20/09/2021 22:50
Afin de sauver des dizaines de milliers de personnes du COVID-19 à Hô Chi Minh-Ville, des milliers de personnels médicaux, notamment des équipes de réanimateurs, ont dû travailler dans des conditions inconfortables et difficiles dans les hôpitaux de campagne. Les dirigeants du secteur de la santé ont déclaré : "Protéger la santé du personnel médical, c'est protéger la santé de la population".
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Les médecins en première ligne travaillent dans des conditions inconfortables.

Hô Chi Minh-Ville est devenue l'un des points chauds de la 4e vague épidémique de COVID-19, d'avril 2021 à aujourd'hui. Des millions de médecins et d'infirmières de la ville venant souvent d'autres provinces ont lutté dans ce "combat sans précédent" pour protéger la population et limiter des morts. Cependant, malgré ce travail acharné, de nombreux médecins et infirmières n’ont pas encore reçu de subventions dignes de ce nom.

Un personnel de santé qui donne sans compter

Plus de deux mois après avoir participé au traitement des patients dans un hôpital de campagne du district de Binh Chanh, le Dr N.T.H n'a pas pu rendre visite à sa famille, les patients augmentant de jour en jour. Lorsque les anciens patients sortent de l'hôpital, de nouveaux sont hospitalisés, ce qui fait que le Dr H. et ses collègues n'ont pas un jour de repos. Il a dit que pendant les premières périodes de fonctionnement de l'hôpital de campagne, ses collègues et lui ont dû prendre en charge toutes les tâches allant du transport des lits d'hôpitaux, de l'équipement médical à la distribution des repas aux patients.

Aujourd’hui, ils font vraiment leur métier pour soigner quotidiennement entre 80 et 90 patients atteints de COVID-19. "Les patients sont très nombreux et leur état de santé s'aggrave souvent très rapidement. Nous devons donc toujours rester sur nos gardes, car un seul moment d’inattention peut être fatal pour un malade. Nous passons des nuits blanches face aux urgences", a confié le Dr H. à propos de la pression du travail à l'hôpital de campagne.

Après avoir terminé son action à l'hôpital de campagne de Cân Gio, l'infirmière N.T.T a été affectée à l'hôpital de campagne N°3 (ville de Thu Duc). Et depuis cet instant-là, elle n'a pas cessé de faire des heures supplémentaires. "Il y a beaucoup de patients, beaucoup de travail à faire. Si je fais une pause, mes collègues doivent prendre le relais, alors j'ai décidé d’accompagner tout le monde", a confié cette infirmière.

Trân Van Khanh, directeur de l'hôpital Lê Van Thinh, a déclaré que depuis le début de cette 4e vague, son unité soutient le 3e hôpital de campagne ainsi que deux centres d'isolement de COVID-19, voire des unités telles que l'hôpital de traitement de  Cân Gio, l'hôpital de campagne de Cu Chi et la zone d’isolement de l'Université nationale. En outre, l'hôpital doit également envoyer du personnel pour participer à d'autres activités de prévention et de contrôle de l’épidémie dans les communautés telles que le prélèvement d’échantillons ou la vaccination.

"Neuf cent de mes employés doivent se relayer en permanence pour prendre tout en charge y compris des travaux administratifs et sociaux. La plupart d’entre eux ne sont pas rentrés chez eux depuis trois mois", a déclaré M. Khanh.

Parmi les hôpitaux de traitement du COVID-19, les hôpitaux de dernière ligne sont peut-être les plus sous pression. Ici, se trouvent les patients graves et en état critique. Trân Thanh Linh (de l'hôpital Cho Rây), déclare : "Nous sommes maintenant devenus le personnel médical le plus +multifonctionnel+ au monde parce que les médecins peuvent également faire le travail des infirmières, les infirmières peuvent épauler les tâches des sages-femmes. Nous devons nous aider mutuellement", a déclaré M. Linh.

