Escrime : Cannone, l'homme de Tokyo s'accroche en haut

Champion olympique imprévu, Romain Cannone est devenu un an après l'un des favoris au titre mondial au Caire mardi. Plutôt qu'un aboutissement, la médaille d'or de Tokyo a été un déclic chez l'escrimeur déterminé à montrer qu'il est plus que l'homme d'un jour.

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L'épéiste français Romain Cannone lors des JO de Tokyo, le 25 juillet 2021.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le 25 juillet 2021, date où il est devenu le premier médaillé d'or français aux JO de Tokyo, a marqué le premier jour du reste de la vie de Romain Cannone, né champion sous le toit du Makuhari Messe au Japon.

Lui qui n'avait jamais touché de l'épée un podium de Coupe du monde, en a collectionné trois depuis ce jour de juillet, dont une victoire à Heidenheim, en Allemagne, en mai.

"J'ai digéré mon changement de statut, livre l'épéiste de 25 ans. Je n'entre pas en compétition en me disant que je suis champion olympique et que du coup je mérite de gagner. Tout le monde peut battre tout le monde, surtout à l'épée. Il faut le garder à l'esprit."

Sous un air détaché, "Pano" -son surnom en référence à Peter Pan-, n'a jamais débranché depuis Tokyo. "Il ne fait jamais les choses à moitié lui", le décrit son entraîneur national de l'épée masculine Hugues Obry. Y compris hors des tournois: "Il a une mentalité d'Américain (Cannone a commencé l'escrime aux Etats-Unis, NDLR). Même pendant l'entraînement, il se branche, il doit gagner."

Comme un besoin de prouver, Romain Cannone avait déjà repris l'entraînement "comme tout le monde" deux semaines après son retour en France pour ne pas se "placer au-dessus des autres", expliquait-il en avril.

"Il voulait à tout prix bien recommencer dès la première compétition (en novembre, à Berne), complète Hugues Obry. Il y avait un enjeu, celui de montrer qu'il était capable en tant que champion olympique de réussir."

"Il n'arrête jamais"

L'épéiste français Romain Cannone, sacré champion olympique aux JO de Tokyo, le 25 juillet 2021.
Photo : AFP/VNA/CVN

Quelle meilleure démonstration que son rang actuel au sommet du classement de la Fédération internationale d'escrime (FIE) ? "Numéro un mondial, c'est sur une saison. Ça montre une stabilité, apprécie l'intéressé. Ça, j'en suis très fier. Ça veut dire qu'il y a un équilibre."

Celui-ci étonne jusqu'à son entraîneur. "Au Grand Prix du Caire, il perd en 32e de finale. Je pensais vraiment qu'on allait le perdre à ce moment-là, se rappelle Hugues Obry. Qu'il allait avoir un coup de moins bien avec trois ou quatre semaines pour s'en remettre. Mais il a rebondi directement à Heidenheim. Avec mon collègue (Gauthier Grumier), on s'est dit +Mais il n'arrête jamais+. Il est surprenant."

Son premier faux pas est intervenu aux Championnats d'Europe à Antalya le mois dernier où il est tombé dès le premier tour. Son pire résultat depuis le jour de sa révélation à Tokyo. Mais comme il l'a prouvé avec son succès en Coupe du monde, Cannone maîtrise l'art du rebond.

Surtout, "il se nourrit de la victoire des autres tireurs dans l'équipe", estime Hugues Obry.

"Au Caire, quand il est moins bon, les gars font premier (Yannick Borel), deuxième (Nelson Lopez Pourtier) et troisième (Alex Fava)", souligne le champion olympique par équipes 2004.

"Romain s'est dit +merde, j'en suis pas+ et il s'est remobilisé, il a gagné à Heidenheim, ce qui est un vrai accomplissement dans sa carrière."

Comme un signe, Yannick Borel s'est imposé à Antalya, comme au Grand Prix du Caire. De quoi apporter de la poudre à Cannone pour les Mondiaux.

AFP/VNA/CVN

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