08/08/2021 09:49
Illustration du problème de l'agent orange au Vietnam en bandes dessinées, de son histoire d’antan jusqu’à présent, des causes aux conséquences, de la remise en état de l’environnement à l'assistance des victimes, le tout reflété dans 10 peintures graphiques d’une jeune française d’origine vietnamienne, Vo Trâm Anh.
Vo Trâm Anh (droite) lors du vernissage de son exposition sur l’agent orange au Vietnam.
 
À l'occasion du 60e anniversaire du début de l’épandage de l'Agent orange (AO) au Vietnam (10 août 1961), l'Union des jeunes vietnamiens de France (UJVF) en collaboration avec l'association Collectif Vietnam Dioxine a inauguré, le 7 août au siège de l'Union générale des Vietnamiens de France (UGVF) à Paris, une exposition graphique sur l'AO/dioxine, illustrée par l'artiste Trâm Anh. 
 
C'est la première fois que ce thème est présenté sous forme de bandes dessinées en France. Par la méthode du récit en bande dessinée combiné au graphisme, Trâm Anh a réussi à recréer dans 10 peintures graphiques la catastrophe de l'AO  au Vietnam, des causes aux conséquences, de la remise en état de l’environnement à l'assistance aux victimes. Les terres dévastées, les victimes directes et leurs descendants  souffrant dans leur chair, leur lutte pour la justice, ainsi que les soutiens des amis français et vietnamiens en France, tout est illustré dans ses œuvres.
 
L'exposition est également l'occasion de présenter des projets de micro-crédit mis en œuvre par l’UJVF pour aider des familles victimes de l’AO dans la province de Quang Binh.
 
Selon Trâm Anh, l'AO du Vietnam est une question complexe d’un point de vue de l'environnement et de la société. Raconter une longue histoire d'une manière courte et compréhensive ne fut pas facile. Elle a donc choisi des dessins graphiques pour résumer l’histoire à travers une narration vive et facile à comprendre, mais toujours avec le désir de sensibiliser et d’attirer l'attention du public, en particulier des jeunes français et Viêt kiêu en France comme elle.


Vo Trâm Anh et ses dessins sur le projet de micro-crédit visant à aider les victimes de l'AO/dioxine au Vietnam.
 
"Je suis née et j'ai grandi en France. Mais quand j’étais petite, mon père journaliste a fait un reportage sur l’AO au Vietnam. Il m’a montré les photos d’enfants difformes à cause de la dioxine qui m’ont choquée. En participant à des activités de soutien aux victimes comme dans le cas du procès intenté par Mme Trân Tô Nga, j’essaie de faire quelque chose pour soutenir les victimes. Puis j'ai décidé de transcrire l’histoire en bandes dessinées pour raconter avec beaucoup de couleurs, de manière compréhensible et accessible à tous", a confié Trâm Anh.
 
Durant la réalisation de ce projet, Trâm Anh a reçu la coopération enthousiaste du Collectif Vietnam Dioxine qui lui a fourni des informations pour ce sujet.
 
"Pour commémorer le 60e anniversaire de l’épandage de l'AO au Vietnam, l’UJVF a un projet de micro-crédit visant à aider les victimes dans des régions touchées par l'AO. Ce projet prévoit une exposition de photos pour raconter la situation de ces familles. Mais à cause du COVID, on n’a pas pu aller sur place pour prendre des photos. Donc on a pensé à faire une exposition originale qui s’adresse à tout  public, notamment aux jeunes, et Trâm Anh a accepté de travailler avec nous pour cette exposition", a raconté Vo Dinh Kim, coordinateur de Collectif Vietnam Dioxine et aussi membre du comité d’organisation de l’exposition.
 
Il a également fait savoir que les organisateurs avaient profité des réseaux sociaux tels que Facebook ou Instagram pour présenter largement l'événement. Le public au Vietnam et dans le monde entier souhaitant accéder à l'exposition via Internet, d'ici au 18 septembre, peut contacter les organisateurs par mail http://contact@vietnamdioxine.org, envoyer un message au +33 6 84 01 83 05, ou venir directement à l'exposition au siège de l'UGVF au 18 rue du Petit Musc, 4e  arrondissement de Paris.
 
Des visiteurs à l'exposition sur l'AO/dioxine de Vo Trâm Anh.
 
Des séquelles incommensurables

De 1961 à 1971, l’armée américaine a déversé 80 millions de litres de défoliants au Vietnam, lesquels contenaient près de 400 kg de dioxine, l’un des produits toxiques les plus puissants, qui perturbe les fonctions hormonales, immunitaires et reproductives de l’organisme.

Soixante ans plus tard, les symptômes liés à la dioxine sont toujours présents au Vietnam. On constate aujourd’hui qu’il reste une quantité non négligeable de dioxine dans certaines zones très localisées. Plus de 4,8 millions de Vietnamiens ont été directement exposés aux herbicides, dont 3 millions en subissent encore les séquelles. Aujourd’hui arrive la quatrième génération et les dégâts sanitaires sont toujours là : malformations, dépressions cérébrales, maladies de peau, cancers, déficiences du système nerveux ou cérébrales... Les dommages causés à la santé, à l'environnement et à la société sont incommensurables.

Chaque année, l'État du Vietnam dépense plus de 10.000 milliards de dôngs pour subventionner, et prendre soin de la santé des victimes, et soutenir des zones en difficulté particulière. Dans le processus de surmonter les conséquences de la guerre, de la guerre chimique en particulier, le peuple vietnamien a reçu des assistances considérables de la part de nombreux peuples à travers le monde.

En France, depuis de années, les associations comme l'UGVF, l'UJVF, l'Association d'amitié France - Vietnam, le Collectif Vietnam Dioxine... organisent de nombreuses activités pour venir en aide aux victimes, soutenir la lutte pour la justice dont notamment le procès intenté par Trân Tô Nga, une Vietnamienne résidant en France, contre 26 entreprises chimiques fournisseuses des herbicides à l'armée américaine pendant la guerre. 

Texte et photos : Thu Hà NGUYÊN/CVN
 
 
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