En attente d’encouragements

Travaillant sans relâche depuis plusieurs mois maintenant, Mme M.T.H, une infirmière d'un hôpital de campagne du 12e arrondissement, a confié qu’elle ne sentait plus ses mains à force de porter des gants médicaux. Nombre de ses collègues souffrent également de démangeaisons et d'éruptions cutanées sur tout le corps à cause du port prolongé des combinaisons de protection.

"De plus, nos repas ne sont pas parfaits et nos espaces de couchage laissent à désirer. La plupart d'entre nous doivent dormir sur des lits pliants. Certaines doivent même s’allonger sur le sol, malgré la présence d’insectes particulièrement voraces. J'ai été mordu par des fourmis volantes et je souffre beaucoup", a ajouté le docteur T.H.T travaillant dans une zone d'isolement F0 dans la ville de Thu Duc.

Bien que ces questions aient été mentionnées, jusqu'à présent les subventions destinées aux forces de première ligne tardent à se concrétiser. Après 50 jours de traitement de cas F0 dans la zone d'isolement, le docteur T.H.T n'a reçu que de 4 millions de dôngs, soit 1/5 de son salaire mensuel avant l'épidémie.

Selon le Dr T, le personnel médical, qui donne énormément, veut aussi recevoir des encouragements et des salaires dignes de leurs efforts.

De même, la sage-femme T.N.H (de garde dans undistrict de Phu Nhuân) a confié qu’alors que son travail est depuis plusieurs mois beaucoup plus pénible et stressant, ses revenus avaient été réduits d’un tiers par rapport aux années précédentes. Mme H signale ainsi : "Avec de tels revenus, de nombreux collègues tombent dans une situation difficile lors qu'ils doivent payer leur loyer et les frais de subsistance de leurs familles".

Reconnaissant que le personnel médical n’a toujours pas reçu les indemnités et les rémunérations appropriées à leur service dans la crise sanitaire, Trân Van Khanh, directeur de l'hôpital Le Van Thinh, explique qu’en raison de l'impact de l'épidémie, les ressources de l'hôpital ont diminué, cela a donc grandement affecté les salaires. Pendant ce temps, la prévention et le contrôle de l'épidémie sont difficiles et sous pression, de sorte que les dirigeants de l'hôpital doivent régulièrement encourager leurs employés à travailler.

En ce qui concerne le programme "Indemnité pour encourager et soutenir les forces de première ligne participant à la prévention de l'épidémie de COVID-19" avec un niveau de soutien individuel compris entre 1,5 et 10 millions de  dôngs approuvé le 24 août par le Comité populaire de Hô Chi Minh-Ville, de nombreux hôpitaux ont informés qu'ils n'avaient pas encore reçus ce budget. Trân Van Khanh espère que ces subventions seront versées très vite afin d’encourager l'ensemble du personnel médical.

Protéger les médecins de première ligne

Plus que jamais il est nécessaire de mettre en place des mesures protectrices bénéficiant à ceux qui travaillent jour et nuit pour protéger la vie et la santé des populations.

En tant que chef de la Direction permanente spéciale du ministère de la Santé à Hô Chi Minh-Ville, ces dernières années, le vice-ministre de la Santé Nguyên Truong Son comprend très bien les difficultés du personnel médical. Récemment, il a demandé au Comité directeur de la ville pour la prévention et le contrôle des épidémies un soutien supplémentaire pour le personnel médical des hôpitaux de campagne.

Selon le vice-ministre de la Santé, les médecins et les infirmières de la ville doivent prendre en charge de 140 à 150 patients chaque jour. Le nombre de patients est trop important, ce qui réduit la qualité du traitement et des soins. Leur séance de travail dure généralement de 8 à 10 heures par jour, voire 12 heures par jour tout en portant des vêtements de protection en continu, ce qui peut provoquer déshydratation et perte de connaissance. De plus, les hôpitaux ne peuvent pas organiser de congés pour le personnel médical. Après avoir terminé le travail médical, il faut rédiger des rapports administratifs continuellement.

Un travail risqué pour ces aides-soignants.

