>> Politique étrangère vietnamienne : anticiper et agir à temps
>> Diplomatie : coordination renforcée pour protéger les intérêts nationaux
>> La diplomatie doit façonner une nouvelle ère de développement national
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| Le secrétaire général du Parti et président de la République, Tô Lâm, à l'ouverture de la 33e Conférence diplomatique, le 1er août à Hanoï. |
| Photo : Thông Nhât/VNA/CVN |
Tô Lâm, secrétaire général du Parti et président de la République, y a assisté et a prononcé un discours d'orientation. L'Agence Vietnamienne d'Information (VNA) publie ci-dessus l'intégralité de son intervention.
Mesdames et Messieurs les dirigeants et anciens dirigeants du Parti, de l'État et du Front de la Patrie du Vietnam,
Mesdames et Messieurs les dirigeants et anciens dirigeants du ministère des Affaires étrangères ainsi que les responsables des affaires extérieures à travers les différentes périodes,
Mesdames et Messieurs les délégués,
Je suis très heureux de participer aujourd'hui à la 33e Conférence diplomatique. Au nom des dirigeants du Parti et de l'État, et en mon nom personnel, j'adresse mes salutations les plus chaleureuses, mes sincères remerciements et mes meilleurs vœux à l'ensemble des délégués, des cadres, des fonctionnaires et des agents, ainsi qu'à toutes celles et tous ceux qui œuvrent dans les domaines des affaires extérieures et de la diplomatie, au Vietnam comme à l'étranger. Je souhaite plein succès à cette conférence.
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Cette conférence se tient à un moment particulièrement important, alors que notre pays entre dans une nouvelle phase de développement, plus de 80 ans après la fondation de la République et 40 ans après le lancement du Renouveau (Dôi moi). Pour la première fois, une résolution du Congrès national du Parti qualifie la diplomatie et les affaires extérieures de mission "essentielle et régulière". Les affaires extérieures ne constituent donc plus seulement un domaine des relations avec l'extérieur, mais un élément à part entière de la puissance nationale. Elles ne relèvent plus uniquement des organismes spécialisés, mais de l'ensemble du Parti, du peuple, de l'armée et du système politique. Cette conférence dépasse ainsi le seul cadre du secteur diplomatique et constitue une occasion importante de réfléchir aux affaires extérieures de l'ensemble du système politique.
Le XIVe Congrès national du Parti a défini les orientations du développement national pour cette nouvelle période. La Résolution N°59 du Politburo sur l'intégration internationale et la Résolution N°06 relative à la mise en œuvre de la politique étrangère du XIVe Congrès en ont fixé les grandes orientations. Le Comité central de pilotage pour les affaires extérieures et l'intégration internationale a été créé. Les orientations sont désormais clairement établies et le dispositif de direction est en cours de consolidation. L'urgence est maintenant de les mettre en œuvre rapidement, avec rigueur et efficacité, afin d'obtenir des résultats concrets.
La 33e Conférence diplomatique doit ainsi permettre à l'ensemble du système des affaires extérieures d'identifier clairement les progrès accomplis et les insuffisances persistantes, de définir les priorités, les modalités de coordination ainsi que les objectifs concrets à atteindre à l'issue de cette conférence.
Chers camarades,
Depuis la 32e Conférence diplomatique, le monde a connu des évolutions rapides, complexes et parfois imprévisibles. Dans ce contexte, les affaires extérieures et l'intégration internationale ont néanmoins été menées de manière proactive, coordonnée et efficace.
En premier lieu, en étroite coordination avec la défense et la sécurité, elles ont contribué à préserver un environnement de paix et de stabilité, à protéger l'indépendance, la souveraineté, l'unité, l'intégrité territoriale ainsi que les intérêts nationaux, tout en évitant que le pays ne soit placé dans une situation de passivité ou de surprise stratégique.
Le réseau des relations extérieures du Vietnam a continué de s'élargir et de monter en gamme. Depuis la précédente conférence, le Vietnam a établi ou élevé ses relations au niveau de partenariat stratégique global avec neuf partenaires, de partenariat stratégique avec onze pays et de partenariat global avec cinq autres.
