La médecine préventive gagne du terrain

En une soixantaine d’années, le secteur de la médecine préventive au Vietnam a abouti à des résultats remarquables. Toutefois, il fait face à de nombreux défis.

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Le programme national de vaccination élargi prévient de nombreuses maladies contagieuses chez les enfants.
Photo : Nguyên Lành/VNA/CVN

La médecine préventive est la branche consistant à donner des conseils d’hygiène au sens large (propreté, diététique, encouragement à un sport ou une activité physique, ergonomie, prévention des conduites à risque…), ainsi qu’en matière de dépistage des maladies. Elle fait également beaucoup appel aux médias pour des campagnes de sensibilisation, d’information et de conseils.

Des acquis impressionnants

Cette branche spécialisée enregistre d’excellents résultats avec pour effet de limiter le nombre de patients hospitalisés. Il est grand temps de la développer davantage afin de former un réseau efficace dans le pays et ainsi alléger les hôpitaux. Ces dernières années, de nombreuses épidémies dangereuses ont été contrôlées et éradiquées au Vietnam. Le nombre de cas de contamination et de décès dus à des maladies transmissibles a été considérablement réduit, notamment concernant les nouvelles épidémies dont le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et la grippe aviaire A/H5N1. Le 28 avril 2003, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a officiellement reconnu le Vietnam comme le premier pays à avoir maîtrisé l’épidémie de SRAS.

Le programme national de vaccination élargi est mis en œuvre dans 100% des communes du pays. Il prévient de nombreuses maladies contagieuses telles que tuberculose, poliomyélite, diphtérie, coqueluche, tétanos, rougeole, choléra, hépatite B et encéphalite japonaise. Le Vietnam est parvenu à éradiquer la variole en 1978 et la poliomyélite en 2000.

En mettant l’accent sur les recherches et le transfert de biotechnologies, le pays produit 10 des 11 vaccins du programme national de vaccination élargi, permettant aux enfants de bénéficier de vaccins gratuits contre plusieurs maladies dangereuses. Par ailleurs, le Vietnam a freiné le taux de contamination par le VIH/sida, estimé actuellement à 0,28% de sa population. Un chiffre qui reste inférieur à la barre des 0,3% fixée par la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre cette maladie.

La quarantaine sanitaire aux portes-frontières a été bien mise en œuvre pour surveiller les passagers à la sortie et à l’entrée du pays, enrayer les épidémies dangereuses et assurer la sécurité médicale. La médecine scolaire s’est progressivement développée. Certains programmes de santé ont été introduits dans les écoles. L’objectif initial est de protéger efficacement la santé des élèves. La sécurité sanitaire des aliments a opéré un changement positif dans la sensibilisation et l’amélioration de la responsabilité des organisations sociales et de la population.

La prévention des maladies non transmissibles comme diabète, cancer, maladies cardiaques et dépression a été activement déployée. Le taux d’insuffisance pondérale des enfants de moins de 5 ans a été ramené de 17,5% en 2010 à 13% en 2018, alors que celui de la malnutrition chronique a chuté de 29,3% à 23,3%.

Réagir à temps aux épidémies

Contrôle de température des passagers à la porte-frontière internationale de Lao Bao, province de Quang Tri (Centre).
Photo : Thanh Thuy/VNA/CVN 

Les soins de santé des travailleurs et la prévention des maladies professionnelles sont devenus parmi les missions majeures du réseau de la médecine préventive. "Jusqu’à maintenant, la médecine préventive a développé un réseau synchrone avec des infrastructures et ressources humaines de qualité. Elle a la capacité de répondre aux épidémies dangereuses et émergentes. Ses acquis ont été hautement appréciés par le Parti, l’État et la communauté internationale", a souligné l’ancienne ministre de la Santé, Nguyên Thi Kim Tiên.

Cependant, outre les réalisations obtenues, la médecine préventive est également confrontée à de nombreux difficultés et défis face à l’impact de la mondialisation, du vieillissement de la population, de la pollution atmosphérique et du changement climatique.

Face au coronavirus qui se propage rapidement en Chine, le gouvernement vietnamien s’est engagé à le contrôler efficacement. Les informations sur la situation épidémique sont mises à jour quotidiennement sur les médias officiels du ministère de la Santé. Les organes de communication jouent aussi un rôle important dans la fourniture d’informations ainsi que de recommandations pour minimiser le risque d’infection.

Le site Asia Times a récemment publié un article sur la réactivité du gouvernement vietnamien face aux évolutions de l’épidémie de coronavirus. Selon cet article, la comparaison faite par le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc selon laquelle la prévention du nouveau coronavirus est similaire à "une lutte contre les ennemis" montre à quel point il est important de conjuguer les efforts du gouvernement et de la population.

Le gouvernement a réagi à temps, indique l’article qui ajoute que les services compétents et les autorités locales coordonnent leurs actions dans ce combat. Le pays a suspendu la délivrance de visa touristique aux personnes en provenance des zones épidémiques en Chine. Une décision qui aura des impacts sur le tourisme et l’économie du Vietnam. Toutefois, le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc a affirmé que le gouvernement ne cesserait d’accorder sa priorité à la santé de la population au détriment des pertes économiques éventuelles.


Mai Huong/CVN

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