01/12/2020 11:15
Retardée par la crise sanitaire, la campagne à la présidence de la Fédération française de football, avec son verdict attendu en mars 2021, tarde à démarrer pour les candidats potentiels, Noël Le Graët en tête, qui s'observent par stratégie et par contrainte.
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Le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, lors du match amical féminin entre l'équipe de France et le Chili, le 15 septembre 2017 à Caen.
Photo : AFP/VNA/CVN

En poste depuis 2011, le dirigeant de bientôt 79 ans repartira-t-il pour un nouveau mandat de quatre ans ? Il devait annoncer sa décision à l'Assemblée fédérale envisagée le 12 décembre, mais la grand-messe annuelle a été décalée de trois mois, à la veille de l'élection du 13 mars.

"On a tous pris du recul, avec le COVID, puisque les trois quarts des ligues et des districts n'ont pas encore fait leur élection. Ç'aurait été un peu impoli de déclarer des candidatures avant", explique Le Graët, alors que tout le cycle électoral a été décalée en avril à cause de la pandémie.

Et le dirigeant breton de prolonger sa pensée auprès de l'AFP : "Vous ne pouvez pas dire : +je suis candidat+ à des gens qui ne seront même pas peut-être votants".

La volonté de repartir pour un tour transparaît toutefois assez nettement dans les propos du chef d'entreprise implanté à Guingamp, guéri d'une leucémie lymphoïde et qui pourrait passer la main au cours du prochain mandat, s'il devait être réélu.

Le mince suspense devrait être levé mi-janvier par le "Prèz", comme il est surnommé au siège d'une Fédération à la santé financière solide (notamment grâce au contrat record avec l'équipementier Nike) malgré le COVID-19, et aux résultats sportifs indéniables: ses trois équipes de France, masculine, féminine et Espoirs, sont toutes qualifiées pour le prochain Euro de leur catégorie respective.

Fernandez et les "anciens" 

Les vives tensions chez les Bleues entre la sélectionneuse Corinne Diacre et sa capitaine Amandine Henry sont un épiphénomène dans ce cadre-là, tout comme les querelles entre certains chefs de la FFF et la directrice générale.

"Les gens dans le foot amateur qui votent pour lui ont reçu énormément d'argent grâce au bon travail de la Fédération et du football français. Ils jugeront ça, pas le fait que Florence Hardouin soit aimée par tel ou tel directeur", décrypte un habitué du boulevard de Grenelle.

Sur la ligne de départ, plusieurs candidats potentiels fourbissent leurs armes, sans officialiser leur intérêt pour le poste présidentiel. C'est le cas de Michel Moulin, entrepreneur passé par les directions sportives du Red Star et du Mans entre autres. Le nom de Frédéric Thiriez, l'ex-patron de la Ligue de football professionnel (LFP), est également évoqué.

Le siège de la FFF à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

Seul Luis Fernandez a pour l'heure assumé la constitution d'une liste avec des anciens internationaux, sans dire quel visage pourrait la représenter.

"Pour l'instant, on n'a pas désigné de candidat, on ne veut pas se précipiter, on les laisse partir" dans la course à l'élection, dit le vainqueur de l'Euro-1984 à propos des autres présidentiables, évoquant "une situation de regards et d'échanges" entre tous.

Lui ne sera pas tête de liste quoi qu'il arrive : "Entrer dans les hautes sphères, ce monde administratif, les budgets... Ce n'est pas pour les +footeux+, ça". L'ancien entraîneur du Paris SG et de l'Athletic Bilbao se voit plus comme un "homme de terrain" et un "rassembleur", portant haut les valeurs et la défense du foot amateur.

Politique, rouages et finances 

Un proche de Le Graët, participant actif de la précédente campagne, estime que l'attentisme de Fernandez et des autres prétendants n'est pourtant "pas la bonne méthode".

"Quand vous êtes le président sortant, vous avez la connaissance et les réseaux du milieu amateur", pas quand vous êtes un "nouvel entrant", décrypte-t-il. "Si j'étais dans une stratégie d'opposition, je commencerais à flinguer maintenant pour essayer de voir s'il est possible d'enfoncer des coins".

Bâtir une liste est "un travail d'orfèvre", enchaîne-t-il, car "vous devez représenter les différents équilibres territoriaux, les différentes sensibilités".

Hardouin prolonge le portrait robot. "C'est quelqu'un qui doit connaître la politique, tous les rouages du foot aux niveaux amateur et professionnel, savoir parler à un président de ligue et de district, à un sélectionneur, aux joueurs et aux salariés", en plus de gérer "des budgets de 270-300 millions", a-t-elle expliqué la semaine dernière.

Les candidats doivent par ailleurs disposer d'un bas de laine conséquent : la fonction de président de la "3F" est bénévole.

AFP/VNA/CVN

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