24/05/2021 15:51
"Ô temps suspends ton vol" : l'Américain Phil Mickelson a réalisé un exploit historique, en devenant à 50 ans le plus vieux lauréat d'un tournoi du Grand Chelem, après sa victoire au Championnat PGA, dimanche 23 mai à Kiawah Island (Caroline du Sud).
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L'Américain Phil Mickelson après sa victroire au Championnat PGA, à Kiawah Island (Caroline du Sud), le 23 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le sacre Majeur est le sixième de sa carrière. Lauréat une première fois de cette épreuve en 2005, du Masters d'Augusta (2004, 2006 et 2010), ainsi que du British Open (2013), il a fini à -6 et su conserver deux coups d'avance sur son compatriote Brooks Koepka, qui a fini par craquer après avoir débuté la journée en tête, et sur le Sud-Africain Louis Oosthuizen.

"C'est juste un sentiment incroyable", a avoué Mickelson en recevant son trophée. "Je ne pense pas avoir déjà vécu une telle expérience, alors merci pour ça, c'est un peu déconcertant mais surtout génial".

Le moment était assez unique en effet. Il n'y avait qu'à voir la foule se presser autour de lui, en hurlant des "Lefty ! Lefty !", son surnom parce qu'il est gaucher, à son arrivée sur le green du N°18, des agents de sécurité peinant à l'escorter. "Un environnement incroyable", selon ses mots.

Déjà considéré comme un vétéran sur le circuit, Mickelson efface des tablettes l'Américain Julius Boros, qui s'était adjugé l'USPGA à 48 ans, en 1968. Le tout en dansant, mieux que la concurrence, avec le vent parfois violent qui n'a cessé de balayer le si versatile Ocean Course, parcours le plus long de l'histoire (7.876 yards, 7.201 m) pour un tournoi du Grand Chelem !

Chip et hurlements 

Preuve que ce grand gaillard (1,91m, 91 kg) n'a jamais faibli physiquement sous sa casquette et ses lunettes de soleil réfléchissantes, malgré la chaleur, l'humidité et la distance à tenir, sous le regard des alligators maîtres des lieux dans les marécages jouxtant les greens.

En "vieux crocodile" qu'il est, justement, Mickelson a su conserver son calme quand il a commis ses trois bogeys en première partie de parcours, aussitôt effacés par trois birdies, dont un merveilleux chip parti du bunker sur le N°5 et accompagné par des hurlements de joie d'un public qu'on n'avait pas entendu si forts depuis le putt gagnant de Tiger Woods au Masters 2019.

Les fans de la petite balle blanche, sevrés d'émotions fortes loin des greens en un an et demi de pandémie de COVID-19, ont alors bien saisi l'instant historique dont ils étaient témoins, et ont porté "Old Phil" dans le dernier neuf, débuté par un 4e birdie. Ce qui ne l'a pas empêché de flancher avec trois autres bogeys concédés.

Sans dommage toutefois, car dans le même temps ni Koepka ni Oostuizhen n'en ont profité, commettant chacun un double bogey qui a éteint leurs espoirs.

"Source d'inspiration" pour Woods 

Mickelson, qui avait récemment confié que sa plus grande difficulté, avec le temps qui défile, était de rester constant et concentré sur quatre jours complets, avouant avoir notamment recours à la méditation pour l'aider, a réussi à se surpasser sur ce plan. Certainement surmotivé par l'exploit à portée de club, à un âge où on n'ose guère y penser en se rasant le matin.

"Je pensais que c'était possible, mais tout le monde disait que ça ne l'était pas. J'espère que d'autres s'en inspireront. Il faudra peut-être travailler beaucoup mais, mon Dieu, ça en vaut la peine", a-t-il dit

Tiger Woods, homme d'improbables come-backs, revenu de quasiment tout, d'opérations délicates au dos, d'épisodes dépressifs, actuellement convalescent d'un grave accident de voiture qui lui a brisé la jambe droite, n'est d'ailleurs pas resté insensible en voyant l'exploit réalisé par celui qui est resté dans son ombre pour le titre de plus grand golfeur de ces 25 dernières années.

"C'est une véritable source d'inspiration de voir Phil Mickelson le faire à nouveau à 50 ans. Félicitations !!!!!!!", a-t-il tweeté.

Seize ans séparent ce sacre du précédent à l'USPGA, remporté par l'ancien N°2 mondial redescendu à la 115e la semaine passée, soit l'écart le plus long entre deux victoires dans un même Majeur.

Que manque-t-il, désormais, à ce magicien du swing, entré dans l'histoire à sa façon, par la porte de la longévité ? L'US Open, seul titre du Grand Chelem manquant à son palmarès et dont il a fini 2e à six reprises.

Ça tombe bien : l'édition 2021 a lieu le mois prochain à Torrey Pines, dans sa ville natale de San Diego.

AFP/VNA/CVN
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