27/11/2021 16:18
La Russie était en deuil vendredi 26 novembre après la mort de 51 personnes dans un accident survenu dans une mine de charbon en Sibérie, au lendemain duquel un secouriste enseveli est "miraculeusement" parvenu à s'extraire.
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Des proches des mineurs tués dans l'accident meurtrier, près de l'entrée de la mine de Listviajnaïa, dans la région sibérienne de Kemerovo, le 26 novembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les enquêteurs ont arrêté les responsables de la mine - propriété d'un oligarque -, les accusant de violations ayant conduit à la catastrophe, l'une des pires de ces dix dernières années dans le secteur minier en Russie, régulièrement endeuillé.

Des proches de victimes étaient en pleurs vendredi matin 26 novembre près du site, recouvert de neige, et où se trouvent toujours des secouristes, a constaté un correspondant de l'AFP.

Jeudi 25 novembre, vers 08h30 locales (01h30 GMT), l'alerte avait été donnée après la présence de fumée dans la mine de Listviajnaïa, à Gramoteïno, dans la région minière de Kemerovo.

Selon les autorités locales, 285 personnes se trouvaient alors sous terre. La majorité a été secourue, mais 46 autres sont restées bloquées à plusieurs centaines de mètres de profondeur.

Un mineur rescapé, qui n'a pas donné son nom, a raconté à la chaîne Russia 24 avoir été "sauvé" par les secouristes au milieu d'une épaisse fumée. "J'ai peut-être perdu connaissance, je ne sais pas combien de temps s'est écoulé".

"La visibilité était mauvaise, ils m'ont attrapé et ils m'ont tiré", a raconté un autre rescapé, lors d'un reportage diffusé vendredi 26 novembre par la même chaîne.

"Vrais héros" 

Signe du choc suscité par cet accident, les autorités ont décrété trois jours de deuil dans la région de Kemerovo. Pendant la nuit, les autorités avaient annoncé qu'il n'y avait pas de survivants parmi ceux restés sous terre, et que six secouristes, portés disparus, avaient également succombé.

Mais, vendredi matin 26 novembre, l'un de ces secouristes a été retrouvé vivant. Il a passé la nuit enseveli puis est remonté seul à la surface et a appelé à l'aide, selon les autorités.

"J'estime que c'est un miracle", a réagi le ministre par intérim des Situations d'urgence, Alexandre Tchouprian.

"Les vrais héros, ce sont les morts. Moi, je me suis juste battu pour vivre, beaucoup d'autres l'auraient sans doute fait à ma place", a déclaré le miraculé, Alexandre Zakovriachine, cité par l'agence Ria-Novosti.

Cet homme de 51 ans, marié et père d'un enfant, est actuellement hospitalisé pour une intoxication au monoxyde de carbone. Ses cinq collègues décédés, âgés de 33 à 56 ans, seront décorés à titre posthume de la médaille du courage.

La cause de l'accident envisagée est un coup de grisou, une explosion causée par un mélange entre de l'oxygène et du méthane. Les recherches avaient d'ailleurs été suspendues jeudi à cause de risques d'explosion.

Cinquante personnes ont été hospitalisées après l'accident, selon les autorités sanitaires.

"Négligence" 

Carte localisant la mine de charbon de Listviajnaïa en Sibérie.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le Comité d'enquête a ouvert une investigation pour "violation des normes de sécurité" et a annoncé jeudi soir 25 novembre l'arrestation du directeur de la mine, de son adjoint, ainsi que du responsable de la zone où l'accident a eu lieu.

Vendredi 26 novembre, deux responsables des services d'inspection des sites industriels (Rostekhnadzor), ont été visés par une autre enquête, pour "négligence".

Les accidents dans les mines de Russie, comme ailleurs en ex-URSS, sont souvent liés au laxisme dans l'application des normes de sécurité, à une mauvaise gestion ou à des équipements vétustes.

L'une des pires catastrophes du genre remonte à mai 2010, quand 91 personnes avaient péri dans la mine de Raspadskaïa, également dans la région de Kemerovo.

Une explosion dans la mine de Listviajnaïa avait déjà eu lieu en octobre 2004, faisant 13 morts. Selon les médias russes, une déflagration y avait aussi tué cinq personnes en 1981.

Le site appartient à la holding SDS, l'un des plus gros producteurs russes de charbon, propriété d'un multi-millionnaire, Mikhaïl Fediaev.

Sur Telegram, le directeur de l'ONG Transparency International en Russie, Ilia Choumanov, a jugé qu'il était "évident" que les dirigeants de SDS ne seraient pas poursuivis en justice, soulignant que M. Fediaev avait des liens avec l'antenne régionale du ministère de l’Intérieur.

Un ancien ouvrier de la mine de Listviajnaïa, Denis Timokhine, interrogé par le média Taïga.info, a lui affirmé que la sécurité du site était défaillante et que la société SDS privilégiait le rendement. "Tout le monde s'attendait à cette explosion, mais personne ne savait quand elle aurait lieu".
 
 AFP/VNA/CVN 
 
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