L'appel de l'Agence mondiale antidopage plonge Thibus et l'escrime française dans le flou

Participera ? Ne participera pas ? L'horizon olympique d'Ysaora Thibus s'est assombri lundi 22 juillet avec la notification de l'appel de l'Agence mondiale antidopage opposée à la non-suspension de l'escrimeuse, attendue seulement six jours plus tard sous la verrière du Grand Palais pour son entrée dans les JO.

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L'escrimeuse française Ysaora Thibus, lors des Mondiaux à Milan.
Photo d’archives : AFP/VNA/CVN

Les avocats de la fleurettiste ont confirmé lundi 22 juillet l'appel de l'AMA, annoncé par le journal L'Équipe. "L'AMA n'a pas demandé la suspension provisoire dans la notification d'appel reçu aujourd'hui", précise son conseil Maître Thierry Chiron.

La fleurettiste peut donc participer au tournoi de fleuret féminin dimanche ainsi qu'à l'épreuve par équipes le jeudi suivant mais elle risque l'annulation d'une éventuelle médaille en cas de sanction en appel, selon plusieurs sources proches de l'antidopage.

Cet énième épisode d'une saison 2024 dramatique sera-t-il celui de trop pour la tireuse Guadeloupéenne de 32 ans ? Sa sélection était restée incertaine jusqu'au bout après sa blessure au genou gauche lors de sa compétition de reprise mi-juin lors des Championnats d'Europe à Bâle.

La championne du monde 2022 en individuel avait abandonné dès son deuxième assaut de la phase de poules, foudroyée par une "lésion ligamentaire", avait détaillé la Fédération française d'escrime plus tard dans la journée.

Reste à savoir si celle-ci s'aventurera à aligner Ysaora Thibus. Il lui faut arbitrer entre le risque de perdre une éventuelle médaille en cas de sanction en appel devant le Tribunal arbitral du sports (TAS) et les chances d'en décrocher une sans sa fleurettiste No1.

Cet appel de l'AMA est l'ultime rebondissement d'une année 2024 aux airs de séjour au pandémonium pour la vice-championne olympique par équipes de Tokyo.

L'éclaircie aura été brève pour la tireuse des Abymes, du nom de sa ville d'origine en Guadeloupe. Moins d'un mois s'était écoulé entre sa blessure en Suisse et la décision du tribunal antidopage indépendant de la Fédération internationale d'escrime (FIE) de l'innocenter après son contrôle anormal à un agent anabolisant, l'ostarine, détecté lors le 14 janvier lors de l'étape de Coupe du monde à Paris.

A renfort d'études, Thibus avait plaidé la contamination par fluides corporels avec son compagnon Race Imboden. L'ex-escrimeur américain avait "admis prendre en secret du MK2866 (autre nom de l'ostarine, NDLR) pour développer ses muscles qui n'étaient plus stimulés depuis un an et sa retraite", précisait dans une étude le professeur Jean-Claude Alvarez, toxicologue membre de l'équipe de défense de l'escrimeuse de 32 ans.

Outre l'emblématique cas du joueur de tennis Richard Gasquet et son baiser à la cocaïne, d'autres sportifs ont obtenu plus récemment la levée de leur suspension en plaidant la contamination par un tiers: la vice-championne olympique de canoë en ligne canadienne Laurence Vincent-Lapointe ou la joueuse américaine de softball Madilyn Nickles en 2020 . Leurs échantillons avaient fait apparaître du ligandrol, un agent anabolisant de la famille des SARM, comme l'ostarine.

"Je me suis battue pour cette chance de faire les Jeux à la maison", expliquait l'escrimeuse lors de sa dernière prise de parole en date, un sujet diffusé samedi 20 juillet dans le journal de 13h de France 2 et tourné le 12 juillet.

"Je me suis rendu compte que je savais faire beaucoup de choses mais pas abandonner", assurait-elle. "J'ai hâte de voir cette Ysaroa qui a traversé tout ça mais qui n'a pas donné son dernier mot." Ce n'est peut-être pas elle qui l'aura.

AFP/VNA/CVN


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