10/12/2017 10:10
Depuis un an, les pensionnaires du Centre de protection des enfants victimes de l’agent orange de Dà Nang sont pris en charge par une Japonaise qu’ils appellent «Maman Yo». Sa présence a changé la vie de bien d’entre eux.
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Nonoyama Nobuyo apprend aux enfants à enfiler des perles de verre.
Photo : D.N/CVN

Il est 08h00 du matin au Centre de protection des enfants victimes de l’agent orange de la commune de Hoa Nhon, district de Hoa Vang, ville de Dà Nang (Centre). Dans une classe, une dizaine d’enfants entourent Nonoyama Nobuyo, leur éducatrice japonaise. C’est l’heure où «Maman Yo», comme ils l’appellent affectueusement, leur apprend à confectionner des bracelets en perles. Avec des gestes maladroits, les enfants, tous plus ou moins lourdement handicapés, enfilent les perles sous l’œil attentif et bienveillant de leur «maîtresse» venue du pays du Soleil-Levant.

Membre de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA),  Nonoyama Nobuyo, 39 ans, accomplit depuis un an au Vietnam une mission de volontariat qu’elle considère comme sacrée : aider de jeunes enfants handicapés à mieux vivre, à s’ouvrir au monde, aux autres, à retrouver confiance en eux et à regarder l’avenir d’un œil plus serein.

Renouer le contact avec les autres

Une femme engagée

«En venant au Vietnam en tant que volontaire de la JICA, j’emporte avec moi un bagage des plus simples : mon amour pour les enfants dans le malheur», confie Nonoyama Nobuyo. En 2016, elle a décidé de quitter sa tranquille ville de Nagoya pour cette mission humanitaire au Vietnam. «Mon mari et mes parents étaient réticents au départ. Finalement, ils ont soutenu mon rêve de redonner goût à la vie à des enfants victimes de l’agent orange».
«Maman Yo, mon nouveau bracelet est presque fini ?», «Maman Yo, je peux faire un bracelet multicolore ?»,  «Maman Yo, comment-tu le trouves ?»… Les questions fusent.  Maman Yo répond patiemment à chacun d’entre eux. Un doux sourire éclaire son visage. En voyant cette scène, personne ne pourrait imaginer qu’il y a plus d’un an, ces enfants vivaient dans leur bulle et avait peu de contacts avec les autres. «Ils sont plus vivants depuis l’arrivée de Nonoyama Nobuyo. Son dévouement, sa patience et surtout son affection les ont aidés à s’ouvrir à la vie», observe Nguyên Thi Câm Vang, directrice adjointe du Centre.

Nonoyama Nobuyo est à la fois l’éducatrice  et la confidente de ces enfants. Elle leur apprend à lire et écrire, à dessiner, à confectionner des objets artisanaux… Elle les écoute attentivement lorsqu’ils leur font des confidences. «De plus en plus, les enfants s’habituent à rire, à questionner, à s’exprimer… Ils apprennent même des mots de vietnamien à Maman Yo», s’amuse la responsable du Centre.  

Hoa Niên ou l’histoire d’une renaissance

Selon Nguyên Thu Hiên, présidente de l’Association des victimes de l’agent orange/dioxine de Dà Nang, Nonoyama Nobuyo a apporté un nouveau souffle au Centre. «Le personnel du Centre la considère comme une compagne de route idéale. Elle leur a transmis une nouvelle méthode d’éducation. Une méthode à la japonaise, très efficace», affirme-
t-elle.

Nonoyama Nobuyo a un excellent contact avec les enfants.
Photo : D.NH/CVN

Une méthode dont la pierre angulaire est la coordination harmonieuse entre discipline et affection. «D’ordinaire, les enfants handicapés sont lents pour assimiler des connaissances. Pour leur faciliter la tâche, il faut créer dans la classe un mélange de rigueur et d’allégresse. C’est un équilibre à trouver», explique la Japonaise.

Depuis son arrivée à Dà Nang, Nonoyama Nobuyo n’a guère eu de vacances. Même les week-ends, elle n’hésite pas à faire des emplettes pour préparer les ateliers pour ses petits protégés. «Quel bonheur de voir les élèves faire des progrès jour après jour. C’est pour moi la plus belle des récompenses !», s’exclame-t-elle.

Tirant de son sac à main un mini appareil photo qui l’accompagne tout le temps, elle dévoile des photos de moments qu’elle qualifie d’«inoubliables». Apparaissent des visages mignons et souriants, des élèves au travail mais aussi des figures boudeuses. On y voit notamment un garçonnet de 10 ans, Nguyên Hoa Niên, paralysé de naissance.  Il y a quelques années, il était alité. Il ne pouvait ni bouger, mais aussi ni parler, ni rire.  Ses parents étaient plongés dans un profond désarroi. «Maman Yo» lui a réservé des soins particuliers. Chaque jour, après les heures de classe, elle venait le voir, l’embrasser, lui susurrer des mots doux. Petit à petit, le gamin a commencé à sortir de sa bulle, à échanger quelques mots avec ses camarades. Puis au fil des semaines, il a commencé à nouer de vrais contacts avec eux. Lors des événements collectifs organisés par le Centre, «Maman Yo» veillait toujours à amener Hoa Niên, dans son fauteuil roulant, au milieu du groupe «pour qu’il puisse s’immerger entièrement dans l’atmosphère  joyeuse de la communauté».

La joie se lit sur le visage de Nguyên Nghi, père de Hoa Niên. Il confie avec émotion : «Nous sommes extrêmement redevables envers la maîtresse Yo. Jamais je n’aurais cru que mon fils puisse un jour progresser comme ça. C’est un vrai miracle. Désormais, il peut lui aussi jouer à des jeux en ligne. Pour ma famille, Yo apparaît comme une sauveuse».
 
Nghia Dàn/CVN 
  
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