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Ces nouveaux cadres de coopération témoignent de la confiance politique et croissante accordée au Vietnam et ouvrent de nouvelles perspectives dans les domaines de l'économie, des sciences, des technologies, de l'éducation, de la défense, de la sécurité ainsi que des échanges entre les peuples. Les relations avec les pays voisins, les grandes puissances, les membres de l'ASEAN, les partenaires importants et les amis traditionnels se sont consolidées, tandis que les différents canaux des affaires extérieures ont renforcé leur coordination.
L'action multilatérale du Vietnam s'est également illustrée par plusieurs succès majeurs, notamment l'organisation du Forum sur l'avenir de l'ASEAN, du Sommet P4G et de la cérémonie d'ouverture à la signature de la Convention des Nations unies contre la cybercriminalité. Le Vietnam a en outre été réélu au Conseil des droits de l'homme des Nations unies pour le mandat 2026-2028 avec le plus grand nombre de voix au sein du groupe Asie-Pacifique. Il a également assumé d'importantes responsabilités au sein des Nations unies et de l'UNESCO, tout en poursuivant sa contribution active aux opérations de maintien de la paix et aux efforts visant à relever les grands défis mondiaux.
La diplomatie économique s'est davantage mise au service du développement national. Le Vietnam dispose désormais de 17 accords de libre-échange couvrant plus de 60 pays et territoires. En 2025, le commerce extérieur ont atteint près de 930 milliards de dollars, plaçant le pays parmi les vingt premières puissances commerciales du monde. Les investissements directs étrangers (IDE) enregistrés ont dépassé 38 milliards de dollars, tandis que les décaissements ont franchi le seuil de 27 milliards de dollars, leur niveau le plus élevé depuis cinq ans. Les affaires extérieures ont ainsi contribué à l'ouverture de nouveaux marchés, à la diversification des chaînes d'approvisionnement ainsi qu'à l'attraction des capitaux, des technologies et des savoir-faire.
Les efforts en matière de diplomatie scientifique et technologique ont également été renforcés. Les représentations vietnamiennes à l'étranger ont intensifié les liens entre les centres de recherche, les groupes technologiques, les experts et les intellectuels vietnamiens établis à l'étranger, d'une part, et les besoins du pays, d'autre part. La diplomatie culturelle et l'information extérieure ont contribué à promouvoir l'image d'un Vietnam pacifique, stable, innovant et responsable. Les activités en faveur de la communauté vietnamienne à l'étranger ont renforcé la grande union nationale, tandis que la protection consulaire a été assurée avec efficacité, y compris dans les zones sensibles.
Ces résultats confirment la pertinence de la politique étrangère d'indépendance, d'autonomie, de paix, d'amitié, de coopération et de développement, de diversification et de multilatéralisation des relations extérieures ainsi que de l'intégration internationale proactive, globale, approfondie et efficace. Le Vietnam est resté fidèle à ses objectifs et à ses principes tout en faisant preuve de souplesse dans leur mise en œuvre, défendant ses intérêts nationaux dans le respect du droit international et bénéficiant du soutien de son peuple comme de la communauté internationale.
Ces résultats sont le fruit de la direction unifiée du Comité central du Parti, du Bureau politique et du Secrétariat, de la conduite du gouvernement, de l'implication directe des dirigeants du Parti et de l'État, ainsi que de la mobilisation de l'ensemble du système politique. La coordination entre les différents piliers des affaires extérieures, entre les autorités centrales et les collectivités locales, ainsi qu'entre la diplomatie, la défense, la sécurité et le développement n'a cessé de se renforcer.
Chers camarades,
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| La 32e Conférence diplomatique s'est tenue le 19 décembre 2023 à Hanoï. |
| Photo : BNG/CVN |
Nous pouvons nous réjouir des résultats obtenus, mais nous ne devons pas nous en satisfaire. Le principal défi aujourd'hui ne réside pas dans l'absence d'orientations, mais surtout dans leur concrétisation et leur mise en œuvre.
