30/04/2017 08:31
À 50 km environ du centre de Hanoï, la commune de Vân Hoà est l’une des localités où l’art des gongs des Muong est le plus vivace. Conscients de son inestimable valeur, les locaux font tout pour le préserver et le mettre sur le devant de la scène.
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Lors des fêtes, les Muong ont pour tradition de jouer du gong.

Vân Hoà fait partie des sept communes montagneuses du district de Ba Vi, en banlieue de Hanoï. Ici, les Muong vivent en harmonie avec deux autres ethnies que sont les Kinh (l’ethnie majoritaire au Vietnam) et les Dao. Au fil des années, l’urbanisation et l’industrialisation ont rapidement transformé la commune.

Vân Hoà est ainsi confrontée au risque de voir disparaître ses valeurs culturelles traditionnelles sous les flots de la modernité. Celle-ci n’a pas épargné l’art des gongs des Muong. Raison pour laquelle Vân Hoà a mis sur pied des activités afin de préserver et de mettre en valeur cet art.

Agricultrices et artistes

Grâce à la politique de préservation et de conservation approuvée par le district de Ba Vi en 2015, la commune de Vân Hoà a commencé à créer des clubs de gongs dans ses hameaux. En moins de deux ans, huit des dix hameaux de la commune possède chacun leur propre troupe de joueurs de gongs, qui s’entraînent avec ardeur. Ils participent souvent à des échanges culturels et à des représentations organisées dans d’autres localités.

La troupe de joueurs de gongs du hameau de Ban est la dernière née de la commune de Vân Hoà. Elle a vu le jour début 2016, sous le patronage de l’Association des femmes de ce hameau. Le plus réjouissant, c’est que ses membres sont de plus en plus nombreux. Ils étaient déjà 20, deux mois après sa fondation.

Les représentations de gongs permettront à la jeune génération de perpétuer la musique traditionnelle de leur ethnie.

Point particulier, tous les membres sont des femmes et ont entre 35 et 68 ans. Elles aiment la musique traditionnelle, en particulier le son des gongs, lequel les accompagne toute leur vie, depuis leur naissance jusqu’à leur maturité, et enfin leur mort. Le son des gongs occupe aussi une place importante lors d’événements spéciaux, tristes comme heureux. C’est pourquoi, elles participent avec grand plaisir.

«Les deux tiers de la population de notre hameau sont d’ethnie Muong. Ils sont fiers du lieu où ils sont nés ainsi que des produits culturels et folkloriques de leur ethnie, remarque Lê Tât Cât, chef du hameau de Ban. Notre troupe est le fruit de la campagne de sensibilisation de la population sur la nécessité de préserver et de conserver les gongs, menée par l’Association des femmes et l’antenne de l’Organisation du Parti communiste du hameau. Bien qu’elle soit encore toute jeune, la troupe a contribué à véhiculer une belle image de la culture Muong».

Faire rayonner les gongs au-delà de leur espace

À la différence des autres hameaux du district de Ba Vi ou bien de celui de Thach Thât, la troupe de Ban fonctionne grâce au soutien de bon nombre de villageois. «Nous étions très heureux de recevoir le feu vert pour la fondation de la troupe. Mais comme nous sommes dans une situation financière difficile, chacune d’entre nous ne pouvait cotiser que quelques dizaines de millier de dôngs, insuffisant pour acheter un ensemble de gongs», confie Nguyên Thi Vinh, la chef de la troupe.

Face à cette situation, Nguyên Thi Son, également membre de la troupe, a décidé de vendre le grand jacquier cultivé dans son jardin pour récupérer deux millions de dôngs. Mais comme les gongs coûtent cher, la troupe n’avait pas d’instruments pour pratiquer. Elle a dû en emprunter à d’autres communes.

Heureusement, un généreux donateur du hameau a financé l’achat d’un ensemble complet. Depuis, tous les membres de la troupe font le maximum pour se perfectionner. Pour avoir du temps pour les répétitions et les représentations sur scène, ils se lèvent aux aurores tous les jours afin de faire paître leurs bœufs et veillent plus tard afin d’effectuer les tâches ménagères.

«À chaque fois que les gongs résonnent, je sens les villageois se rapprocher les uns et les autres. Cela ravive aussi leur intérêt pour la culture traditionnelle», confie Nguyên Thi Son. Elle estime que le sentiment des villageois pour la culture des gongs constitue un élément fondamental, un moteur pour préserver cette tradition originale.

Aujourd’hui, chez les Muong de Vân Hoà, les gongs résonnent toujours, et peut-être même plus qu’avant, en particulier lors du Têt et des fêtes traditionnelles. Dans l’optique de perpétuer cette musique traditionnelle, une série de mesures a été prise par le Comité populaire de la ville de Hanoï : ouvrir des cours à l’intention des jeunes, organiser des échanges d’expériences en la matière avec la province de Hoà Binh, l’une des localités pionnières dans la préservation et la valorisation des gongs des Muong, organiser des fêtes et festivals dans les communes et districts. Par ailleurs, d’importants investissements de l’État, des localités et d’autres sources ont été réalisés pour que les jeunes reprennent le flambeau.
 
Texte et photos : Phuong Nga-Thanh Hà/CVN
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