>> La BCE devrait relever ses taux malgré une zone euro fragile
>> Inflation : le reflux des prix de l'énergie "facilite la tâche" de la BCE, selon le gouverneur
>> La BCE tentée par le statu quo malgré la reprise de l'escalade au Moyen-Orient
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| À droite, la tour de la BCE à Francfort, le 25 août. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Le principal taux directeur, sur les dépôts, devrait être relevé d'un quart de point, à 2,5%, à l'issue d'une réunion de politique monétaire délocalisée à Berlin, d'après les attentes d'analystes.
Après un premier relèvement en juin, la BCE reste confrontée à une poussée inflationniste alimentée par une hausse des prix du pétrole, conséquence du conflit entre les États-Unis et l'Iran mais aussi celles opposant houthis du Yémen à l'Arabie Saoudite.
Le baril de Brent a franchi le seuil des 100 dollars mercredi 9 septembre, pour la première fois depuis fin juillet, alors qu'au coeur des affrontements entre saoudiens et houthis yéménites figure le détroit de Bab el-Mandeb, de plus en plus utilisé par l'Arabie saoudite pour acheminer une partie de ses livraisons.
En outre, les espoirs d'une reprise rapide des flux énergétiques via le stratégique détroit d'Ormuz se sont éloignés.
Dans une zone euro fortement dépendante des importations d'énergie, l'inflation a atteint en août 3,3%, le plus haut niveau depuis trois ans, bien au-dessus de l'objectif de 2% fixé par la BCE.
Le conseil des gouverneurs, qui réunit 27 membres autour de la présidente Christine Lagarde, devrait donc resserrer les vannes du crédit, assumant des conséquences sur les prêts immobiliers, le financement des entreprises et les émissions de dette des États.
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| Le leader de La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Melenchon, à Lille le 5 setembre. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Cette perspective alimente le débat politique dans la zone euro.
En France, le leader de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé par avance ce tour de vis, alors que le pays est, selon lui, "au bord de la récession économique", dans un message sur le réseau X.
"La BCE nous conduit dans le mur", a écrit celui qui veut aussi faire annuler la partie de la dette française détenue par la Banque de France, membre de l'Eurosystème.
Mme Lagarde pourrait réagir à ces attaques jeudi 10 septembre lors de sa conférence de presse. La banque centrale rappelle à l'envi que son mandat s'exerce indépendamment des débats politiques nationaux.
L'après-septembre en question
Le principal enjeu de la réunion sera néanmoins la suite du cycle monétaire.
Si la hausse de jeudi 10 septembre paraît acquise, les marchés s'interrogent sur le fait de savoir si d'autres relèvements suivront.
Un premier indice viendra avec la publication de nouvelles projections macroéconomiques. Selon des économistes, les prévisions d'inflation pourraient être légèrement relevées.
La BCE ne peut rien contre une flambée des prix de l'énergie provoquée par les tensions au Moyen-Orient, mais elle surveille de près des effets dits de second tour sur les salaires et les prix. Ils sont susceptibles d'entretenir durablement l'inflation et ainsi d'obliger à poursuivre le durcissement de la politique monétaire.
Mais "jusqu'à présent la grande modération de l'inflation hors énergie montre qu'il est difficile de déceler de tels effets", fait valoir Eric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG School of Management.
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| La présidente de la BCE Christine Lagarde lors du G20 à Asheville, en Caroline du Sud, le 1er septembre. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Aussi, Mme Lagarde devrait donner "peu d'indications concrètes (...) quant à l'évolution future des taux", anticipe Dirk Schumacher, chef économiste de la KfW.
Et l'économie de la zone euro continue de faire preuve d'une certaine résilience, atténuant les craintes qu'un coût du crédit plus élevé pèsera trop lourdement sur l'activité.
Au-delà du débat monétaire, Christine Lagarde devrait également être interrogée sur son avenir à la tête de l'institution, après l'annonce de la publication de son autobiographie en janvier qui a ravivé les spéculations sur un départ anticipé.
Elle n'a pas exclu de quitter l'institution plus tôt que l'échéance d'octobre 2027 afin de porter une "voix européenne" dans le débat présidentiel français, selon une interview aux Échos en juillet.
AFP/VNA/CVN





