16/03/2019 07:00
Quarante ans se sont écoulés depuis la guerre de défense de la frontière Nord en 1979. Muong Khuong (province de Lào Cai, Nord), où se déroulèrent les combats les plus acharnés, a un nouveau visage.
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Le district de Muong Khuong, province de Lào Cai (Nord), vu d’en haut.
Photo: BM/VNA/CVN

Le printemps de l’année de la Chèvre 1979 reste un souvenir ancré à jamais dans la mémoire des habitants du district de Muong Khuong et des soldats qui participèrent à la lutte pour défendre la frontière Nord.

Ces jours-là, il y a exactement 40 ans, Muong Khuong était une région où la guerre faisait rage. L’histoire retient les noms des héros morts pour la Patrie, aux postes des gardes-frontières 133, 136 ou de Nâm Chay. Pour rendre hommage à leurs sacrifices, le minimum est de mettre toute son énergie pour rendre cette région frontalière plus puissante et plus dynamique.

Issu de l’ethnie H’mông, l’ancien président du Comité populaire du district de Muong Khuong, Hoàng Chung, qui a bien connu les vicissitudes de cette région, témoigne: "la guerre a détruit la plupart des établissements industriels, des plantations, des hôpitaux, des écoles, des entrepôts et des ouvrages hydrauliques".

Au total, 21 des 24 communes de Muong Khuong ont été envahies par l’armée chinoise dont les villages de Lô Su Thành, Ta Chu Phùng, qui ont été entièrement détruits. Quarante ans après la fin de la guerre pour l’indépendance de la frontière Nord, Muong Khuong a fait peau neuve. "Après la victoire, chaque habitant de Muong Khuong a continué de lutter contre la pauvreté. À ce moment-là, moi et mes camarades avons cherché par tous les moyens à sensibiliser les habitants à participer à l’œuvre d’édification de la localité et à assurer la stabilité de la vie quotidienne", explique M. Chung.

Progrès et patriotisme

Récolte d’ananas dans le village de Ban Lâu, district de Muong Khuong, province de Lào Cai (Nord).
Photo: BM/VNA/CVN

Ne cachant pas sa joie face au changement de son village natal, Thào Sâu, un patriarche de la commune de Ban Lâu, district de Muong Khuong, raconte qu’"après la fin de la guerre, grâce aux investissements et préoccupations du Parti, de l’État, les autorités locales ont fait des efforts pour développer Ban Lâu. Ses routes vicinales ont été bétonnées. Les habitants ont eu accès au réseau d’électricité. Les enfants sont allés à l’école. Notament, les paysans ont pu appliquer les avancées technoscientifiques dans l’agriculture".

Aujourd’hui, Ban Lâu est considérée comme le "grenier" de bananes et d’ananas de la province de Lào Cai. Elle compte actuellement 700 ha d’ananasiers, près de 800 ha de bananiers permettant aux habitants d’ethnies minoritaires locaux de gagner des centaines de millions de dôngs chaque année. C’est pourquoi, les conditions de vie des habitants se sont améliorées de jour en jour. En 2018, son taux de pauvreté était de 0,65% contre 11,5% en 2015.  
 
Né dans la période de Renouveau, le chef de poste des gardes-frontières de Pha Long,  le commandant Pham Minh Xuân affirme qu’"on ne doit pas oublier l’histoire formée par les grands sacrifices des générations précédentes". Pour suivre leur exemple, les soldats du poste de Pha Luông sont toujours résolus à protéger la paix de cette région frontalière. En outre, ils sont toujours aux côtés des habitants locaux pour le développement socio-économique, avec la devise: "Manger ensemble, cohabiter, travailler ensemble et parler ensemble la langue autochtone".

Les soldats du poste de Pha Long, en coopération avec les autorités locales et les patriarches des villages, ont organisé des activités de sensibilisation afin d’améliorer les connaissances des habitants sur les lois. C’est pourquoi, depuis  2014, de nombreuses coutumes arriérées ont été supprimées. Les habitants participent activement à la production et au développement de l’économie familiale.

"Le district de Muong Khuong envisage de renforcer la sensibilisation des habitants sur la nécessité de la structuration économique en mettant l’accent sur les plantes à haute valeur ajoutée. Il va demander à ses communes de mener à bien les politiques sur les ethnies minoritaires, la religion ou pour les nécessiteux...", insiste le président du Comité populaire du district de Muong Khuong, Phan Quôc Nghia.
 
Huong Linh/CVN


La défense de la frontière Nord en 1979

Début 1979, l’Armée populaire du Vietnam a renversé le régime meurtrier de Pol Pot, aidant le peuple cambodgien à sortir du génocide. Le gouvernement chinois et des pays occidentaux se sont efforcés de dénaturer la présence des soldats volontaires vietnamiens au Cambodge, tout en faisant pression pour détruire le prestige du Vietnam sur la scène internationale. Leur but était de bouleverser la révolution vietnamienne et de développer leurs intérêts sur la péninsule indochinoise. Après de vaines pressions politiques et diplomatiques, le 17 février 1979, les autorités chinoises ont mobilisé environ 600.000 soldats, des centaines de chars et véhicules blindés, des milliers de canons de toutes sortes…, pour déclencher une guerre d’invasion du territoire vietnamien, sur toute la frontière septentrionale depuis Phong Thô (province de Lai Châu) à Mong Cai (province de Quang Ninh). Faisant valoir leur droit d’autodéfense légitime, les soldats et le peuple vietnamien entrèrent dans un combat courageux et féroce pour protéger l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriales de la Patrie. En raison des grandes pertes, de l’échec de l’attaque, ainsi que des condamnations de l’opinion internationale, Pékin retira ses troupes le 18 mars 1979.
 
VNA/CVN





 
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