20/10/2021 22:44
Le vice-Premier ministre Vu Duc Dam a chargé le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme de coordonner avec le Comité national pour l'UNESCO pour soumettre un rapport de synthèse sur le site archéologique d'Oc Eo - Ba Thê, province d'An Giang (Sud), au Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, pour une proposition d’inscription sur la Liste indicative du patrimoine mondial.

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Le site d’Oc Eo - Ba Thê dans la provine d'An Giang (Sud).
Photo : VNA/CVN


Oc Eo, l’une des cultures les plus anciennes du Vietnam, avait noué des échanges économiques florissants avec les plus grandes civilisations de son époque.

Située dans la province d’An Giang (delta du Mékong), Oc Eo aurait été la ville portuaire la plus importante du royaume de Phù Nam, qui semble avoir existé du Ier au VIe ou VIIe siècles de l’ère chrétienne.

Du Ier au IIIe siècles, le royaume de Phù Nam avait ainsi prospéré en un large empire au sein de l’Asie du Sud-Est. Les raisons les plus importantes contribuant au développement d'Oc Eo comprennent notamment son emplacement sur les routes commerciales maritimes entre la péninsule malaise et l’Inde d’une part, et entre le Mékong et la Chine d’autre part.

Pendant la période florissante d'Oc Eo et de Phù Nam, les bateaux de la région n’étaient pas encore en mesure de couvrir de longues distances et devaient suivre la côte, faisant ainsi d'Oc Eo une étape stratégique.

La culture d'Oc Eo a montré que  le royaume de Phù Nam cultivait des relations avec plusieurs régions et pays d’Asie de l’Est, d’Asie occidentale et de l’Inde, notamment. Il a ainsi connu son apogée grâce à son économie maritime et ses échanges commerciaux avec ces pays.

Hormis la commercialisation internationale, le port d'Oc Eo était également un point d’arrêt où les marchands s’approvisionnaient en eau et aliments.

Le cœur de ce vaste empire était situé dans le bas-Mékong, principalement au Sud. De nombreux changements ont eu lieu dans le processus de développement, mais il est indéniable que la ville portuaire d'Oc Eo - Ba Thê a toujours été un centre économique et culturel clef de la région et qu’elle  était le plus grand centre commercial international du Phù Nam.

À partir des VIe et VIIe siècles, les bateaux commerciaux commencèrent à pouvoir couvrir des distances plus importantes et, par conséquent, n’avaient plus besoin de s’arrêter à Oc Eo. C’est ainsi que la ville commença graduellement à perdre de l’importance. Il s’agira d’une des causes qui provoquera le déclin du royaume.

En 1944, l’archéologue français Louis Malleret (1901-1970), directeur de l’École française d’Extrême-Orient de 1949 à 1956, a réalisé des fouilles sur le site d’Oc Eo. Ces dernières ont mis à jour des artefacts témoignant des échanges économiques florissants avec les grandes civilisations de l’époque. Les études de Malleret ont permis au public de mieux comprendre la culture d'Oc Eo et, plus largement, le royaume de Phù Nam.

La culture d'Oc Eo s’est développée au travers de différents métiers artisanaux tels que poterie, métallurgie et orfèvrerie, entre autres. À noter qu’à cette époque-là, l’agriculture était également en développement avec notamment des travaux d’irrigation et de construction de canaux.

En ce qui concerne l’art de la sculpture, les archéologues ont trouvé des statues bouddhistes et hindoues et étudié des ouvrages architecturaux (tours, monuments funéraires) montrant un niveau élevé en techniques de construction. Des archéologues vietnamiens ont également mis au jour des tombeaux funéraires que leurs collègues français n’avaient pas fouillés. Des caveaux originaux composés de briques et de pavés.

Par la suite, des chiffres sur cette civilisation ont été publiés : 1.311 objets en or, 1.062 gemmes et pierres précieuses, des milliers d’artefacts en bronze, en fer, en étain, en bois, en céramique ainsi que des objets d’origine étrangère ont été découverts. Tous ont permis de clarifier partiellement l’histoire du site remontant aux premiers siècles après J-.C.

À l’heure actuelle, si les monuments du royaume de Phù Nam ne sont plus que des ruines, ils restent toujours la preuve d’une civilisation passée des plus développées. Leurs valeurs matérielle comme spirituelle contribuent notablement à enrichir la culture traditionnelle du Vietnam, celle du Sud en particulier.


VNA/CVN

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