18/01/2019 22:01
Un deuil de trois jours a été décrété en Colombie après l'attentat, qui a fait 11 morts et 65 blessés jeudi 17 janvier à Bogota, le plus meurtrier depuis 2003 dans la capitale d'un pays peinant à sortir de plus d'un demi-siècle de conflit armé.
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Intervention des secours après l'attentat à la voiture piégée à Bogota le 17 janvier. Photo: AFP/VNA/CVN

Le chef de l'État Ivan Duque a décrété le deuil national, suite à cette attaque à la voiture piégée qui a visé l'école de la police nationale, dans le Sud de la capitale.

L'attentat a été qualifié de "misérable acte terroriste" par ce président de droite, arrivé au pouvoir en août et qui a durci la lutte contre le trafic de drogue ainsi que sa politique envers l'Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla de Colombie.

La vice-présidente Marta Lucia Ramirez a également condamné cet acte de "terrorisme" dans un message sur Twitter, en faisant état de 11 morts, un bilan en hausse par rapport au précédent de 10 morts et 65 blessés communiqué par le ministère de la Défense.

L'auteur de l'attaque a été identifié comme José Aldemar Rojas Rodriguez. Il est entré à 09h30 (14h30 GMT) dans l'enceinte de l'École des officiers Général Francisco de Paula Santander, au volant d'une camionnette grise chargée de 80 kilos de pentolite, un puissant explosif, selon le procureur général Nestor Humberto Martinez.

Une source du Parquet a confirmé que l'homme de nationalité colombienne était mort dans l'attentat. Les autorités n'ont pas précisé s'il était lié à l'un des groupes armés illégaux qui opèrent encore en Colombie, notamment dans le narco-trafic, depuis la paix signée avec les Farc en 2016.

"Acte terroriste démentiel"

"Nous ne nous reposerons pas avant d'avoir capturé et présenté à la justice le reste des terroristes impliquées", a affirmé M. Duque lors d'une allocution télévisée dans la soirée, ajoutant avoir "décrété trois jours de deuil national (...) en honneur" aux familles des victimes.

L'explosion est survenue à l'issue d'une cérémonie de promotion de jeunes officiers. Il n'a pas été précisé combien de policiers figuraient parmi les victimes.

Localition de l'école de police visée par un attentat à la voiture piégée jeudi 17 janvier à Bogota. Photo: AFP/VNA/CVN

Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière qu'ait subie Bogota depuis un attentat, également à la voiture piégée et commis alors par les Farc, qui avait fait 36 morts, des dizaines de blessés le 7 février 2003, au Nogal, un club social très exclusif du Nord de Bogota.

"Cet acte terroriste démentiel ne restera pas impuni", a assuré jeudi 17 janvier le chef de l'État. Dénonçant "une attaque contre toute la société", il a appelé "les Colombiens à s'unir contre les violents".

M. Duque s'est engagé à amplifier la lutte contre le narco-trafic et il a durci les conditions de reprise des négociations de paix avec l'ELN.

Le procureur a précisé que le véhicule utilisé avait passé un contrôle technique en juillet dernier dans l'Arauca, un département frontalier du Venezuela, où l'ELN est présente.

Les forces de sécurité montent la garde près d'une école de police cible d'un attentat à la voiture piégée le 17 janvier 2019 à Bogota.
Photo: AFP/VNA/CVN

Une employée du service de santé des Forces militaires a précisé à la radio que la voiture piégée était entrée "soudainement" dans l'école, "percutant presque les policiers et tout de suite il y a eu l'explosion".

Une commerçante ouvrait sa boutique de confection quand la vitrine a volé en éclats. "Lorsque nous avons regardé vers l'école, le ciel était gris de fumée. Les gens couraient, les sirènes... C'était horrible, horrible, on aurait dit la fin du monde", a déclaré cette femme de 62 ans, Rosalba Jimenez.

De l'ONU aux Farc: condamnations unanimes 

L'attentat a été unanimement condamné, en particulier par le bureau de l'ONU en Colombie, les États-Unis, le Venezuela voisin et les Farc, qui ont exprimé leur solidarité avec les victimes.

Il y a presque un an, le 29 janvier 2018, la police avait été la cible d'une attaque à la voiture piégée à Barranquilla, sur la côte caraïbe (Nord). Six policiers avaient été tués et 40 blessés. L'attaque avait été revendiquée par l'ELN.

En 2017, Bogota, qui compte huit millions d'habitants, avait été le théâtre de deux autres attaques meurtrières.

L'une, en juin dans un centre commercial, avait fait trois morts, dont une jeune Française, et plusieurs blessés. Les autorités l'avait attribuée à un groupuscule de gauche, le Mouvement révolutionnaire du peuple (MRP).

Précédemment, en février, un policier avait été tué et plusieurs autres personnes blessées dans un attentat contre les forces de l'ordre dans le quartier de la Macarena, également revendiqué par l'ELN.

AFP/VNA/CVN

 
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