Cinq choses à savoir sur les prix Nobel

Les prix Nobel sont attribués à partir de lundi 3 octobre et jusqu'au 10 octobre à Stockholm et Oslo. Voici cinq choses à savoir sur ces récompenses, remises à ceux qui ont oeuvré pour "le bienfait de l'humanité", selon le voeu de leur créateur, l'inventeur suédois Alfred Nobel.

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La cérémonie de remise du prix de Nobel de médecine en 2021 en Suède.
Photo : AFP/VNA/CVN

Un prix (presque) pour les vivants

Depuis 1974, les statuts de la Fondation Nobel stipulent qu'un prix ne peut être remis à titre posthume, sauf si la mort survient après l'annonce du nom du lauréat. Jusqu'à ce que la règle d'usage soit écrite noir sur blanc, seules deux personnalités disparues, des Suédois, avaient été récompensées: le poète Erik Axel Karlfeldt (littérature en 1931) et le secrétaire général de l'ONU Dag Hammarskjöld, vraisemblablement assassiné (prix de la paix en 1961). Il est également arrivé qu'un prix ne soit pas attribué, en forme d'hommage à un lauréat décédé, comme en 1948, après la mort de Gandhi. Un lauréat récent n'aura jamais eu la chance de recevoir le célèbre coup de téléphone annonçant un Nobel : après le prix de médecine 2011 au Canadien Ralph Steinman, on apprend sa mort trois jours auparavant. Mais il reste au palmarès.

Une fortune pour une médaille Nobel

Les prix Nobel sont dotés de la coquette somme de dix millions de couronnes par catégorie (environ 900.000 euros au cours actuel), et d'une médaille en or de 18 carats. Mais le Nobel de la paix et journaliste russe Dmitri Mouratov a réussi à transformer l'or en fortune, au profit des enfants ukrainiens. En juin, la médaille de 196 grammes reçue par le colauréat 2021 s'est envolée à 103,5 millions d'USD, déboursés par un philantrope anonyme et reversés à un programme de l'UNICEF. Soit 21 fois plus que le record précédent.

Une méprise à l'origine des prix ?

Le 12 avril 1888, le frère aîné d'Alfred Nobel, Ludvig, meurt à Cannes, en France. Mais Le Figaro fait une méprise, et annonce en Une la mort d'Alfred, d'une brève assassine : "Un homme qu'on ne pourra que très difficilement faire passer pour un bienfaiteur de l'humanité est mort hier à Cannes. C'est M. Nobel, inventeur de la dynamite". Quels tourments cette nécrologie avant l'heure ont-ils pu provoquer sur Alfred ? Beaucoup lui attribuent la paternité de la création des prix, en soulignant l'écho à la formule choisie par Nobel pour récompenser ceux qui ont contribué "au bienfait de l'humanité". "Mais on ne peut qu'imaginer" car l'incident n'est pas évoqué dans sa correspondance, souligne à l'AFP sa biographe Ingrid Carlberg. Quant aux visiteurs venus présenter leurs condoléances à l'hôtel particulier parisien de l'inventeur, ils ont la surprise d'être accueillis par un Alfred bien vivant, comme le relatera... Le Figaro, le lendemain.

Un Nobel de 1903, pionnier... sur le réchauffement climatique

Talentueux dans nombre de domaines, le physicien et chimiste suédois Svante Arrhenius est récompensé du prix de Chimie en 1903 pour sa "théorie électrolytique sur la dissociation". Mais ce sont d'autres travaux précurseurs qui lui valent aujourd'hui un statut de pionnier : à la fin du XIXe siècle, il est le premier à théoriser que la combustion des énergies fossiles - à l'époque, surtout du charbon - entraîne via l'envoi de CO2 dans l'atmosphère un réchauffement climatique. Selon ses calculs, un doublement de la concentration du gaz carbonique réchaufferait la planète de cinq degrés - les modèles modernes donnent aujourd'hui une fourchette de 2,6 à 3,9°C. Loin de se douter des quantités de plus en plus énormes d'énergies fossiles que l'humanité consumerait, Arrhenius sous-estime la rapidité à laquelle ce niveau sera atteint, et pronostique que ce réchauffement se produira sous l'effet de l'activité humaine... en 3000 ans.

Une concurrence nouvelle... et riche

Avec plus de 120 ans d'histoire et un nom connu dans le monde entier, les prix Nobel ont encore de la superbe. Mais certains les jugent un peu désuet voire poussiéreux, à choisir des découvertes souvent anciennes. Se voulant un Nobel alternatif, le Right Livelihood award a été créé en 1980 par un riche Germano-Suédois après que la fondation Nobel a refusé sa proposition de créer deux nouveaux prix pour l'environnement et le développement.

Mais les Nobel ont aussi trouvé un nouveau rival venu de la Silicon Valley, très richement dotés : les "Breaktrough Prize". Déjà surnommés les "Oscars de la science", ces concurrents californiens des augustes comités suédois sont dotés de 3 millions d'USD, soit environ trois fois plus qu'un Nobel.

AFP/VNA/CVN

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