>> Cyclone à Mayotte : deux morts et des dégâts matériels très importants
>> Course contre la montre pour secourir les habitants de Mayotte dévasté
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Cette image satellite montre une vue du port de Dzaoudzi, sur l'archipel français de Mayotte dans l'océan Indien, le 16 décembre, après le passage du cyclone Chido. |
Photo : AFP/VNA/CVN |
Trois jours après le passage de ce cyclone, le plus intense qu'ait connu Mayotte depuis 90 ans, l'archipel meurtri est en manque de tout, et les habitants s'alarment de la situation sanitaire qui se dégrade.
"Face à cette tragédie qui bouleverse chacun de nous, je décréterai un deuil national", a dit sur X lundi soir 16 décembre après une réunion gouvernementale de crise le chef de l'État, qui ira "dans les prochains jours" à Mayotte "en soutien" à la population et à toutes les personnes mobilisées.
"L'île est totalement dévastée" a déclaré le ministre démissionnaire de l'Intérieur Bruno Retailleau à La Réunion, au retour d'un déplacement à Mayotte, précisant que "70% des habitants ont été gravement touchés".
M. Retailleau a également annoncé l'arrivée "dans les prochains jours" de 400 gendarmes supplémentaires pour prêter main forte aux 1.600 gendarmes et policiers présents sur l'archipel, tout en précisant qu'il n'y avait "pas eu vraiment de pillage" jusqu'à présent.
Le cyclone a ravagé samedi 14 décembre le territoire de l'océan Indien, département le plus pauvre de France, où environ un tiers de la population vit dans de l'habitat précaire, totalement détruit.
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Le ministre de l'Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau (centre) et des fonctionnaires à son arrivée sur l'archipel français de Mayotte dans l'océan Indien, le 16 décembre, à la suite du passage du cyclone Chido. |
Photo : AFP/VNA/CVN |
Le préfet a ordonné la mise en place d'une mission de recherche des morts, les autorités, "incapables" de donner un bilan pour l'instant, redoutant "plusieurs centaines" de morts, peut-être même "quelques milliers" sur cet archipel comptant de nombreux bidonvilles.
Le décompte est d'autant plus compliqué que Mayotte est une terre de forte tradition musulmane et que, selon les rites de l'islam, de nombreux défunts ont vraisemblablement été enterrés dans les 24 heures suivant leur décès.
"Le bilan sera lourd, trop lourd" a prédit Bruno Retailleau.
Chido a probablement été favorisé par des eaux de surface proches de 30°C, ce qui fournit plus d'énergie aux tempêtes, un phénomène de réchauffement climatique déjà observé ailleurs cet automne.
L'impact a surtout été exceptionnel à Mayotte parce que le cyclone lui "fonçait droit dessus", explique le spécialiste du phénomène chez Météo-France, Sébastien Langlade.
"Besoins vitaux"
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Cette photo prise par la Sécurité civile française le 16 décembre montre des dommages sur l'archipel français de Mayotte dans l'océan Indien, après le passage du cyclone Chido. |
Photo : AFP/VNA/CVN |
Trois jours après la catastrophe, la priorité est d'assurer les "besoins vitaux" des habitants en eau et en nourriture, a insisté lundi 16 décembre Bruno Retailleau.
"On commence à manquer d'eau. Il nous reste quelques bouteilles mais il n'y a quasiment plus de stocks dans les magasins", s'inquiète auprès de l'AFP Antoy Abdallah, 34 ans, habitant de Tsoundzou.
"On risque une crise sanitaire", a alerté Ben Issa Ousseni, le président du Conseil départemental sur la chaîne Mayotte la 1re.
Sur l'archipel, premier désert médical de France, l'unique hôpital, très endommagé, "reprend progressivement son activité" et sera soutenu par un hôpital de campagne dès jeudi 19 décembre, a indiqué M. Retailleau.
Lundi 16 décembre, 25 premiers patients "en situation urgente" ont été évacués vers La Réunion.
Autre priorité pour les autorités, l'envoi de tentes et de bâches pour rétablir des habitats, totalement détruits ou la toiture arrachée par des rafales de vent qui ont atteint plus de 220 km/h.
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Les ravages du cyclone Chido à Mayotte. Photo : AFP/VNA/CVN |
Selon la Croix-Rouge française, 20 tonnes de matériel sont en cours d'acheminement.
Solidarité nationale
Face à l'urgence, le nouveau Premier ministre François Bayrou a appelé à la "solidarité nationale" lundi soir 16 décembre, depuis son conseil municipal à Pau.
De nombreux renforts humains et matériels sont mobilisés, avec l'envoi de 1.500 personnels civils et militaires dont 400 gendarmes, et 13 avions, selon les autorités.
La solidarité s'organise déjà sur le terrain malgré des conditions dégradées, alors qu'une grande partie de l'archipel est toujours privée d'électricité, de réseau mobile et d'internet.
Les secours cherchent toujours des sinistrés et s'attendent à trouver de nombreuses victimes dans les décombres des bidonvilles, très peuplés, notamment dans les hauteurs de Mamoudzou, la capitale ayant appelé lundi 16 décembre ses habitants majeurs et en "bonne condition physique" à "renforcer les équipes sur le terrain".
Selon Florent Vallée, de la Croix-Rouge française, "des familles entières" et "beaucoup d'enfants mineurs seuls" et "délaissés" vivent dans les bangas, ces petites maisons traditionnelles désormais détruites.
Les appels à la solidarité et les minutes de silence se sont multipliés en France et à l'étranger lundi 16 décembre, les États-Unis indiquant être prêts à "offrir une aide humanitaire appropriée".
AFP/VNA/CVN