14/05/2022 09:48
Arcade Fire est de retour avec We (Nous en anglais), disque délesté du superflu du précédent opus et navire idéal pour faire tanguer les foules au son d'un rock épique.
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Le groupe canadien Arcade Fire en concert au festival des Vieilles Charrues, en juillet 2017 à Carhaix-Plouguer. Photo : AFP/VNA/CVN

Il ne faut pas se fier aux titres crépusculaires des chansons Age of anxiety I (Ere de l'anxiété I) ou End of the Empire I-III (Fin de l'Empire I-III) : ce 6e album studio du groupe canadien n'a rien de plombé.

Le disque a été conçu dans un monde tourmenté, entre pandémie et fin d'un mandat Trump chaotique aux USA, mais We voit la lumière au bout du tunnel.

"Nous sommes dans une ère de défis et le monde change à une telle vitesse. Comment faire face sans être défaits ?". Voilà l'état d'esprit du disque, résumé par son leader Win Butler dans la Montreal Gazette.

Le colosse, Texan d'origine, et l'autre tête pensante du groupe, sa femme Régine Chassagne, Québecoise de parents haïtiens, ont toujours un pied-à-terre à Montréal, même s'ils passent de plus en plus de temps à La Nouvelle-Orléans.

C'est d'ailleurs dans cette ville de Louisiane qu'ils ont été bloqués pendant les confinements et qu'ils ont donné naissance à We.

Le groupe canadien Arcade Fire en concert au festival des Vieilles Charrues, en juillet 2017 à Carhaix-Plouguer. Photo : AFP/VNA/CVN

L'album bénéficie d'invités prestigieux : Peter Gabriel, qui vient poser sa voix, Geoff Barrow (ex-Portishead) aux synthétiseurs, et surtout Nigel Godrich, producteur connu pour son travail avec Radiohead.

"Beau, classe, arty"

"J'avais acheté +The Bends+ (de Radiohead) le jour de sa sortie, se souvient Butler. Nigel est un ingénieur du son incroyable, formé à l'école britannique qui remonte aux Beatles. Il a une profonde connaissance de l'enregistrement, c'est très inspirant".

Avec le trio Butler-Chassagne-Godrich, les compositions retournent à l'essentiel, loin de la production empesée du précédent disque (Everything now, 2017).

Mais épure ne veut pas dire minimalisme et la joyeuse cavalcade d'un titre comme The lightning II prouve qu'Arcade Fire fera encore tomber la foudre sur scène.

Le groupe vient d'ailleurs d'annoncer une tournée mondiale XXL. Arcade Fire c'est un groupe beau, classe, +arty+ (exigeant et excitant) que tout le monde attend, ça fait partie de ces groupes pas encore vieux qui marquent l'histoire du rock comme les Arctic Monkeys ou les Strokes, commente pour l'AFP Angelo Gopee, patron de Live Nation France. Cette structure s'occupe du passage des Canadiens dans l'Hexagone (Lille, Paris, Bordeaux, Nantes en septembre 2022).

Le groupe canadien Arcade Fire en concert au festival Rock en Seine en août 2010 à Saint-Cloud. Photo : AFP/VNA/CVN

Arcade Fire a des souvenirs forts en France. Leur concert au festival parisien de Rock en Seine en 2010 est resté dans les annales, à plus d'un titre. C'est d'abord, à l'époque, une de leurs premières prestations en tête d'affiche devant 35.000 spectateurs.

Défiant les éléments

Leurs guitares déclenchent un bel orage musical ce soir-là avant que le vrai déluge ne s'abatte en fin de set.

Est restée l'image d'un Win Butler détrempé, défiant les éléments jusqu'à ce que les techniciens sonnent la fin du concert sous peine d'électrocution. C'est un des grands moments de l'histoire du festival, également célèbre pour être le théâtre de la séparation d'Oasis.

La France fait partie de ces pays qui ont eu la chance de voir grandir Arcade Fire, apparu dans la sphère du rock indépendant en 2004 avec l'album Funeral.

On se souvient en 2005 du groupe jouant son dernier morceau en acoustique en sortant de la salle de L'Olympic à Nantes (petit cinéma devenu lieu de concerts), suivi par les spectateurs, avant de trinquer avec eux dans le bar attenant.

On se rappelle encore de leur scène en forme de ring au milieu du public de Bercy (aussi appelé Accor Arena), vaste enceinte parisienne en 2018. Ils y rendirent hommage à la chanteuse française France Gall, tout juste disparue, qu'ils avaient l'habitude de reprendre.

Comme dans toute histoire, des chapitres se ferment. Le frère de Win, Will Butler, multi-instrumentiste, a annoncé son départ. Pas de quoi entamer l'énergie d'une formation à géométrie variable -neuf musiciens pour un concert-évènement à Londres récemment- qui s'amuse toujours à s'échanger les instruments d'un morceau à l'autre.

AFP/VNA/CVN
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