Les travaux de recherche et de prévision peinent encore, dans certains cas, à suivre l'évolution rapide de la situation. Certains rapports demeurent trop descriptifs, sans mettre clairement en évidence les incidences pour le Vietnam ni proposer des réponses adaptées. La qualité du conseil stratégique reste inégale, tandis que les capacités de recherche sur les nouveaux enjeux liés aux technologies, à l'économie numérique, à l'énergie, aux chaînes d'approvisionnement et au droit international demeurent limitées. La transformation numérique dans le domaine des affaires extérieures progresse encore lentement, et l'interconnexion ainsi que le partage des données restent insuffisants.
La mise en œuvre concrète de certaines résolutions, conclusions, accords et engagements internationaux demeure lente. Certains dossiers ne font pas l'objet d'un suivi jusqu'à leur aboutissement; les responsabilités entre les différentes institutions ne sont pas toujours clairement définies et les difficultés ne sont pas résolues en temps opportun. Dans certains cas, de bonnes relations politiques ne se traduisent pas encore de manière satisfaisante par l'ouverture de marchés, le lancement de projets, le transfert de technologies ou des bénéfices concrets pour la population et les entreprises. Certaines activités accordent encore davantage d'importance au nombre de réunions ou de documents signés qu'aux résultats obtenus.
La coordination intersectorielle manque parfois de cohérence. Il arrive que plusieurs organismes participent à un même dossier sans qu'aucun n'en assume la responsabilité finale. Certains blocages, pourtant clairement identifiés, tardent à être levés en raison de chevauchements réglementaires, de procédures prolongées ou d'une réticence à prendre des décisions. La coordination entre les autorités centrales et les collectivités locales, ainsi qu'entre les représentations vietnamiennes à l'étranger, les ministères, les secteurs concernés et les entreprises, n'est pas encore suffisamment étroite. Dans certains cas, les conditions nécessaires n'ont pas été réunies à temps pour saisir les opportunités créées par les affaires extérieures.
Chers camarades,
Le monde connaît des évolutions rapides et d'une extrême complexité. La rivalité stratégique entre les grandes puissances s'intensifie. L'économie, le commerce, les technologies, les données, l'énergie et les chaînes d'approvisionnement sont de plus en plus étroitement liés aux enjeux politiques et sécuritaires. Les conflits persistent, tandis que le droit international et les institutions multilatérales sont soumis à de fortes pressions. Les changements climatiques, la sécurité énergétique, la sécurité alimentaire, les ressources en eau et la criminalité transnationale ont des répercussions directes sur l'ensemble des pays.
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Les progrès scientifiques et technologiques transforment profondément les modes de production, de gouvernance et les rapports de force. L'intelligence artificielle, les semi-conducteurs, les biotechnologies, les infrastructures numériques et les nouvelles sources d'énergie ouvrent de vastes perspectives, tout en faisant émerger de nouveaux risques. Les pays qui maîtrisent les technologies, les données et les ressources humaines hautement qualifiées disposeront d'un avantage décisif, tandis que ceux qui tarderont à se transformer risquent de prendre davantage de retard.
Toutefois, la paix, la coopération et le développement demeurent l'aspiration commune. L'Asie-Pacifique reste le principal moteur de la croissance mondiale, tandis que l'ASEAN continue de jouer un rôle majeur. De nombreux pays souhaitent renforcer leur coopération avec le Vietnam. Les acquis de 40 années de Renouveau, la stabilité du pays, son marché, ses ressources humaines et son prestige international offrent aujourd'hui au Vietnam de nouvelles conditions favorables. Par ailleurs, la communauté vietnamienne à l'étranger ne cesse de se développer et dispose d'un potentiel croissant pour contribuer à l'édification et au développement du pays.
L'enjeu est de savoir identifier rapidement les opportunités et les transformer en résultats concrets. Nous ne pouvons ni attendre passivement que les conditions favorables se présentent, ni nous contenter de réagir une fois les situations survenues. Plus le contexte est complexe, plus nous devons faire preuve de sang-froid, de proactivité, sans jamais nous replier sur nous-mêmes; être confiants sans être complaisants, audacieux sans être aventureux, souples tout en restant fermes sur les principes. Il nous faut élargir la coopération tout en consolidant notre autonomie stratégique, nos capacités propres et notre résilience.
