suite à une initiative privée, et mène ce projet-pilote en étroite coopération avec le Centre de soutien aux personnes âgées et de développement de la communauté (Center for Ageing Support and Community Development - CASCD), relevant de la Croix-Rouge du Vietnam, et les autorités locales.
La présidente de l’ASV, Anjuska Weil, lit Le Courrier du Vietnam. |
Pourquoi ce projet pour les personnes âgées démunies ? «Ces dernières nécessitent bien sûr des soins médicaux mais aussi une base matérielle pour la vie quotidienne», a expliqué Mme Weil. «Parce que tout le monde se précipite pour aider les jeunes, mais il n’existe presque rien pour les personnes âgées», a-t-elle ajouté. Pour Mme Weil, il y a vraiment des personnes âgées qui ont besoin d’améliorer leur situation de vie, c’est la génération qui a subi les guerres. Souvent, elles ont perdu des membres de la famille, elles étaient dans une situation difficile non seulement pendant la guerre mais le sont encore actuellement. Jusqu’à présent, 700 personnes âgées en ont bénéficié.
Depuis l’an 2000, l’ASV donne une priorité à l’engagement en faveur des victimes de l’agent orange. «Nous avons monté des expositions sur ce thème dans plusieurs villes de Suisse, organisé des conférences et des activités culturelles pour soutenir les victimes», a confié Mme Weil.
Selon elle, son association connaît la question de l’agent orange/dioxine depuis les années 1980 grâce aux mouvements menés par les professeurs vietnamiens Nguyên Thi Ngoc Phuong, Lê Cao Dài, Vo Quy, et s’est efforcée de sensibiliser les Suisses à ce problème par le biais d’expositions, d’activités humanitaires et de sa page web. Elle veut soutenir les efforts de l’Association vietnamienne des victimes de l’agent orange/dioxine dans le contexte international. Dans les temps à venir, la lutte pour ces victimes restera un des volets importants de l’association, à côté du soutien aux personnes âgées et d’autres activités humanitaires.
«En une trentaine d’années d’activités, l’Association Suisse - Vietnam a contribué à resserrer l’amitié entre les peuples vietnamien et suisse, et aidé concrètement les victimes de l’agent orange/dioxine», a estimé l’ambassadeur vietnamien en Suisse, Nguyên Thê Phiêt.
Une femme attachée au Vietnam
Présidente de l’ASV depuis 1994, Anjuska Weil est très attachée aux activités pour resserrer les relations entre la Suisse et le Vietnam. Elle a été active dans le mouvement contre la guerre américaine au Vietnam dès 1966. Sa mère a œuvré dans l’organisation Terre des Hommes qui à l’époque accueillait des enfants blessés pour les traiter dans des hôpitaux suisses. «Un de ces enfants, un garçon orphelin de guerre, gravement brûlé par le napalm, qui a subi seize opérations, a été accueilli dans ma famille et est devenu mon petit frère vietnamien», a raconté Mme Weil.
Pour l’heure, malgré son grand âge, Anjuska Weil est toujours aussi engagée dans les activités de l’ASV. «Nous avons des partenaires compétents qui s’engagent dans les projets. Lors des visites au Vietnam, nous faisons des évaluations et nous discutons ouvertement des questions qui se posent. Je suis très contente de voir que les projets se développent bien».
Diêu An/CVN