Adieu la CPME : la 2e organisation patronale devient Les Entrepreneurs, pour une nouvelle ère

Nouveau nom, nouvel événement annuel d'envergure : la CPME devient Les Entrepreneurs et convie jeudi 25 juin à une "grande assemblée" au parc des Princes, signe de l'ambition du président Amir Reza-Tofighi de faire monter en puissance la deuxième organisation patronale.

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Le président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises, Amir Reza-Tofighi, s'adresse à la presse devant l'Hôtel Matignon, à Paris, le 24 juin 2025.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Ce changement de nom incarne deux ambitions", a-t-il expliqué : "Remettre les entrepreneurs au cœur du débat public et en faire une force de proposition beaucoup plus impactante ; et d'autre part, aller chercher tous les entrepreneurs, d'entreprises de toutes tailles, qui ne sont pas aujourd'hui adhérents, pour que l'on soit collectivement plus forts".

Le nouveau nom a été accepté à l'unanimité des bureaux régionaux, a affirmé M. Reza-Tofighi, avec "quatre ou cinq abstentions".

Le président, âgé de 41 ans, a prévenu ses prédécesseurs Jean-François Roubaud et François Asselin du changement. M. Asselin avait lui-même allégé en 2017 l'ancien nom de l'ex-Confédération générale des PME (CGPME), créée en 1944, pour la simplifier en CPME.

Cette annonce est faite à la veille de la Grande assemblée des Entrepreneurs, nouvel événement annuel organisé au parc des Princes par la deuxième organisation patronale derrière le Medef.

"Trésor pour notre pays"

Environ 4.000 personnes y sont attendues, avec un dispositif renforcé contre la canicule. Le prix Nobel d'Économie, Philippe Aghion, ou encore le nouveau gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, y prendront la parole.

Jeudi 25 juin, le président des Entrepreneurs devrait évoquer dans son discours les souhaits du mouvement pour l'économie française, à moins d'un an des élections présidentielle et législatives.

Il devrait évoquer la nécessité de faire remonter la croissance à 2% par an sur le prochain quinquennat, au lieu de moins de 1% actuellement.

Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, salue la foule lors du 8e Paris Finance Forum (PFF) organisé au Pavillon Gabriel, à Paris, le 9 juin.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Sans cela, nous ne financerons ni notre modèle social ni nos grandes transitions et dépenses d'avenir", a-t-il souligné mercredi soir 24 juin dans une interview au Figaro.

Constatant que le pouvoir d'achat "progresse trop lentement" et que les hausses de salaires "sont trop difficiles", il a appelé dans cette interview à "redonner sa place au travail", en revoyant "complètement la mécanique des allègements de charges".

Il y souligne aussi "l'impératif de retrouver un équilibre des finances publiques", tout en conservant le modèle social français, "trésor pour notre pays", à condition de "faire des économies en luttant mieux contre les abus et les dérives".

"Faire avancer les choses"

"L'objectif n'est pas de rivaliser avec le Medef", le Mouvement des entreprises de France, assure-t-il, "mais d'avoir une parole collective plus forte : celle des Entrepreneurs est complémentaire de celle de toutes les autres organisations patronales".

M. Reza-Tofighi démontre en tout cas une grande -trop grande pour certains anciens- volonté de modernisation de son mouvement : pour cela, il a par exemple engagé pour plusieurs mois une équipe informatique de douze personnes, là où il n'y en avait aucune il y a un an.

Tout en se disant "dans la continuité" du mouvement, il a recruté de nouveaux responsables et veut lancer une Fabrique des entrepreneurs, "laboratoire de prospective" comprenant aussi des économistes et des experts.

Il pensait annoncer cette semaine à ses adhérents des changements de statuts de l'organisation mais, devant les interrogations que cela suscitait, en a différé la présentation à l'automne.

Fils d'immigrés iraniens avec l'entrepreneuriat dans la peau, Amir Reza-Tofighi a cocréé dès ses 20 ans l'entreprise de services à la personne Vitalliance, qui emploie aujourd'hui 13.500 collaborateurs.

"J'aime aller vite, prendre des risques, et parfois j'ai pu brusquer un peu", concède-t-il. "C'est un peu le défaut de l'entrepreneur lorsqu'il est à la tête d'une organisation patronale. Mais c'est aussi sa force, qui fait qu'il arrive à faire avancer les choses", dit-il.

AFP/VNA/CVN

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