La Bourse de Paris conclut dans le rouge après le chômage américain

La Bourse de Paris a clôturé en baisse (-0,63%) vendredi 5 août après l'annonce de chiffres de l'emploi aux États-Unis meilleurs que prévu, qui ont ravivé les craintes des investisseurs concernant la politique monétaire de la Fed.

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La salle de contrôle d'Euronext, société qui gère la Bourse de Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'indice vedette CAC 40 a perdu 41,04 points, terminant la semaine à 6.472,35 points, un niveau en hausse par rapport au début de la semaine.

Paris était la seule place européenne dans le rouge depuis le début de la séance, lestée notamment par le luxe pénalisé par les tensions géopolitiques entre la Chine et les États-Unis et des indicateurs économiques chinois décevants cette semaine.

Le marché de l'emploi a fortement progressé en juillet aux États-Unis, reflétant un dynamisme inattendu de l'économie qui risque, aux yeux des marchés, de conforter la banque centrale américaine (Fed) dans sa politique de hausse de ses taux directeurs pour lutter contre l'inflation.

"Les marchés étaient bercés par l'idée que la Fed allaient assouplir sa politique de hausse de ses taux directeurs", rappelle Alexandre Baradez, analyste d'IG France.

"Ce rapport éloigne les craintes de récession mais remet les craintes d'un durcissement monétaire" au premier plan, dit-il.

Le marché obligataire a réagi vivement à ces annonces. Les rendements à deux ans des dettes d'État ont particulièrement augmenté et celui de la France a terminé à 0,36%, contre 0,28% à la clôture de la veille.

En France, le nombre d'emplois salariés dans le secteur privé a poursuivi son augmentation au deuxième trimestre 2022, en dépit de la crise en Ukraine et de la flambée des coûts de l'énergie.

Selon l'estimation provisoire de l'Insee publiée vendredi 5 août, le secteur privé a enregistré 102.500 créations nettes d'emplois entre fin mars et fin juin 2022. Cette augmentation de 0,5% est supérieure à celle du premier trimestre 2022 (+0,3%, soit 69.500 emplois en plus).

Le déficit commercial français sur les biens s'est encore nettement dégradé en juin et au premier semestre à cause notamment de la facture d'énergie.

Le bilan semestriel culmine à 71 milliards d'euros de déficit après une dégradation de 13,3 milliards d'euros en juin, ont annoncé vendredi 5 août les douanes françaises, deux records historiques.

La "tech" souffre de la hausse des taux

Les valeurs de la "tech", particulièrement sensibles aux évolutions des taux d'intérêt, ont fortement baissé. Teleperformance, spécialiste du service client externalisé, a subi la plus forte baisse du CAC 40, en perdant 6,25% à 308,90 euros l'action. Le géant de l'informatique Capgemini a lâché 1,21% à 188,35 euros et Worldline (société experte en paiements en ligne) 1,26% (42,46 euros).

La pub en bas de l'affiche

Dans le sillage de son grand concurrent britannique WPP qui a perdu 6,63% après avoir annoncé un bénéfice net en petite hausse mais des marges en baisse au premier semestre, le mastodonte publicitaire Publicis a reculé de 3,84% à 49,12 euros l'action, suivi de JCDecaux (-2,10% à 15,37 euros).

Le luxe égratigné par la Chine

Le luxe français, poids-lourd au sein du CAC 40, a pâti du contexte macroéconomique en Chine, pays qui représente une part importante de son marché.

Hermès a perdu 2,53% à 1.348 euros l'action, Kering 2,30% à 543,60 euros, L'Oréal 2,24% à 358,15 euros et le géant LVMH 1,56% à 682,20 euros l'action.


AFP/VNA/CVN

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