En termes de vie quotidienne, le personnel médical reçoit une portion de nourriture d’une valeur de 120.000 dôngs/jour. Cependant, les repas fournis ne sont pas toujours nutritifs. En particulier, pour le personnel médical en provenance des provinces septentrionales, les plats ne sont pas adaptés à leur goût, ce qui affecte leur récupération. Il existe aussi des différences de traitement en fonction du personnel médical, dont certains ne reçoivent des repas d’un montant de 80.000 dôngs par jour comme un patient.

Nguyên Trong Hao, directeur de l'Hôpital dermatologique de Hô Chi Minh-Ville a également déclaré que bien que les recettes de l'hôpital aient diminué de 90%, les dirigeants de l'hôpital tentent toujours d'assurer le paiement des salaires et une partie de l'indemnité du personnel médical. Pour surmonter les difficultés, l'hôpital a mis en place un fonds distinct, appelant à l’aide des bienfaiteurs pour soutenir le personnel médical en difficulté.

Renforcer le soutien aux médecins

Selon les données du Service de la santé de Hô Chi Minh-Ville, le secteur de la santé a jusqu'à présent mobilisé 20.000 fonctionnaires et médecins pour participer à la prévention de l'épidémie de COVID-19. En outre, près de 6.700 personnels soignants en provenance des autres unités et organisations ont aussi été assignées pour le prélèvement d’échantillons et la vaccination. On peut dire qu'il s'agit de la plus grande mobilisation du secteur de la santé à ce jour.

Afin d'assurer la force de combat du personnel médical, d'améliorer l’enthousiasme de travail et la qualité du traitement, le vice-ministre de la Santé Nguyên Truong Son a demandé aux unités qui ont perdu du personnel de les remplacer immédiatement, en assurant les effectifs et en évitant de créer de la pression sur le personnel médical restant.

Les hôpitaux doivent également assurer le rythme de repos après la fin du quart de travail pour le personnel médical. Il faut aussi limiter l'utilisation du personnel médical dans les postes administratifs pour assurer un travail plus professionnel. En situation de manque de ressources humaines administratives, il est proposé de demander à des étudiants et des bénévoles de prendre en charge la paperasse.

En outre, ce responsable a suggéré que les fournisseurs de produits alimentaires ajoutent des ingrédients importants pour assurer une bonne nutrition et qu’ils proposent davantage d'options adaptées aux goûts de chaque médecin, surtout les médecins septentrionaux ou ceux ayant des régimes nutritionnels particuliers.

Lors de la récente réunion périodique du gouvernement en août, le Premier ministre Pham Minh Chinh a également demandé au ministère de la Santé, aux ministères et branches concernés de continuer à accorder plus d'attention à la vie matérielle et spirituelle des médecins, d'infirmières et autres aides-soignants. Immédiatement après cela, le ministère de la Santé a soumis un rapport au gouvernement sur le régime de subventions en matière de prévention des épidémies.

Par conséquent, il faut doubler la subvention anti-épidémique pour le personnel médical, ceux qui traitent directement les personnes atteintes de COVID-19 à 600.000 dôngs par personne par jour. Les autres groupes participant à la prévention et au contrôle des épidémies auront entre 300.000 et 400.000 dôngs.

Parallèlement à cela, le Syndicat du secteur de la santé a également proposé que soient données des cartes d'assurance pour les médecins et les infirmières ainsi que des produits nutritionnels d’une valeur d'un million de dôngs pour ceux travaillant au rétablissement des patients. En outre, plus de 1.200 médecins et infirmières atteints de COVID-19 ont été pris en charge à raison de 10 millions de dôngs chacun.

À Hô Chi Minh-Ville, le 24 août, le Conseil populaire de la ville a approuvé deux résolutions importantes sur les allocations aux forces de première ligne ainsi que sur les indemnités supplémentaires pour les fonctionnaires et les employés de santé. Précisément, le soutien unique à la force médicale essentielle est de 10 millions de dôngs ; de 4,5 millions de dôngs pour les forces de travail semi-essentielles ; de 2 millions de dôngs pour les groupes  communautaires contre le COVID-19. Pour les volontaires mobilisés, ils recevront entre 1,5 et 3 millions de dôngs.

Texte et photos : Quang Châu/CVN





 

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