Il est désormais temps pour les affaires extérieures de jouer pleinement leur rôle de pionnier : anticiper les évolutions, fournir un conseil stratégique pertinent et agir en temps opportun ; contribuer à la protection de la Patrie de manière précoce et de loin ; ouvrir la voie, créer des connexions et mobiliser les ressources au service du développement. Ce rôle de pionnier implique également d'assurer un suivi rigoureux des dossiers jusqu'à leur aboutissement, de lever de manière proactive les difficultés et d'assumer pleinement la responsabilité des résultats.
Afin de traduire dans les faits les orientations de politique étrangère définies par le XIVe Congrès national et les résolutions du Parti, il est impératif que l'ensemble du secteur diplomatique et des organismes chargés des affaires extérieures se concentre sur six missions fondamentales.
La première mission réside dans le renouvellement continu de la pensée et l'élévation de la qualité de la recherche, de la prévision et de consultation stratégique. Dans un monde en mutation rapide, une pensée qui tarde à s'adapter entraîne inévitablement une lenteur dans l'action. La recherche doit donc impérativement précéder l'action afin d'aider les dirigeants du Parti et de l'État à identifier précocement les tendances, les opportunités ainsi que les risques, permettant ainsi d'anticiper les situations et d'éviter toute surprise stratégique. Nous devons porter un regard lucide sur le monde, bien connaître notre pays et définir avec précision nos intérêts ainsi que nos capacités.
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Cette recherche doit se focaliser sur les enjeux ayant un impact direct et durable sur la sécurité et le développement du Vietnam, notamment les ajustements stratégiques des grandes puissances, les déplacements des centres de pouvoir économique et technologique, ainsi que les fluctuations dans les domaines du commerce, de la finance, de l'énergie et des ressources en eau. Les thématiques de l'intelligence artificielle, des semi-conducteurs, de l'économie numérique, de la transition verte, de la cybersécurité et de la sécurité des données doivent faire l'objet d'études approfondies et précoces, avec un accent particulier sur l'identification des opportunités et la proposition d'actions concrètes.
Chaque rapport produit doit répondre clairement à des questions précises : quel événement se produit, quel est son impact sur le Vietnam, quelle est la solution préconisée, quelles sont les priorités d'action et qui est chargé de l'exécution. Les rapports doivent être synthétiques, riches en informations nouvelles, dotés d'analyses claires et de recommandations directement applicables, tout en favorisant les échanges entre les organismes de recherche, les unités opérationnelles, les représentations à l'étranger et les réseaux d'experts, d'entreprises et de la diaspora vietnamienne.
Le renouvellement des modes de pensée exige du courage dans les propositions et les recommandations. Les responsables du conseil stratégique doivent oser soulever les problèmes, défendre les propositions qu'ils jugent justes et assumer la responsabilité de leurs avis. La nouvelle position et les nouvelles capacités du pays appellent une attitude faite de confiance, de proactivité et de sens des responsabilités, tout en demeurant sincère, humble et respectueuse à l'égard des partenaires.
La deuxième mission consiste à approfondir et à accroître l'efficacité des relations extérieures. Les cadres de partenariat nouvellement établis ou rehaussés doivent être concrétisés par des programmes d'action et des projets produisant des résultats mesurables. Le relèvement d'un partenariat ne marque pas l'aboutissement d'un processus, mais l'ouverture d'une nouvelle étape. Chaque visite de haut niveau doit être suivie d'un plan de mise en œuvre; chaque accord doit désigner clairement l'organisme chef de file, les responsabilités, le calendrier, les modalités de suivi et les résultats tangibles.
Les priorités de la politique extérieure sont désormais clairement définies. Dans toutes les relations, il convient de privilégier la confiance, la sincérité et les intérêts à long terme, tout en gérant de manière appropriée les différends afin qu'aucune question ponctuelle ne compromette l'ensemble de la relation.
L'efficacité d'une relation ne se mesure ni à la fréquence des contacts ni à l'intitulé du cadre de partenariat. Elle se mesure avant tout au renforcement de l'environnement de paix, à la préservation des intérêts nationaux, à l'ouverture de nouveaux marchés, à la concrétisation de projets, au progrès des technologies et des ressources humaines, ainsi qu'aux bénéfices apportés à la population.
