19/11/2016 16:13
Les quartiers rebelles d'Alep, dans le Nord de la Syrie, subissent leurs bombardements d'artillerie les plus violents depuis deux ans, signe de la volonté du régime syrien de reprendre le contrôle de toute la ville.
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Des habitants recherchent des victimes dans les décombres des immeubles, le 16 novembre à Idleb, en Syrie. 
Photo : AFP/VNA/CVN


À Berlin, les principaux dirigeants européens et le président américain Barack Obama ont appelé à "l'arrêt immédiat" des attaques contre le secteur rebelle d'Alep, qui échappe depuis 2012 au contrôle du régime de Bachar Al-Assad.

L'actuelle offensive sur Alep-Est a commencé le 15 novembre et les forces progouvernementales ont pilonné plusieurs quartiers le 18 novembre, pour la quatrième journée consécutive.

Selon le correspondant de l'AFP en secteur rebelle, jamais depuis deux ans l'artillerie gouvernementale n'avait pilonné ces quartiers avec une telle intensité, avec des roquettes s'abattant dans un bruit terrifiant et des explosions faisant trembler le sol.

En fin de journée, un hôpital du quartier de Maadi a été bombardé et mis hors service par le régime, selon une ONG, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Selon une source médicale, "l'hôpital a été en partie détruit et deux patients ont été tués". D'autres ont été blessés ainsi que du personnel médical.

Plus tôt, des bombardements avaient complètement détruit le QG de la défense civile à Bab al-Nairab, un autre quartier du secteur rebelle, a rapporté un secouriste.

Selon le correspondant de l'AFP à Alep-Est, les écoles pourraient rester fermées les 19 et 20 novembre dans cette partie de la ville, en raison de l'intensité des bombardements.

Lumières éteintes

Dans la journée, des hélicoptères avaient largué des barils d'explosifs sur plusieurs quartiers rebelles de l'ancienne capitale économique de Syrie, devenue le principal front d'un conflit qui a fait plus de 300.000 morts depuis 2011.

Les habitants d'Alep-Est restent terrés chez eux, a indiqué le correspondant de l'AFP. Les insurgés ont pour leur part tiré une quinzaine de roquettes sur la partie d'Alep tenue par les forces gouvernementales, faisant cinq morts dont deux fillettes, d'après les médias officiels.

Depuis la reprise des bombardements le 15 novembre, après une suspension d'un mois, les bombardements du régime ont tué au moins 65 civils selon l'OSDH. Les habitants d'Alep-Est, assiégées depuis quatre mois, ne peuvent plus recevoir aucune aide humanitaire. Les dépôts des ONG locales sont vides et des habitants affamés ont attaqué cette semaine des dépôts de vivres du conseil municipal rebelle, selon un journaliste de l'AFP.

Les ruines d'une unité médicale après un bombardement aérien mené sur un quartier contrôlé par les opposants, près d'Alep, le 1er octobre.
Photo : AFP/VNA/CVN



Les États-Unis "'paralysés"

Les forces du régime "entendent combiner bombardements aériens et famine
résultant du siège pour obtenir une reddition des rebelles", estime Thomas Pierret, spécialiste de la Syrie et professeur à l'université d'Edimbourg.

Selon des analystes, Damas et ses alliés veulent aller vite avant la prise de fonction de Donald Trump à la présidence américaine le 20 janvier. "Il est clair que la Russie, Damas et Téhéran veulent reprendre l'est d'Alep rapidement. Les Etats-Unis sont paralysés, il faut (pour eux) mettre Trump devant le fait accompli en janvier prochain", a déclaré à l'AFP Fabrice Balanche, expert de la Syrie au Washington Institute.

À l'est de la capitale Damas, au moins 22 civils dont dix enfants ont péri en 24 heures dans des bombardements sur plusieurs villes de la Ghouta orientale, autre fief des rebelles, selon l'OSDH.

Par ailleurs, une coalition arabo-kurde a lancé le 5 novembre une offensive en vue de reprendre Raqa au groupe État islamique (EI), qui a fait de cette ville de l'est sa "capitale" en Syrie.

L'alliance arabo-kurde tente actuellement de déloger l'EI d'une hauteur stratégique qui lui ouvrirait la route de Raqa. Un haut responsable des Forces démocratiques syriennes (FDS), qui réunissent ces combattants arabes et kurdes, a déclaré à l'AFP que la coalition internationale dirigée par les États-Unis non seulement avait livré de nouvelles armes aux FDS mais participait directement aux combats sur le terrain.

AFP/VNA/CVN

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