21/04/2019 15:18
Sauf coup de théâtre, l'Ukraine se prépare à un saut dans l'inconnu: le comédien novice en politique Volodymyr Zelensky part dimanche 21 avril grand favori du second tour de la présidentielle dans ce pays en guerre aux portes de l'Union européenne.

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Le comédien et candidat à la présidentielle en Ukraine Volodymyr Zelensky fait le V de la victoire à l'issue d'un débat avec le président sortant Petro Porochenko le 19 avril 2019 à Kiev. Photo: AFP/VNA/CVN


Cinq ans après la révolution pro-occidentale du Maïdan, les Ukrainiens semblent prêts à renverser de nouveau la table en préférant cet acteur et humoriste de 41 ans au sortant Petro Porochenko, qui à 53 ans paye son incapacité à mettre fin au conflit dans l'est et les scandales à répétition éclaboussant la classe politique.
 

Les bureaux de vote doivent ouvrir de 08h00 à 20h00 locales (de 05h00 à 17h00 GMT). Des premiers sondages sortie des urnes sont attendus dès la clôture du scrutin avant que de premiers résultats partiels ne soient publiés dans la nuit.


Inimaginable il y a encore quelques semaines, une victoire de Volodymyr Zelensky, nouveau soubresaut de la vague mondiale anti-élites, est considérée comme acquise par bien des observateurs à Kiev.
 

Largement en tête du premier tour avec un score double de celui de son rival, M. Zelensky était crédité de plus de 70% des intentions de voix dans les derniers sondages avant le second tour.
 

Rares sont ceux qui ont pris au sérieux le comédien lorsqu'il a annoncé sa candidature le 31 décembre. Ont suivi quatre mois de campagne hors normes menée essentiellement sur les réseaux sociaux, où il s'est posé en "mec simple" voulant "casser le système" à l'image du professeur d'histoire sympa élu président qu'il incarne dans une série télévisée.
 

Au-delà de sa promesse de maintenir le cap pro-occidental pris en 2014, la politique que mènerait M. Zelensky reste très floue même s'il a tenté entre les deux tours de renforcer sa crédibilité, s'entourant de conseillers plus expérimentés et s'exprimant enfin dans la presse.
 

"Film d'horreur" 
 

Le comédien et candidat à la présidentielle en Ukraine Volodymyr Zelensky (droite) parle avec le président sortant Petro Porochenko le 19 avril 2019 à Kiev. Photo: AFP/VNA/CVN


Les enjeux sont considérables pour cette ex-république soviétique confrontée à une crise inédite depuis son indépendance en 1991, mais aussi pour les relations à couteaux tirés entre la Russie et les Occidentaux. L'arrivée au pouvoir de pro-occidentaux en 2014 a été suivie de l'annexion de la péninsule de Crimée par la Russie et d'une guerre qui a fait près de 13.000 morts en cinq ans dans l'Est.
 

Cette crise a largement contribué à la crise actuelle entre la Russie et les Occidentaux, qui ont décrété des sanctions réciproques. Si elle se confirme, l'élection d'un nouveau président inexpérimenté sera suivie de très près par les chancelleries.


Vendredi 19 avril, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a appelé les deux candidats "pour souligner son soutien à la souveraineté de l'Ukraine et à son intégrité territoriale", et il a "réitéré l'engagement (des États-Unis) à travailler avec celui que le peuple ukrainien choisira, quel qu'il soit".
 

La semaine dernière, les candidats avaient été reçus à Paris par le président français Emmanuel Macron, pour discuter notamment du conflit dans l'Est de l'Ukraine.
 

"Une présidence de cinq ans, ce n'est pas une comédie (télévisée) qu'on peut éteindre si ce n'est plus drôle. Ni un film d'horreur facile à arrêter", a plaidé le président sortant samedi sur sa page Facebook, appelant les électeurs à "penser à l'Ukraine".


Si Petro Porochenko est crédité par ses supporters d'avoir rapproché l'Ukraine des Occidentaux, redressé l'armée et évité une faillite de son pays, l'un des plus pauvres d'Europe, aucun haut responsable n'a été condamné pour corruption et le processus de paix semble dans l'impasse.

 

Pour Anatoli Oktysiouk, du centre d'analyse Democracy House, la victoire probable du comédien, encore adolescent à la chute de l'URSS, reflète surtout la défiance envers "les anciens hommes politiques".


"Les scandales permanents de corruption, certaines réformes, la baisse du niveau de vie, la pauvreté... tout cela a poussé les électeurs de l'est, du centre, de l'ouest mais aussi de Kiev à exprimer leur méfiance", a-t-il expliqué.
 

Pour mettre au jour l'inexpérience de son rival, le chef de l'État sortant comptait sur le débat de l'entre-deux tours. Tenu finalement vendredi 19 avril, après des négociations rocambolesques, dans un stade de Kiev, le face-à-face n'a pas changé la donne, donnant lieu à un échange d'invectives plus qu'à une discussion sur le fond.
 

Accusé d'incompétence, l'acteur, fort de ses 20 ans d'expérience de stand-up, a multiplié les phrases choc: "Je suis le résultat de vos erreurs et de vos promesses".

AFP/VNA/CVN


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