31/12/2016 21:28
Frappé comme en Italie par une grave crise il y a quelques années, le secteur bancaire espagnol est désormais plus sain, presque dans la moyenne européenne, mais peine à se débarrasser de ses actifs toxiques, sur fond de licenciements massifs.
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Depuis la crise, la part des créances douteuses dans le bilan des banques espagnole s'est largement réduite.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Le système est sur le point de mettre derrière lui la majorité de l'héritage de la crise", expliquaient mi-décembre les analystes du Fonds monétaire international (FMI) chargés de l'Espagne.

L'annonce, juste avant Noël, du sauvetage public de la banque italienne Monte dei Paschi di Siena, a réveillé des souvenirs douloureux dans la quatrième économie de la zone euro.

Au printemps 2012, l'Union européenne avait dû voler au secours des banques espagnoles, renflouées à hauteur de 41 milliards d'euros, contre environ 50 milliards pour la Grèce, par exemple.

L'Espagne était alors laminée par l'éclatement en 2008 d'une bulle immobilière après des années d'euphorie, où des prêts étaient accordés à tour de bras à des foyers incapables de les rembourser.

Depuis, la part de ces créances douteuses dans le bilan des banques s'est largement réduite. Au deuxième trimestre 2016, elle était de 6%, légèrement au-dessus de la moyenne européenne (5,4%) mais bien en-deçà de l'Italie (16,4%), du Portugal (20%) ou de la Grèce (47%), selon le dernier rapport de l'Autorité bancaire européenne (EBA).

La Banque d'Espagne, dont le mode de calcul est plus large, dénombrait fin novembre 9,2% de prêts douteux, contre 13,6% fin 2013, pic historique.

La baisse devrait se poursuivre d'ici à 2018 grâce aux "conditions macroéconomiques favorables" - le gouvernement prévoit 3,2% de croissance en 2016, le double de la moyenne de la zone euro -, estime l'agence de notation Moody's.

Les conditions pour accorder des crédits sont désormais bien plus strictes.

En revanche, les banques peinent à revendre l'énorme quantité de biens immobiliers saisis pendant la crise auprès de ménages en défaut de paiement, car les acheteurs ne se bousculent pas au portillon.

"Malgré la légère reprise du marché immobilier en 2015, les saisies immobilières des banques continuent à dépasser le volume de biens qu'elles parviennent à vendre", explique Moody's, qui évalue à 350 milliards d'euros le montant des actifs "problématiques" encore aux mains des banques.

Diversification internationale

Le siège de la banque Santander, première banque espagnole, à Boadilla del Monte près de Madrid, le 3 juin 2016.
Photo : AFP/VNA/CVN

En revanche, "il y a eu un bon travail du point de vue des liquidités et du capital" point crucial pour renforcer la solidité des banques, souligne Nuria Alvarez Añibarro, analyste chez Renta 4.

Les résultats des grandes banques lors des derniers tests de résistance de l'EBA ont été satisfaisants.

En parallèle, le secteur a misé sur l'étranger pour survivre. "La diversification internationale (...) a sans aucun doute facilité la digestion de la crise récente", écrivait mi-novembre sur son blog Daniel Manzano, du cabinet de consultants Analistas financieros internacionales.

Selon lui, 42% du chiffre d'affaires du secteur se fait désormais hors d'Espagne, le double d'avant la crise.

Mais le Brexit suscite des craintes - la n°1 Banco Santander est très présente au Royaume-Uni -, tout comme l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, en raison de la forte implantation de BBVA (n°2) au Mexique.

Comme ailleurs en Europe, l'inquiétude vient surtout d'une rentabilité en berne à cause de la faiblesse des taux d'intérêt.

Sur les neuf premiers mois de 2016, la marge brute du secteur a chuté de 7% en glissement annuel, selon BBVA Research.

Pour réduire les coûts, le secteur a pourtant déjà subi une sévère cure d'amaigrissement, sur fond de montée du numérique par rapport aux agences physiques : 27% des emplois (75.000 postes) et 36% des agences ont été supprimés en sept ans, selon la même source.

En 2016, Banco Santander et CaixaBank ont lancé des plans de départ volontaires et de préretraites. Ce mouvement "continuera" en 2017, mais sans doute moins intensément car les "dégraissages" atteignent le "point optimal d'efficacité", prévoit Nuria Alvarez Añibarro.

À moyen terme, des fusions sont également attendues.

AFP/VNA/CVN

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