05/11/2016 15:49
Le groupe Renault a proposé vendredi 4 novembre l'embauche de 3.000 salariés en CDI en France d'ici trois ans et la réduction de moitié du taux d'intérimaires, un objectif jugé "insuffisant" par les syndicats.

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La moitié des embauches est prévue dans les sites de fabrication.
Photo : AFP/VNA/CVN

La moitié des embauches est prévue dans les sites de fabrication, a précisé la direction dans un communiqué, qui négocie actuellement avec les syndicats un nouvel accord d'entreprise.

"Les propositions sont en-deçà de ce que nous souhaitons", a déclaré Franck Daoût, délégué central de la CFDT. Le syndicat réclame 4.500 recrutements pour faire face à la baisse prévue du nombre d'intérimaires.

Même son de cloche chez Bruno Azières, de la CFE-CGC (1er syndicat), qui déplore que "l'embauche ne soit pas un levier de la réduction du nombre d'intérimaires", estimé par les syndicats entre 8.500 et 9.000 sur les sites de fabrication, où leur proportion atteint en moyenne les 50%.

Selon les calculs de la CFE-CGC, ces recrutements compenseront à peine le nombre de départs naturels (retraite, démission, décès) des trois prochaines années. Avec des effectifs en CDI stable et une division du nombre d'intérimaires par deux, "nous devrons faire le même volume avec moins de personnes", regrette la CFE-CGC.

Interrogée sur les départs naturels prévus pendant la même période, la direction n'a pas donné de chiffres.

La CGT, elle, craint "une dégradation des conditions de travail" malgré les 500 millions d'euros d'investissement promis fin octobre. Elle réclame 9.000 embauches pour compenser les emplois supprimés lors du précédent accord en 2013. Ce dernier, selon la direction, se soldera à fin 2016 par 9.200 départs sur trois ans et 3.000 embauches (contre 730 prévues initialement) dont une partie seront réalisées en 2017.

Un "projet hyper-ambitieux"

Le constructeur automobile Renault est actuellement dans une bonne dynamique.
Photo : AFP/VNA/CVN

Laurent Smolnick (FO) a reconnu que son syndicat "souhaiterait encore plus d'embauches" tout en saluant "un chiffre pour une première proposition (qui) n'est vraiment pas négligeable".

À titre de comparaison, PSA s'est engagé à 1.000 embauches en CDI pour les trois prochaines années dans son dernier accord pluriannuel signé pendant l'été.

La direction de Renault, qui souhaite aboutir à un accord avant mi-décembre, propose aussi 6.000 contrats jeunes, alternants et stagiaires, à raison de 2.000 par an. Un chiffre stable par rapport à ces dernières années, selon elle.

Autre thème évoqué : le dialogue autour de la qualité du travail. Sur ce point, qu'elle qualifie de "révolution", la CFDT s'est montrée très enthousiaste, même si "les modalités de mises en oeuvre restent à discuter". "C'était l'une de nos revendications, avec par exemple la création d'un temps d'expression pour les salariés, sur leur capacité à bien faire leur travail", précise le délégué CFDT. FO évoque un "projet hyper-ambitieux" dont les effets ne se feront sentir qu'à long terme.

La proposition a été accueillie plus froidement par la CGT et la CFE-CGC, sceptiques sur sa réalisation. "Cela me parait compliqué à appliquer, au vu de la mentalité de certains", a déclaré Xavier Raynaud, délégué central adjoint de la CGT.

Ce projet d'évolution des pratiques managériales fera partie de la prochaine réunion le 15 novembre. Dans le périmètre de l'accord (Renault SAS et sept filiales industrielles), Renault recensait 35.000 salariés fin 2015.

AFP/VNA/CVN


 

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