07/02/2021 14:44
Les vacances d’hiver ont démarré samedi 6 février pour une partie des écoliers français, dans un climat morose pour le tourisme et un contexte épidémique extrêmement fragile, l’agence sanitaire jugeant que de nouvelles mesures restrictives seront nécessaires dans un avenir proche.
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Des télésièges à l'arrêt à Chamrousse, près de Grenoble, en janvier.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les vacanciers de Lyon, Bordeaux ou encore Grenoble (zone A), qui ont ouvert le bal de cette période des congés étalés jusqu'au 8 mars, peuvent se déplacer librement entre régions, le gouvernement ayant choisi de ne pas les limiter à l'intérieur du pays.

À Grenoble, le hall de la gare sonnait étrangement creux samedi 6 février matin. "D'habitude, le premier samedi 6 février des vacances, ça grouille de monde", raconte un agent de la SNCF, bras croisés. À quelques mètres de là, Henrique et Alain patientent devant leurs taxis, les mains dans les poches. "Depuis ce matin, pas un client. Et ça fait deux heures que je suis là", soupire ce dernier.

Ceux qui partent sont appelés à la plus grande prudence, comme ils l'avaient déjà été pendant les fêtes de fin d'année. "L'heure n'est pas au relâchement de nos efforts", a prévenu jeudi 4 février le Premier ministre Jean Castex.

Sans remontées mécaniques dans les stations de ski, avec un couvre-feu maintenu à 18h00, les rideaux des bars et restaurants toujours baissés et les lieux culturels fermés, ces vacances s'annoncent en sous-régime pour le tourisme.

Vacanciers indécis 

À Azet, dans les Hautes-Pyrénées, près de la frontière espagnole, le gîte de Sylvie Guinet, d'habitude complet en cette période de vacances, n'a qu'une chambre sur cinq de réservée.

"C'est vraiment pas évident. Si je fais 20% de mon chiffre d'affaires de la saison dernière ce sera déjà bien", confie-t-elle. "Les gens réservent puis annulent au dernier moment, notamment avec toutes les incertitudes liées à l'annonce ou pas d'un confinement", souffle-t-elle, tout en comprenant les vacanciers indécis "pour qui ce n'est pas évident de rester enfermés dans leur chambre à partir de 18h00".

Le moral semble un peu meilleur à Cauterets, petite station-village des Pyrénées. Ski de fond, raquettes, ski de randonnée...: le domaine permet aux familles de profiter de la neige en se passant des remonte-pentes, relève Vincent Doutres, le directeur de l'office de tourisme de Cauterets. Mais "il ne faut pas se leurrer, on est en sous-activité", souligne-t-il.

Aux Antilles, destination soleil des vacances d'hiver, "c'est un véritable effondrement", se désole Patrick Vial-Collet, président de la CCI de Guadeloupe. Depuis le 2 février, il faut un "motif impérieux" pour se rendre dans les îles françaises des Caraïbes, un séisme pour le tourisme local, confronté à une cascade d'annulations.

Crainte d'une aggravation 

Si le gouvernement a de nouveau écarté à ce stade de confiner le pays, sauf à Mayotte, la menace de mesures plus restrictives persiste, au regard du contexte sanitaire extrêmement tendu.

La circulation du coronavirus s'est stabilisée "à un niveau très élevé", a relevé vendredi 5 février Santé publique France (SpF) dans son bulletin hebdomadaire. Samedi 6 février, 20.586 nouveaux cas ont ainsi été confirmés.

Cette situation "ne permet pas d'écarter l'hypothèse d'une aggravation de la situation épidémiologique dans les prochaines semaines, liée à la poursuite de la circulation (des) variants" plus contagieux du coronavirus, note l'agence sanitaire.

Cellule de dépistage du COVID-19 à l'aéroport de Roissy, le 5 février.
Photo : AFP/VNA/CVN 

Dans ce cas, des mesures "plus strictes" deviendront "nécessaires", a expliqué Daniel Levy-Bruhl, responsable de l'unité infections respiratoires de SpF vendredi 5 février.

La part des cas suspectés d'être des variants (anglais, sud-africain ou brésilien) du virus SARS-CoV2 s'élevait à 14% de tous les cas détectés en France au 27 janvier, avec un taux proche de 20% en Île-de-France, selon des résultats préliminaires publiés jeudi 4 février. Au 7-8 janvier, la proportion du variant britannique avait été mesurée à 3,3% des cas positifs.

La pénétration en France est "beaucoup plus lente" que dans d'autres pays, "probablement par la combinaison d'un certain nombre de mesures qui ont été prises et de freins", a analysé le virologue Bruno Lina, chargé de cette cartographie.

Troisième vaccin 

Après avoir augmenté tout au long du mois de janvier, le nombre de malades hospitalisés avec un diagnostic COVID s'est stabilisé cette semaine juste sous les 28.000 personnes. La pression hospitalière reste donc forte, avec 27.327 patients hospitalisés samedi 6 février dont 3.215 en réanimation.

Côté bilan, la maladie a tué 78.794 personnes depuis le début de l'épidémie.

La campagne de vaccination se poursuit, sur fond d'approvisionnements toujours limités et de contraintes logistiques. Et le troisième vaccin disponible dans l'Union européenne, celui d'AstraZeneca, a commencé à être utilisé samedi 6 février, en priorité pour des soignants de moins de 65 ans.

À l'hôpital Edouard Herriot (HEH) de Lyon, Élodie Carabajel, assistante hospitalo-universitaire à l'école dentaire, 28 ans, a ainsi été parmi les premiers à recevoir sa piqûre samedi. La jeune femme a souhaité se faire vacciner car "professionnelle de santé et, en plus en dentaire, on travaille dans la bouche des patients".

Les hospices civils de Lyon ont reçu 7.700 doses d'AstraZeneca, un vaccin "beaucoup plus facile" en terme de logistique pour la cheffe-adjointe de la pharmacie de HEH, Carole Paillet, car il se conserve en chambre simple froide, à la différence du vaccin Pfizer qui nécessite une conservation à -80°C.

AFP/VNA/CVN
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