29/10/2016 14:56
La coalition internationale a indiqué que les forces irakiennes observaient une "pause" d'environ deux jours dans leur offensive pour reprendre au groupe État islamique (EI) la ville de Mossoul, où les jihadistes ont commis des massacres selon l'ONU.
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Des membres forces irakiennes à leur arrivée le 28 octobre 2016 dans le village Umm Mahahir au sud de Mossoul, repris aux groupe EI.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'objectif est de consolider les gains obtenus durant les douze premiers jours d'opérations, a expliqué le 28 octobre le colonel américain John Dorrian, un porte-parole militaire de la coalition internationale menée par Washington qui soutient les forces irakiennes dans leur reconquête de la deuxième ville du pays.

"Ensuite, la marche sur Mossoul reprendra", a-t-il ajouté lors d'une vidéoconférence depuis Bagdad, précisant que cet arrêt temporaire faisait partie du plan initial. Quelques heures après cette annonce, un communiqué militaire irakien a toutefois indiqué "que les opération militaires continuaient".

Pendant la pause, les troupes irakiennes "se repositionnent, se ré-équipent, et font du nettoyage" dans les zones conquises, a expliqué le colonel Dorrian.

"Nous nous attendions à ce qu'il y ait des moments où elles auraient besoin d'une pause et de repositionnements", a-t-il indiqué, expliquant qu'il s'agissait aussi d'adapter le dispositif irakien aux tactiques et décisions prises par l'ennemi jusqu'à présent. Il a assuré que la coalition internationale, qui va continuer ses bombardements, avait déjà utilisé près de 2.500 "bombes, missiles, obus ou roquettes guidées" contre les jihadistes.

Le 28 octobre, l'ONU a indiqué que l'EI avait exécuté par balles cette semaine plus de 250 personnes, dans et autour de Mossoul, son fief en Irak et le lieu où le groupe ultraradical a proclamé son "califat" en 2014.

Situation "inquiétante" 

Des familles irakiennes ayant fuient les combats, se rassemblent le 28 octobre 2016 dans la région de Qayyarah. Photo : AFP/VNA/CVN

L'EI aurait en outre kidnappé près de 8.000 familles autour de Mossoul, vraisemblablement pour les utiliser comme "boucliers humains", d'après les Nations unies. "La stratégie dépravée et lâche (de l'EI) consiste à essayer d'utiliser la présence des civils pour mettre des zones ou des combattants à l'abri des opérations militaires", a ainsi affirmé le Haut-commissaire de l'ONU pour les droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.

Ces tueries, qui "ont été corroborées dans la mesure du possible" selon l'ONU, ne seraient que les dernières d'une série d'atrocités perpétrées par l'organisation extrémiste depuis 2014.

Depuis le début de l'offensive sur Mossoul le 17 octobre, l'avancée des forces de sécurité irakiennes a permis de resserrer l'étau sur Mossoul par le nord, l'est et le sud, mais le nombre de personnes fuyant l'EI augmente et le spectre d'un déplacement massif de civils grandit de jour en jour.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 16.566 personnes ont été déplacées depuis le début des opérations militaires. "Nous avons constaté une augmentation spectaculaire dans les chiffres ces derniers jours et (les civils) vont maintenant dans les camps récemment mis en place", a déclaré à l'AFP Karl Schembri, du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).

Selon lui, la situation "est déjà inquiétante" alors que les forces irakiennes ne sont pas encore entrées dans la ville. Au moment où cela arrivera, "on assistera à un déplacement de masse". Mais les déplacés de guerre, déjà au nombre de 3,3 millions en Irak depuis 2014, sont seulement l'un des nombreux problèmes qui vont continuer à hanter le pays après la fin des combats.

"Limiter la destruction" 

Un membre des forces irakiennes en patrouille à Hamdaniya près de Mossoul, le 28 octobre 2016. Photo : AFP/VNA/CVN

Un autre enjeu de taille concerne la relation entre Bagdad et la région autonome kurde (nord-est), dont les forces peshmergas ont joué un rôle important dans la guerre contre l'EI, combattant les jihadistes mais aussi étendant les territoires qu'elles contrôlent au-delà de leur frontière officielle.

Cela poserait surtout problème si le Kurdistan irakien fait pression pour son indépendance, un sujet que le Premier ministre de cette région a dit vouloir remettre sur la table après la prise de Mossoul.

"Aussitôt Mossoul libérée, nous allons nous réunir avec nos partenaires à Bagdad et discuter de notre indépendance", a affirmé Nechirvban Barzani au quotidien allemand Bild. "Nous ne sommes pas arabes, nous sommes notre propre nation kurde. (...) A un moment, il y aura un référendum sur l'indépendance du Kurdistan".

Soutenues par l'aviation de la coalition internationale, les forces irakiennes fédérales et kurdes ont progressé plus rapidement que prévu, selon des responsables, et se sont déjà emparées de localités et villages aux environs de Mossoul.

Dans un entretien accordé à l'AFP, le général américain Joseph Votel, chef du Commandement central de l'armée américaine (Centcom), estimait le 27 octobre que que les forces irakiennes avaient "probablement tué environ 800 à 900 combattants de l'EI" jusqu'à présent. Certains jihadistes ont fui par l'ouest de Mossoul, où les forces irakiennes n'ont pas ouvert un front.

Cette stratégie, critiquée par certains analystes, a des avantages selon M. Votel: "Elle permet aux populations s'enfuir et (...) de limiter la destruction de la ville".

AFP/VNA/CVN
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