27/01/2022 12:33
Les recherches pour retrouver des dizaines de migrants, dont le bateau a chaviré entre les Bahamas et la Floride, continuaient mercredi soir 26 janvier mais les chances de retrouver des rescapés s'amenuisent fortement, selon les garde-côtes américains coordonnant les recherches.
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Des garde-côtes américains sur le pont d'une vedette à Miami, en Floride, le 26 janvier.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les opérations de secours continueront durant la nuit de mercredi 26 à jeudi 27 janvier, ont indiqué les garde-côtes sur Twitter dans la soirée. Elles n'ont pour l'instant permis de ne retrouver qu'un corps alors qu'un survivant dans un état stable affirme qu'une quarantaine de passagers se trouvaient à bord du navire.

"Nous avons récupéré le corps d'une personne décédée (...) et poursuivons les recherches d'autres survivants", avait déclaré mercredi matin 26 janvier la capitaine des garde-côtes du secteur, Jo-Ann Burdian, lors d'une conférence de presse.

Les chances sont toutefois très minces de trouver d'autres rescapés, près de quatre jours après le sinistre et dans des conditions de survie difficiles.

"Plus ils restent dans l'eau, sans nourriture, sans eau (potable), dans le froid, avec l'environnement marin, le soleil, les conditions de la mer... À chaque instant qui passe, il devient plus désespéré et plus improbable que quiconque ait pu survivre", a expliqué avec gravité la capitaine des garde-côtes. "Nous ne pouvons pas chercher pour toujours".

Le bateau, parti samedi soir 22 janvier des îles Bimini, aux Bahamas, "a chaviré peu après leur départ du fait de graves intempéries dans la zone", a précisé Jo-Ann Burdian, et ce à environ 65 km à l'est de la ville de Fort Pierce.

"Champs de débris"

L'alerte a été donnée mardi 25 janvier vers 08h00 (13h00 GMT) par un navire commercial ayant récupéré un des passagers qui avait réussi à s'accrocher à la coque du bateau renversé.

Ce survivant, ramené sur la terre ferme par les garde-côtes, a été hospitalisé pour déshydratation et brûlures dues à son exposition prolongée au soleil, a précisé Mme Burdian.

Image des garde-côtes américains montrant un rescapé du chavirement d'un bateau au large de la Floride, le 25 janvier.
Photo : AFP/VNA/CVN

Selon ce rescapé, le bateau transportait 39 autres personnes et aucun des passagers ne portait de gilet de sauvetage.

Les conditions de recherches étaient mercredi 26 janvier "très bonnes", a décrit la capitaine, et un avion mobilisé pour les opérations de recherches et secours a repéré des "champs de débris" qui sont en cours d'examen "dans l'espoir de trouver d'autres victimes que nous pouvons récupérer ou survivants".

Les équipes de recherche ont déjà ratissé une zone de 7.500 milles marins, a-t-elle indiqué, "soit environ la taille de l'État du New Jersey".

Dangereuse traversée

Les autorités "soupçonnent une opération de trafic d'êtres humains", a confirmé la capitaine, décrivant un "itinéraire habituel" pour un tel trafic "entre les Bahamas et le Sud-Est des États-Unis".

Environ 5.000 migrants haïtiens travaillent légalement aux Bahamas, selon l'Organisation mondiale pour les migrations, mais entre 20.000 et 50.000 y résident illégalement.

Les Bahamas, un archipel de 700 îlots (dont 39 habités) situés à 80 km au sud-est des côtes de la Floride, proches de la Jamaïque, de Cuba et d'Haïti, sont régulièrement utilisés comme terre de transit par des migrants qui cherchent à rejoindre les États-Unis, et comme point de départ d'une dangereuse traversée par les Haïtiens vivant dans l'archipel.

Les garde-côtes américains ont annoncé dans la soirée de mercredi 26 janvier avoir intercepté la veille 191 Haïtiens à bord d'un bateau à voile surchargé, à environ 65 kilomètres au sud-ouest de l'île de Great Inagua, aux Bahamas.

Et vendredi 21 janvier, ce sont 32 personnes qui avaient été secourues après le chavirage d'un bateau à quelques kilomètres à l'ouest des îles Bimini dans une autre opération suspectée de trafic d'êtres humains, selon les garde-côtes américains.

"Naviguer en mer dans des bateaux surchargés et en mauvais état est extrêmement dangereux et peut entraîner la mort", avaient-ils prévenu dimanche 23 janvier sur Twitter.

AFP/VNA/CVN
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