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La troisième mission est de donner une dimension plus profonde à la diplomatie au service du développement, en utilisant l'efficacité réelle comme principal critère de mesure. Les objectifs ambitieux fixés pour 2030 et 2045 exigent que l'action extérieure serve directement le renouvellement du modèle de croissance, l'amélioration de la productivité, de la compétitivité et de l'autonomie de l'économie. La diplomatie économique doit accompagner étroitement les projets jusqu'à leur aboutissement.
La priorité est accordée à la mobilisation des ressources pour la science, la technologie, l'innovation, la transformation numérique, le développement du secteur privé et l’amélioration de la qualité des investissements étrangers. Il s'agit d'attirer de manière sélective des projets dans les secteurs de la haute technologie, des semi-conducteurs, de l'intelligence artificielle, des infrastructures numériques, des énergies propres, des biotechnologies et de l'agriculture moderne, tout en liant l'investissement au transfert de technologie, à la formation de la main-d'œuvre et à la participation des entreprises vietnamiennes aux chaînes de valeurs mondiales.
Chaque représentation du Vietnam à l'étranger doit bien connaître les besoins du pays, les atouts de sa circonscription, identifier les partenaires les plus appropriés et assurer un suivi rigoureux des dossiers. Les ministères, les secteurs, les collectivités locales doivent, pour leur part, préparer les projets, les mécanismes, les infrastructures d'accueil, les ressources humaines et les conditions nécessaires à leur mise en œuvre. Les opportunités offertes par l'extérieur ne deviennent de véritables ressources que lorsque le pays est prêt à les accueillir. Il s'agit d'une responsabilité commune des représentations vietnamiennes à l'étranger, des organismes nationaux, des entreprises et de chaque citoyen.
La diplomatie scientifique et technologique doit devenir une tâche régulière, visant à bâtir des réseaux de partenaires technologiques et à connecter les instituts, les universités, les entreprises et les experts, à mettre à jour de nouveaux tendances, standard et politiques, à importer les connaissances et technologies adaptées. La diplomatie ne consiste pas seulement à chercher des capitaux, mais aussi des connaissances, des personnes talentueuses et des méthodes efficaces.
Parallèlement, il convient également de renforcer la qualité du travail en faveur de la communauté vietnamienne à l'étranger, de la diplomatie culturelle, de l'information extérieure, des services consulaires et de la protection des citoyens. Il faut créer les conditions permettant aux Vietnamiens résidant à l'étranger de rester attachés à leur pays d'origine et d'y contribuer, tout en valorisant les intellectuels, les entrepreneurs et les réseaux d'experts. Les services consulaires doivent être accessibles, transparents et efficaces ; la protection des citoyens doit être rapide, appropriée et pleinement assumée. Toutes les activités des affaires extérieures doivent être au service du pays et de la population.
La quatrième mission vise à élever le niveau de la diplomatie multilatérale et à mettre en œuvre une intégration internationale complète, synchrone et efficace. Le Vietnam doit continuer à affirmer son rôle au sein des Nations unies, de l'ASEAN, de l'APEC et des mécanismes de coopération de la sous-région du Mékong, en contribuant activement au maintien de la paix, à la sécurité alimentaire et hydrique, ainsi qu'à la lutte contre le changement climatique et au développement durable. Dans cette optique, l’organisation de l’Année de l’APEC 2027 doit être préparée dès maintenant, tant sur le plan du contenu, des initiatives, des infrastructures, des ressources humaines que de la mobilisation du soutien international.
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| Le dirigeant Tô Lâm (debout à droite) à la 33e Conférence diplomatique. |
| Photo : VNA/CVN |
La mise en œuvre de la Résolution N°59 doit aller de pair avec l’intégration internationale, le perfectionnement des institutions et le renforcement des capacités nationales. Le déploiement des engagements internationaux doit être examinés, intégrés dans le droit interne et appliqués avec rigueur, afin de promouvoir les réformes et d’améliorer la compétitivité. Il faut approfondir l’intégration sans devenir dépendant, ouvrir davantage le pays tout en préservant son autonomie, et assimiler les meilleures valeurs du monde afin d’enrichir l’identité et la force du Vietnam.
