Philippines : une fusillade dans une université fait trois morts

Trois personnes ont été tuées dimanche 24 juillet lors d'une fusillade dans une université de la capitale philippine Manille, dans ce qui semble être un assassinat ciblé selon les autorités.

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Une patrouille de police sur les lieux d'une fusillade, à l'université de Manille, le 24 juillet.
Photo : AFP/VNA/CVN

La tuerie s'est produite à l'université Ateneo de Manille alors que des étudiants en droit et leurs familles arrivaient pour une cérémonie de remise de diplômes à laquelle devait assister le président de la Cour suprême.

Rose Furigay, ancienne maire d'une ville de la province méridionale rétive de Basilan, dont la fille figurait parmi les diplômés, a été tuée, a déclaré Joy Belmonte, maire de l'agglomération où s'est déroulée la fusillade.

L'assistant de Mme Furigay et un agent de sécurité de l'université sont également morts. Le tireur présumé a été placé en détention.

La fille de Mme Furigay a été blessée et se trouve dans un "état stable" à l'hôpital, selon la police.

"Nous sommes très désemparés et endeuillés par cet événement", a déclaré Mme Belmonte à l'AFP.

"Assassin déterminé"

Le tireur présumé a fui la scène, forcé un conducteur à sortir de son véhicule avant de l'abandonner et de poursuivre sa fuite dans un minibus, a indiqué la police.

Il a finalement été arrêté près d'une église. La police a retrouvé deux armes de poing et un silencieux supposément utilisés par le suspect, qu'elle a identifié comme étant Chao-Tiao Yumol.

Un officier de police collecte des éléments sur la scène d'une fusillade à l'université de Manille, le 24 juillet.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'homme, selon la police, a une "longue histoire" de litiges avec Mme Furigay. Il était en liberté sous caution pour une affaire de cybercriminalité.

"Il semble s'agir d'un assassin déterminé", a déclaré à la presse le brigadier Remus Medina, estimant qu'il s'agit d'un incident "isolé".

Chao-Tiao Yumol, qui avait des abrasions sur le visage, a été présenté aux journalistes par la police. Il a accusé Mme Furigay d'être un "baron de la drogue", assurant que sa famille avait ordonné trois attaques contre lui.

Les fusillades dans les écoles et les universités sont rares aux Philippines, malgré des règles laxistes sur les armes à feu. Cependant, les assassinats ciblés de politiciens sont assez courants, en particulier pendant les élections.

Mme Furigay, dont la famille domine la vie politique à Lamitan City (Sud), a rempli trois mandats de maire. La constitution l'empêchait de se représenter aux élections du 9 mai dernier et son mari, qui avait déjà occupé le poste avant elle, lui a succédé.

Il s'agit d'un phénomène courant aux Philippines, où de puissants clans se passent les postes d'un membre de la famille à l'autre pour maintenir leur influence.

L'université a annulé la cérémonie de remise des diplômes.

Dans un communiqué, l’université a condamné la fusillade et a déclaré qu’elle avait "privé les membres de la promotion de la faculté de droit de 2022 de ce qui était censé être une célébration joyeuse".

Le président Ferdinand Marcos Jr s'est dit choqué par l'incident et a déclaré que les forces de l'ordre allaient "enquêter de manière approfondie et rapide sur ces meurtres et traduire toutes les personnes impliquées en justice".

AFP/VNA/CVN