18/04/2022 15:58
Ici, les serveurs communiquent avec les clients par leurs signes, leurs yeux, leurs sourires et aussi leur désir de s’intégrer à la communauté. C’est le café des malentendants Angel à Dà Nang (Centre).
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À Angel, les serveurs communiquent par signes avec les clients.

Photo : DT/CVN

Au petit matin, Lê Dô Dinh Kha, 27 ans, originaire de l’arrondissement de Son Trà, à Dà Nang, un employé du café Angel, situé dans l’arrondissement de Thanh Khê, s’affaire déjà au travail : accueil des clients, préparation du thé et des mets, nettoyage des tables, arrangement des chaises après le départ des clients …

En regardant ce jeune homme mince et sympathique qui s’incline toujours pour accueillir les clients, beaucoup de personnes sont surprises d’apprendre qu’il est malentendant de naissance.

"Auparavant, je travaillais à temps partiel le week-end dans un café situé près de chez moi, il ne m’a donc pas fallu trop de temps pour que je m’habitue au travail ici, partage Dinh Kha avec des signes de la main. En tant que seule personne handicapée de ma famille, j’étais parfois complexé. Cependant, ce travail me permet de gagner ma vie et de me sentir plus confiant". 

Comme une deuxième famille

À l’intérieur de l’Angel, Lê Phu Tài salue et guide les clients jusqu’au comptoir pour commander des boissons. Comme Dinh Kha, Phu Tài a eu la malchance de naître sourd et muet. En raison de son handicap, il restait principalement à la maison.

"Au début, je rencontrais beaucoup de difficultés. Mais grâce à l’aide et à la compréhension de mes collègues, je me suis progressivement habitué au travail. Les employés du café prennent soin les uns des autres. Angel est comme ma deuxième famille, je suis vraiment heureux d’y travailler. J’ai attendu avec impatience mon premier mois de salaire pour l’offrir à mes parents", exprime Tài à travers des gestes. Dinh Kha et Phu Tài sont deux des 15 employés sourds ou malentendants.

Un modèle à multiplier

En tant que participant régulier à des activités caritatives, le patron du café Angel, Trân Dinh Tâm, 28 ans, originaire de l’arrondissement de Son Trà, à Dà Nang, a l’habitude de côtoyer des personnes handicapées.

Compatissant au sort malheureux de ces personnes, il a voulu créer un modèle d’entreprise exemplaire leur permettant de travailler, d’étudier et de s’intégrer à la société.

En 2019, après avoir discuté avec sa famille, le jeune homme a décidé d’ouvrir ce café et d’inviter des jeunes en situation de handicap à y travailler. Ici, tous les employés sont formés aux compétences de base du service et de la restauration.

"Lors de mes activités de volontariat, j’avais des contacts avec de nombreuses personnes handicapées, et j’ai constaté que beaucoup d’entre elles exerçaient des tâches auxiliaires à la maison. Elles étaient donc cantonnées à la sphère familiale, sans avoir la chance de pouvoir s’épanouir à l’extérieur",  raconte M. Tâm. 

"Rapidement, j’ai eu l’intention de construire un modèle de commerce pour les aider à avoir un emploi stable et à s’intégrer à la société. À partir de cette idée, j’ai contacté l’Association des personnes handicapées de Dà Nang pour étudier des modèles qui pouvaient convenir aux personnes handicapées", ajoute-t-il.

Lê Phu Tài est l’un des 15 serveurs malentendants du café Angel à Dà Nang (Centre).
 Photo :  DT/CVN

Selon Dinh Tâm, le modèle du café est très pertinent parce qu’il permet aux handicapés de communiquer avec d’autres personnes, l’aidant à améliorer sa confiance en soi. C’est aussi pour cela que ce modèle a été privilégié par beaucoup de personnes et qu’il est appliqué le plus souvent avec succès.

Cela ne veut pas dire que cela ne demande pas de travail : il a fallu près d’un an à Tâm pour mettre au point un fonctionnement efficace à son café. Il a dû aider ses employer à saluer, remercier, prendre les commandes, préparer les boissons… Et pour ce faire, il a dû apprendre lui-même la langue des signes ! Aujourd’hui, il envisage de noter sur de grands tableaux dans le café quelques signes simples qui permettront aux clients d’interagir davantage encore avec ses employés malentendants. 

Fort du succès de son café, qui s’est rouvert en novembre 2021, Tâm envisage déjà de multiplier les expériences : "Dans l’avenir, je souhaite développer ce modèle à Dà Nang et dans les provinces voisines".

Avec ce modèle, tout le monde est gagnant : les personnes malentendantes, bien sûr, mais aussi les clients qui ont parfois des préjugés sur les handicapés, et l’Association des personnes handicapées de Dà Nang qui peut trouver plus facilement des emplois à ses membres. Pour Dang Huong Giang, vice-présidente de l’Association, "c’est un modèle à valoriser et à multiplier".
 
Huong Linh/CVN

 

 
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