La cinquièmement mission est de renouveler profondément les mécanismes de coordination, de contrôle et de mise en œuvre, en s’attachant à lever les obstacles qui ralentissent encore l’action. Le Comité central de pilotage pour les affaires étrangères et l’intégration internationale doit jouer pleinement son rôle de direction stratégique et de coordination unifiée. Il doit traiter les questions importantes, nouvelles, complexes, intersectorielles ou dépassant les compétences d’une seule administration.
Le ministère des Affaires étrangères, en tant qu’organe permanent du Comité, doit assurer efficacement ses missions de conseil, de synthèse, de coordination et de surveillance, tout en détectant de manière proactive les retards et en proposant des solutions appropriées.
Chaque organe concerné doit prendre l’initiative de régler les questions relevant de sa compétence. Les travaux intersectoriels doivent être confiés à un organe de coordination. Les questions dépassant les compétences doivent être soumises aux autorités compétentes. Il ne faut pas qu’un grand nombre d’organes interviennent sans qu’aucun n’assume la responsabilité finale. Les responsables doivent suivre l’avancement des travaux et prendre la responsabilité des résultats.
Il est nécessaire de mettre en place une base de données unifiée sur les traités, accords et engagements internationaux, précisant les calendriers, les résultats attendus, les organes responsables et les mécanismes de coordination. Les données des ministères, des secteurs, des autorités locales et des organes de représentation à l’étranger doivent être interconnectées, régulièrement mises à jour et sécurisées afin de servir efficacement les travaux de supervision, de direction et de gestion.
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| Délégués à la 33e Conférence diplomatique, le 1er août à Hanoï. |
| Photo : VNA/CVN |
La sixième mission concerne l'importance particulière à la construction d’un corps diplomatique doté des qualités, des compétences et de la crédibilité nécessaires pour répondre aux exigences de la nouvelle période. Selon les paroles du Président Hô Chi Minh, les cadres sont le fondement de tout travail. Aussi bonnes que soient les résolutions ou les politiques, si les cadres ne maîtrisent pas leur travail, manquent de sens des responsabilités ou hésitent à coopérer, l’action restera entravée. Il est donc nécessaire de soigner toutes les étapes, depuis le recrutement, la formation et l’évaluation jusqu’à l’affectation et à la nomination des cadres, en faisant de leurs qualités, de leurs compétences et des résultats de leur travail les principaux critères d’évaluation. Il est également nécessaire de bâtir rapidement un corps d’experts de haut niveau spécialisés dans les zones stratégiques et les nouveaux domaines, tout en mettant en place des mécanismes permettant d’attirer et de valoriser les talents, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du secteur diplomatique.
Les générations précédentes nous ont légué de précieux exemples de patriotisme, de conviction politique, d’esprit d’apprentissage, ainsi qu’un style et un art diplomatiques remarquables. Les diplomates d’aujourd’hui doivent préserver et transmettre cet héritage tout en maîtrisant les nouvelles connaissances, les nouvelles technologies, les langues étrangères, le droit international ainsi que l’économie et la culture des partenaires. Un bon diplomate doit avant tout posséder une solide courage politique et faire constamment de l’intérêt national le principe directeur de son action. Chaque cadre engagé dans les affaires étrangères doit toujours se rappeler qu’il agit avec, derrière lui, le Parti, la Patrie et le peuple.
Chers camarades,
En ce qui concerne les discussions, la Conférence devra apporter des réponses claires à trois questions. Premièrement, quels seront les principaux bouleversements mondiaux d’ici à 2030 et quelles seront leurs conséquences sur les objectifs de développement et de défense de la Patrie ? Quels scénarios doivent être anticipés dès maintenant ?
Deuxièmement, quelles missions prévues par les Résolutions N°06 et N°59 doivent être considérées comme prioritaires ? Quelles actions accusent encore du retard et pour quelles raisons ? Après le bilan des 20 ans de mise en œuvre de la Résolution N°36, le Politburo adoptera prochainement une nouvelle résolution relative aux Vietnamiens résidant à l’étranger. Cette nouvelle résolution devra être inscrite à l’agenda de la Conférence afin que les délégués puissent l’étudier, en débattre et s’en imprégner.
