15/12/2018 09:30
Afin de répondre aux besoins en termes de diagnostic et de traitement des maladies, la médecine traditionnelle cherche à rebondir de diverses façons. L’association entre tradition et modernité est clairement une voie prometteuse.
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Soins donnés à un patient à l’Hôpital de médecine traditionnelle de Cao Bang (Nord).
Photo: Chu Hiêu/VNA/CVN

En 2017, après avoir appris qu’elle était atteinte du cancer du sang, Lê Thi Hanh, 31 ans, domiciliée dans le district de Binh Chanh, Hô Chi Minh-Ville fut traitée à l’Hôpital de transfusion sanguine et d’hématologie de la mégapole du Sud.

Les diagnostics montraient qu’elle était touchée par des troubles de la moelle osseuse avec un nombre de globules en forte diminution. Après un temps de traitement par la médecine moderne, sa santé s’est dégradée, avec une grave anémie et une augmentation du volume de la rate (splénomégalie). "Je dois être transfusée régulièrement. Mon corps est de plus en plus asthénique. C’est lors de cette période qu’un ami m’a conseillé d’avoir recours à la médecine traditionnelle", partage Mme Hanh.  

Arrivée au cabinet du médecin Dô Huu Dinh, ancien directeur adjoint de l’Institut national de médecine et de pharmacie traditionnelle, Mme Hanh s’est vu prescrire un remède traditionnel. Six mois après le début de ses soins combinant médecines moderne et traditionnelle, son état de santé s’est indubitablement amélioré. Les tests pour déterminer le nombre de globules blancs et rouges et de plaquettes sanguines sont encourageants et sa rate est redevenue normale.

Des raisons d’être optimiste

Selon le Dr Dô Huu Dinh, l’asso-ciation des médecines moderne et traditionnelle dans le traitement des maladies comme le cancer est appliquée depuis 40 ans dans de nombreux pays dotés d’une médecine traditionnelle développée comme la Chine, la République de Corée, le Japon. Au Vietnam, cette association, bien qu’appliquée plus tard, semble suivre le même chemin. 

"Dans la médecine traditionnelle, il existe des remèdes pouvant détruire les tumeurs bénignes et malignes grâce à l’association avec des méthodes plus conventionnelles", explique le médecin Dinh.   

"Parallèlement à la chimiothérapie et à la radiothérapie, le traitement traditionnel est efficace", estime le médecin Dinh.

Porte-drapeau de l’association des médecines traditionnelle et moderne ces dernières années, l’Institut nationale de médecine et pharmacie traditionnelle de Hô Chi Minh-Ville a su soigner avec efficacité de nombreuses maladies. Selon sa directrice adjointe, Truong Thi Ngoc Lan, la plupart des patients sont au préalable diagnostiqués avec des équipements médicaux modernes. Ensuite, certains malades seront traités uniquement par la médecine traditionnelle, d’autres par la combinaison des deux médecines.   

"Les médecines traditionnelle et moderne ont leurs propres points forts. C’est pourquoi leur combinaison est un schéma de traitement optimal”, informe Mme Ngoc Lan. C’est pour cette raison que le nombre de malades ayant recours à la médecine traditionnelle ne cesse de croître.

Séance d’acupuncture sur un enfant autiste à l’Institut de médecine et pharmacie traditionnelle de Hô Chi Minh-Ville.
Photo: Dinh Hang/VNA/CVN

Chaque jour en moyenne, l’Institut accueille de 500 à 600 patients en consultations externes. Ses 350 lits sont toujours occupés.

"Malheureusement, cette association entre médecines traditionnelle et moderne n’est pas encore pleinement efficace et requiert des politiques d’encouragement. De plus, il faut changer l’état d’esprit de l’ensemble du secteur de la santé, notamment des médecins et infirmiers", estime Mme Lan. "Si les médecins modernes nous soutiennent et coopèrent avec nous, les soins combinés seront plus efficace", souhaite-t-elle.

Spécialiser la médecine traditionnelle

Après chaque étape de traitement en radiothérapie pour un cancer des ganglions à l’Hôpital des tumeurs de Hô Chi Minh-Ville, Lâm Minh Tu, 58 ans, domicilié dans le 11e arrondissement, vient à l’Hôpital de médecine et pharmacie traditionnelle pour jouir des vertus des remèdes ancestraux. Ici, il bénéficie d’un traitement par acupuncture, massage et d’autres soins afin d’atténuer les douleurs et améliorer son état de santé.

"Après quatre semaines ici, ma santé s’est beaucoup améliorée et je suis prêt à suivre le traitement biothérapique suivant", partage M. Tu.

En plus de la qualité du traitement des maladies osseuses, en 2005, cet hôpital a fondé la faculté interne de traitement des tumeurs réservée aux cancéreux. Il s’agit du premier hôpital de médecine traditionnelle au Vietnam doté d’une faculté de ce genre.  Des centaines de patients y ont été soignés.

D’après Mme Ngoc Lan, les patients sont essentiellement des cancéreux traités de façon classique. Normalement, après chaque étape de chimio et radiothérapie, ils souffrent d’une grave anémie et leur santé est mauvaise. Les remèdes traditionnels leur permettent de se désintoxiquer. 
 
En outre, de nombreux cancéreux en phase terminale attendent de la médecine traditionnelle qu’elle leur permette de finir leurs jours avec une sérénité maximale, en effaçant un maximum la douleur.

En dehors du traitement du cancer, en 2017, l’Institut de médecine et de pharmacie traditionnelle a également introduit un programme visant à aider les enfants autistes.

"L’association entre médecines moderne et traditionnelle est une orientation efficace pour valoriser et élever la position de la médecine traditionnelle dans le système de santé du pays", estime Truong Thi Ngoc Lan.

Huong Linh - Dinh Hang/CVN

 
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