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Selon Pham Binh An, directeur adjoint de l’Institut de recherche pour le développement de Hô Chi Minh-Ville, la taille de l’économie locale constitue à la fois un important levier de croissance et une source de pression croissante en matière environnementale. À l’heure actuelle, l’industrie de la ville émet entre 18 et 20 millions de tonnes de CO₂ par an, tandis que les secteurs des transports et de la logistique génèrent entre 3 et 4 millions de tonnes supplémentaires.
Les infrastructures urbaines produisent également près de 3 millions de tonnes de déchets de construction chaque année, alors que le commerce et les services rejettent quotidiennement entre 800 et 1.000 tonnes de déchets plastiques. L’agriculture, quant à elle, émet entre 500.000 et 600.000 tonnes de méthane par an.
Pour mener à bien sa transition verte, Hô Chi Minh-Ville estime avoir besoin d’environ un million de milliards de dôngs d’investissements destinés à transformer l’ensemble de ses secteurs clés, de l’industrie aux transports, en passant par les infrastructures urbaines et les énergies renouvelables.
Le décret n°112/2026/NĐ-CP, entré en vigueur le 19 mai 2026, fournit désormais un cadre juridique supplémentaire permettant à la ville de promouvoir la finance verte, les mécanismes d’échange de crédits carbone ainsi que les modèles économiques à faibles émissions.
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| Le riz à faibles émissions "Gao Viêt Xanh" (Riz Vert du Vietnam) présenté lors du salon HCMC Foodex 2026, le 15 avril 2026, au Centre des foires et expositions de Saïgon (SECC). |
Des investissements déjà visibles
Sur le terrain, la transition verte commence déjà à se concrétiser à travers plusieurs projets d’investissement. Selon Pham Binh An, de nombreuses entreprises ont installé des systèmes d’énergie solaire sur les toitures de grandes zones industrielles telles que VSIP ou Hiêp Phuoc, contribuant ainsi à réduire la pression sur le réseau électrique et à limiter les émissions de carbone.
Dans le secteur des bâtiments durables, Vu Quang Linh, directeur exécutif de la société Ardor Green, a indiqué que plusieurs promoteurs privés, notamment Keppel Land, CapitaLand et Becamex Tokyu, ont développé des projets certifiés LEED ou LOTUS, intégrant des matériaux écologiques et des solutions d’optimisation énergétique.
Cependant, malgré ces avancées, de nombreux obstacles persistent. Selon Dinh Hông Ky, président de l’Association des entreprises vertes de Hô Chi Minh-Ville, une grande partie des entreprises manque encore de capitaux, de technologies, de main-d’œuvre qualifiée et surtout de données fiables sur leurs émissions.
Il estime qu’environ 90% des entreprises ne sont pas encore suffisamment préparées au processus de transition verte, alors même qu’il s’agit désormais d’une condition indispensable pour accéder au marché du carbone, démontrer leurs efforts de réduction des émissions et répondre aux exigences de transparence des partenaires internationaux.
Renforcer les mécanismes de soutien
Du point de vue des politiques publiques, Pham Binh An considère que l’État doit jouer un rôle de facilitateur à travers des mécanismes adaptés, tandis que le secteur privé doit devenir le principal moteur de la transformation écologique grâce aux investissements, à l’innovation et à sa capacité d’adaptation.
Selon lui, les politiques de soutien doivent désormais dépasser le simple cadre des déclarations d’intention pour proposer des mesures concrètes centrées sur les financements, les technologies, les données environnementales et la formation de ressources humaines vertes.
La ville devra notamment favoriser le développement des crédits verts, des obligations vertes et des fonds d’investissement spécialisés dans la croissance durable. Elle prévoit également d’accorder des avantages fiscaux, des réductions de redevances et des incitations foncières aux projets liés aux hautes technologies, aux énergies propres et à la production durable.
Les experts recommandent par ailleurs de simplifier davantage les procédures administratives liées au foncier, à la construction et à l’environnement, tout en mettant en place des mécanismes expérimentaux destinés aux modèles d’économie circulaire et aux nouvelles technologies vertes.
Texte et photo : Truong Giang/CVN