Troisièmement, comment traduire les cadres de partenariat, les engagements et les accords internationaux en marchés, projets, transferts de technologies, ressources humaines et nouvelles capacités au service du développement national ?
Les interventions doivent être concises, apporter de nouvelles informations et aller directement à l’essentiel. Toute difficulté soulevée doit être accompagnée d’une proposition de solutions. Toute nouvelle mission proposée doit préciser ses fondements, les ressources nécessaires et les organismes chargés de sa mise en œuvre. Les questions faisant l’objet d’avis divergents doivent être examinées de manière franche et approfondie, dans l’intérêt commun.
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| Le secrétaire général du Parti et président de la République,Tô Lâm, consulte une publication du secteur diplomatique en marge de la conférence. |
| Photo : VNA/CVN |
La Conférence doit déboucher sur des résultats concrets. Il s’agit tout d’abord de mettre en œuvre les deux résolutions relatives aux affaires étrangères et à l’intégration internationale, en définissant clairement les priorités, les calendriers et les responsabilités. Il convient ensuite d’établir la liste des traités, accords, engagements et projets importants qui connaissent des retards, en distinguant ceux pouvant être réglés par les organismes compétents, ceux nécessitant une coordination intersectorielle et ceux devant être soumis aux autorités compétentes. La Conférence devra également identifier les marchés, les projets, les technologies, les partenaires et les ressources humaines sur lesquels il convient de concentrer les efforts, afin de contribuer au bilan de la première année de mise en œuvre de la Résolution N°59 et à la préparation d’une stratégie globale des affaires étrangères à un niveau supérieur.
Chaque ministère, secteur, localité et organe de représentation doit procéder à un examen approfondi de ses propres responsabilités. Dès la clôture de la Conférence, les conclusions devront être transformées en plans d’action précis, confiés aux personnes compétentes, assortis d’échéances claires et d’un contrôle régulier. Ce qui peut être réalisé immédiatement doit être entrepris sans délai ; les difficultés devront être signalées ; les questions dépassant les compétences devront être soumises aux autorités compétentes avec des propositions de solution.
Les résultats des affaires étrangères ne se mesurent pas seulement au nombre de visites, de réunions ou d’accords signés. Ils doivent être évalués dans quelle mesure la paix est consolidée, les intérêts nationaux sont préservés, les relations avec les partenaires sont approfondies et durables, les engagements sont effectivement mis en œuvre, les obstacles sont levés, les ressources sont mobilisées et les citoyens ainsi que les entreprises bénéficient d’un meilleur service. Il ne faut ni absolutiser les chiffres ni se contenter d’appréciations générales.
Je demande au ministère des Affaires étrangères, en sa qualité d’organe permanent du Comité central de pilotage pour les affaires étrangères et l’intégration internationale, d’assurer la synthèse des résultats de la Conférence, d’en suivre la mise en œuvre et d’en rendre régulièrement compte aux autorités compétentes. Les organes concernés devront fournir toutes les informations nécessaires et assumer la responsabilité du respect des échéances. C’est à cette condition que la Conférence produira de véritables changements, que les résolutions prendront vie et que les acquis de la diplomatie deviendront une véritable force et une ressource au service du développement du pays.
Chers camarades,
Les tâches qui nous attendent sont lourdes, mais elles sont également très nobles. Je suis convaincu qu’avec la tradition de la diplomatie révolutionnaire vietnamienne, ainsi qu’avec son intelligence, sa détermination et son sens des responsabilités, l’ensemble du secteur diplomatique et de toutes les forces engagées dans les affaires étrangères resteront unis, feront preuve d’innovation et de créativité et accompliront avec succès les missions qui leur sont confiées, contribuant ainsi à préserver la paix, à défendre la Patrie, à élargir les perspectives de développement et à renforcer la position du Vietnam.
Je souhaite plein succès à cette conférence !
Je vous souhaite à toutes et à tous santé et succès !
VNA/CVN












