03/08/2020 08:54
D'Ibiza à Montréal, l'été s'annonce catastrophique pour de grandes destinations touristiques, frappées par la pandémie de coronavirus qui poursuit sa course mortelle, en particulier sur le continent américain, et impose chaque jour de nouvelles restrictions, comme à Melbourne, désormais placée sous couvre-feu.
>>La Belgique interdit les "voyages non essentiels" vers plusieurs régions en Europe
>>Coronavirus : un couvre-feu imposé à Melbourne, deuxième ville d'Australie
 

Prise de température dans un drive-in d'un centre de dépistage du COVID-19, le 30 juillet à Sydney, en Australie. Photo : AFP/VNA/CVN

Après des semaines de confinement au printemps qui semblaient avoir fait reculer l'épidémie, la planète tente à présent de se prémunir contre une seconde vague aux conséquences économiques désastreuses. Or l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti samedi 1er août que la pandémie de COVID-19, qui a fait au moins 685.780 morts dans le monde, serait probablement "très longue".

Dimanche 2 août, l'Amérique latine et les Caraïbes, deuxième région du monde la plus touchée, ont franchi un nouveau seuil symbolique et comptaient plus de 200.212 morts, derrière l'Europe (210.487 décès), selon un décompte de l'AFP.

Les États-Unis restent le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 154.449 décès pour 4.620.502 cas recensés, devant le Brésil avec 93.563 morts pour 2.707.877 cas, le Mexique avec 47.472 morts (434.193 cas), le Royaume-Uni avec 46.193 morts (303.952 cas), et l'Inde avec 37.364 morts (1.750.723 cas).

En Afrique, le pays le plus touché du continent, l'Afrique du Sud, a dépassé samedi la barre des 500.000 cas.

"Ville fantôme

Des gens se tiennent sur le belvèdére du Mont-Royal à Montréal (Canada) le 29 juillet. Photo : AFP/VNA/CVN

La pandémie, qui plonge l'économie mondiale dans une récession inédite, pèse en particulier sur le tourisme, dont les pertes sont déjà évaluées à 320 milliards d'USD pour la première partie de l'année, selon l'Organisation mondiale du tourisme.

Ainsi Montréal, qui attire habituellement environ 11 millions de touristes par an, dont 80% venant de l'extérieur du Québec, ressemble cet été à une "ville fantôme", se désole Nadia Bilodeau, gérante d'un restaurant, au milieu de sa terrasse déserte.

Privée de visiteurs étrangers, de son Grand Prix de Formule 1 ou de ses festivals mondialement connus, la métropole québecoise tente de se réinventer pour sauver l'été mais les dégâts s'avèrent déjà considérables.

Avec la moitié des quelque 9.000 morts du COVID-19 au Canada, Montréal et sa banlieue ont été durement éprouvés. Avec pour conséquence, l'annulation de tous les grands événements culturels, qui attirent chaque été des centaines de milliers de visiteurs, comme les festivals de jazz et des FrancoFolies, les plus grands du genre au monde.

"Impact terrible

En Méditerranée, la catastrophe touristique est aussi bien présente.

À Ibiza, dans l'archipel espagnol des Baléares, touristes et habitants apprécient un calme inédit sur cette île habituellement courue des "clubbers" et DJ du monde entier.

Mais pour d'autres, "l'impact de la pandémie a été terrible, elle a frappé l'économie de l'île pour une raison simple : 90% du PIB dépend du tourisme", explique Vicent Torres Guasch, président de l'autorité locale du Conseil insulaire d'Ibiza.

La quarantaine imposée depuis le 27 juillet par le Royaume-Uni pour les touristes arrivant d'Espagne face au rebond des contagions dans le pays risque de tuer dans l'oeuf la reprise amorcée quelques semaines plus tôt. Et ce, même si l'archipel est très peu touché par la pandémie.

Le Royaume-Uni n'est d'ailleurs pas le seul pays européen à imposer des mesures aux voyageurs : la Belgique a interdit samedi les "voyages non essentiels" vers les régions espagnoles de Navarre, d'Aragon, vers Barcelone et Lérida en Catalogne, ainsi que la région lémanique en Suisse (Vaud, Valais, Genève) et le département français de la Mayenne.

Aux États-Unis, les restaurants sont en première ligne. "Nous étions la première industrie à fermer et nous serons les derniers à nous en remettre", affirme Sean Kennedy, vice-président chargé des relations publiques de l'Association.

"Nous ne retrouverons pas nos marques tant que les compagnies aériennes ne seront pas rétablies, que les hôtels ne sont pas remis et que le tourisme n'aura pas repris", insiste-t-il.

Selon le site spécialisé Yelp, à la date du 10 juillet, plus de 26.000 restaurants avaient fermé à travers le pays, dont 60% (15.770) de manière définitive.

"Des vies en jeu

Face à un rebond des infections, l'Australie a annoncé dimanche 2 août un couvre-feu à Melbourne, la deuxième ville du pays, dont les habitants n'auront plus le droit de sortir à plus de cinq kilomètres de leur domicile.

Malgré un confinement instauré début juillet, Melbourne a continué d'enregistrer des centaines de nouveaux cas quotidiennement. Les autorités locales ont donc décidé de mettre en place un couvre-feu de 20h00 à 05h00 du matin pour les six prochaines semaines.

"L'heure n'est plus au laxisme, le temps des avertissements est fini", a déclaré Daniel Andrews, le Premier ministre de l'État de Victoria. "Si vous n'êtes pas chez vous alors que vous devriez y être, si vous avez le virus et poursuivez votre vie normale, la fermeté s'appliquera. Il y a des vies en jeu".

Dans ce panorama morose, la 100e édition du festival de musique, d'opéra et de théâtre de Salzbourg, en Autriche, a bien ouvert ses portes samedi 1er août, sous haute protection sanitaire, échappant à une vague mondiale d'annulations.

Les organisateurs ont promis de respecter des mesures sanitaires strictes pour cette version allégée  - 110 spectacles sont prévus courant août, contre 200 initialement et les 80.000 billets vendus - contre 230.000 les autres années - sont personnalisés pour permettre un traçage des contacts en cas de contamination.

AFP/VNA/CVN

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