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Donald Trump a signé le 26 octobre le document qui acte l'"urgence de santé publique" sur les opiacés. |
Photo : AFP/VNA/CVN |
Le président américain avait initialement prévu de déclarer un état d'"urgence nationale", mais la Maison Blanche a finalement opté pour l'"urgence de santé publique d'ampleur nationale", jugée plus adaptée pour répondre à cette crise des opiacés, des stupéfiants qui font des ravages en termes d'addiction et des dizaines de milliers de morts par an aux États-Unis.
"Nous pouvons être la génération qui met fin à la crise des opiacés", a déclaré le 45e président des États-Unis lors d'une annonce faite à la Maison Blanche, entouré par d'anciens toxicomanes, parents de victimes d'overdoses ou encore des médecins spécialisés.
"Cela prendra plusieurs années, même des décennies, pour débarrasser notre société de ce fléau", a-t-il reconnu, mais en "travaillant ensemble, nous allons vaincre la crise des opiacés". "Nous allons libérer notre pays de la terrible affliction des abus de drogue", a-t-il assuré.
On estime qu'environ deux millions d'Américains sont désormais dépendants aux opiacés, une catégorie de stupéfiants englobant des médicaments analgésiques délivrés sur ordonnance tels que l'oxycontin et le fentanyl, ainsi que l'héroïne, souvent mélangée à des substances de synthèse.
Preuve de son volontarisme, le président-milliardaire a affirmé jeudi 26 octobre que l'agence américaine du médicament, la FDA, avait d'ores et déjà demandé à ce qu'un "opiacé particulièrement à haut risque" --qu'il n'a pas nommé-- soit immédiatement retiré du marché.
Rompre l'addiction
Il a également menacé de poursuivre "assez rapidement" en justice les personnes et les entreprises "qui ont fait du mal" aux Américains.
M. Trump avait reconnu en août que la situation sanitaire provoquée par la crise des opiacés relevait d'une situation d'urgence nationale. Une telle déclaration aurait permis de débloquer des fonds fédéraux prévus en cas de désastres naturels.
À l'inverse, la déclaration d'urgence de santé publique ne débloque aucun fonds supplémentaires du gouvernement fédéral, mais la Maison Blanche demandera au Congrès d'augmenter l'enveloppe consacrée à cette crise, ont affirmé des responsables de l'administration.
Cette déclaration présidentielle sera en vigueur pendant 90 jours et pourra être renouvelée.
La mesure, ont souligné ces responsables, doit en outre permettre au ministère du Travail de débloquer des fonds normalement destinés à des salariés déplacés pour les consacrer à des personnes souffrant d'une accoutumance aux opiacés et les aider à rompre avec "le cycle de l'addiction et du chômage". Elle facilitera aussi l'accès à des traitements par la télé-médecine pour les personnes résidant dans des zones rurales, les plus durement touchées par cette crise.
AFP/VNA/CVN